Lali

3 juin 2007

En vos mots 8

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:05

dickinson 2

De dimanche en dimanche, l’aventure continue. Une aventure qui existe parce qu’elle est la vôtre et si peu la mienne, puisque je n’ai qu’à installer la toile et la laisser à vos soins. Une aventure double, celle de ceux qui écrivent, celle de ceux qui lisent. Une aventure multiple, puisque chacun a le choix d’aborder la toile comme il lui plaira, en ses mots. Ou dans ceux des autres, par une chanson, une citation. Il n’y aura jamais de règles ici.

La lectrice de ce dimanche, celle de Sidney Edward Dickinson, attend vos mots pour s’animer, pour sortir de la toile, pour avoir une vie hors de celle-ci. Je vous la confie pour sept jours et sept nuits. Libre à vous de la faire vivre, de tourner les pages de son livre, de lui proposer votre épaule, de l’habiller ou de la laisser rêver. Elle est à vous. Rien qu’à vous.

4 commentaires »

  1. L’ÉCHAPPÉE BELLE

    Projetée tout à coup hors du livre, elle prend vie!
    Le lecteur créatif a fait sa mise en scène.
    Il pose l’héroïne toute nue sur le tapis.
    Derrière le rideau rose il contemple sa reine.

    Flairjoy

    Comment by Flairjoy — 3 juin 2007 @ 14:08

  2. Je n’étais pas encore un homme
    Malgré mes 21 ans déjà entamés
    J’étais des désirs qu’on gomme
    Aussitôt les premiers frissons oubliés

    Elle connaissait très bien
    Tout ce qu’il fallait déjà
    Elle savait que je savais rien
    Rien qu’au toucher des doigts

    Et dans l’abîme de sa nudité
    Ma première histoire d’amour
    Une immense envie de plonger
    Et me perdre pour toujours

    Comment by Armando — 5 juin 2007 @ 23:39

  3. Ah!comme douce est la vie dans les rayons. Lorsque je suis arrivé on m’a mis à coté de Sénèque et d’Alfred de Musset. Puis j’ai voyagé et maintenant j’habite à coté d’un poète russe qui ne fait pas de bruit. Mais voila qu’on m’a oublié, je n’ai même pas crié quand je suis tombé sur le sol glissant..et puis d’un seul coup