Lali

14 mai 2023

En vos mots 838

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

Et si nous nous aventurions cette semaine au pays des bédéistes? C’est ce que je vous propose en mettant de l’avant cette illustration de Jacques Tardi, qui n’a pas besoin de présentation, afin que vous la racontiez en vos mots, comme vous le faites si bien semaine après semaine.

Aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain, ce qui vous laisse le temps d’examiner la scène sous toutes les coutures avant d’écrire, et de lire les textes déposés sur l’illustration de dimanche dernier.

C’est avec plaisir que nous vous lirons dimanche prochain, il va sans dire.

D’ici là, profitez des beaux jours et souriez!

6 commentaires »

  1. Fini cette vie médiocre où rien ne nous donne l’envie de vivre. Une ville grise. Assourdissante. Le va-et-vient quotidien pour un boulot sans passion. Être confronté à des apathiques obsédés par un pouvoir éphémère. Où tout vaut la peine pour y arriver. Comme si atteindre le sommet de tout, peu importe le prix, serait le seul rêve. Le nirvana.

    Je connais les parcours jubilatoires de ceux qui consièrent le monde avec la même extase triomphante que celle du torero regardant l’animal, genoux pliés, le corps en sang, épuisé, perdu… alors que le bruit grandissant d’une foule qui applaudit debout, tient de la joie stupide de ceux qui ignorent que la souffrance n’est pas un sport. Pire. Un art. Comme ils disent.

    Je n’ai trouvé le salut que dans les chemins que d’autres ont empruntés de la plupart. Malgré le cœur qui saigne. Le vide. Enfin. Le vide, c’est vite dit.

    Parce que loin de tout. Dans mon île, il me reste Liszt. Berlioz. Chopin. Ces musiciens qu’on dit romantiques. Il me reste Baudelaire. Hugo. Lamartine. Musset. Nelligan. Alain Grandbois et, quelquefois, comme lui, je me sens…

    Pris et protégé et condamné par la mer
    Je flotte au creux des houles
    Les colonnes du ciel pressent mes épaules
    Mes yeux fermés refusent l’archange bleu
    Les poids des profondeurs frissonnent sous moi
    Je suis seul et nu
    Je suis seul et sel
    Je flotte à la dérive sur la mer
    J’entends l’aspiration géante des dieux noyés
    J’écoute les derniers silences
    Au-delà des horizons morts

    Comment by Armando — 16 mai 2023 @ 5:31

  2. Là où il pleut il y a ceux
    Qui courent partout comme des fous.
    Là où il pleut il y a ceux
    Qui geignent et se plaignent de tout.

    Là où il pleut il y a ceux
    Qui s’abritent craintivement.
    Là où il pleut il y a ceux
    Qui ne lisent jamais de romans.

    Là où il pleut il y a ceux
    Imperturbables et joyeux
    Qui n’arrêtent aucunement leurs jeux
    Si le décor manque le bleu.

    Là où il pleut il y a ceux
    Qui aiment l’odeur de la pluie.
    Là où il pleut il y a ceux
    Qui ont leurs propres éclaircies.

    Comment by anémone — 16 mai 2023 @ 18:54

  3. Son plan comptable annuel était toujours si propre et si clair que n’importe qui pouvait le regarder et se dire, sans honte, qu’heureusement qu’il était là.

    À chaque fois, il restait de marbre. Sourd aux bons mots élogieux d’une hiérarchie et de collègues qui, les autres onze mois et demi de l‘année, ignoraient sa présence effacée. Qu’ils disaient en sourdine bizarre. Certains allaient même jusqu’à lui soupçonner une existence et une vie en accord avec leurs propres pensées et fantômes ou fantasmes. Puisque personne ne savait rien.

    Un jour, à la faveur d’un concours de photo que j’avais gagné, organisé par une célèbre librairie de Bruxelles, il était venu me féliciter. Ce fut le seul d’ailleurs. Il avait alors confessé qu’il se réfugiait des heures durant dans l’univers littéraire et que les librairies étaient un peu comme un lieu saint pour lui. Où il allait comme d’autres vont faire leurs prières dans le silence des églises.

    Puis, la confiance étant, nous avons parlé de choses plus intimes. Ces choses qui nous remplissent l’âme et nous aident à supporter nos existences. Je lui ai parlé de Saramago, il m’a raconté d’Ormesson. Il m’a chanté Moustaki et Manset. Je lui ai parlé de Lelièvre, Peyrac et Rapsat.

    Et ses mots qui résonnent encore. Dans une semaine, à moi la belle vie. Une vie de con. À mordre ma langue. Mais dans une semaine, adieu la grisaille, je m’en irai dans mon île où le soleil si chaud m’obligera à avoir un pare-soleil pour ne pas fondre. Et son rire. J‘en rêve depuis toujours. Je n’ai fait que ça. Rêver. Dans une semaine… Plus heureux, c’est impossible.

    Les nouvelles vont vite. Malheureusement trop vite. Surtout celles qu’on ne veut croire. Marc est mort. Dans son sommeil. Une rupture d’anévrisme. Il allait partir en pension dans deux jours. Pauvre Marc….

    Que c’est con d’atteindre demain pour être heureux. Demain n’arrive jamais.

    Comment by Zef — 18 mai 2023 @ 2:40

  4. « Oui, surfe, surfe sur le bleu des possibles ! »

    De gros nuages noirs sous un ciel azuré
    S’explosent en cent nuées dans l’ardeur de ta vie,
    Des gouttes acides et chaudes tombent sur tes regrets
    Et puis te font plier à l’orée de la pluie.

    La pluie, sous les éclairs, te secoue et s’orage
    Dans des lagunes sans nom, sans issue, sidérantes,
    Dans des idées vaincues, aux barreaux d’une cage,
    D’une grande cave éteinte au souffle doux qui vente.

    Qui vente et qui s’anime et tourne dans ta tête,
    Qui réveille tes sens dans des pluies d’avenirs,
    Dans des bleus devenirs qui disent des peut-être,
    Des possibles, des bientôt … et puis j’entends ton rire …

    Comment by Cavalier — 19 mai 2023 @ 10:49

  5. Si on attaque un jour l’IA, je dirai juste pour Zef
    Avec Louise qui aussi attaque :

    Allez viens, j’t’emmène au vent
    Je t’emmène au dessus des gens
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Et pas artificiel

    Je voudrais que tu te ramènes devant
    Que tu sois là de temps en temps
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Et pas artificiel

    Je voudrais que tu m’appelles plus souvent
    Que tu prennes parfois le devant
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Et pas artificiel

    Je voudrais que tu sois celle que j’entends
    Allez viens j’t’emmène au-dessus des gens
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Artificiel

    Je voudrais que tu te ramènes devant
    Que tu sois là de temps en temps
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Et pas artificiel

    Je voudrais que tu te ramènes devant
    Que tu sois là de temps en temps
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Et pas artificiel

    Je voudrais que tu te ramènes devant
    Que tu sois là de temps en temps
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Et pas artificiel

    Je voudrais que tu te ramènes devant
    Que tu sois là de temps en temps
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Et pas artificiel

    Je voudrais que tu te ramènes devant
    Que tu sois là de temps en temps
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Et pas artificiel

    Je voudrais que tu te ramènes devant
    Que tu sois là de temps en temps
    Et je voudrais que tu te rappelles
    Notre amour est éternel
    Artificiel

    Et puis j’espère qu’ici Cavalliero, moi-même et puis Cavalier
    Ne forment Trio trop laid :

    Au temps en emportent mes mots, Triolet

    La pluie tombe sur la ruelle,
    Et la gouttière ivre gargouille,
    Les pavés glissent dans mon cœur …

    La pluie tombe sur la ruelle,
    Dans le torrent de mon malheur …

    À la grenouille, il pleut, il mouille,
    La pluie tombe sur la ruelle,
    Et la gouttière ivre gargouille …

    https://www.oasisdesartistes.org/uploads/web2ftp/autempsenemportent.png

    Comment by Ffup de Bretagne — 20 mai 2023 @ 14:32

  6. Bon choix Louise Attaque, avec le magnifique Gaëtan Roussel duquel j’ai écouté en boucle, notamment, Les matins difficiles.

    Comment by Zef — 21 mai 2023 @ 13:44

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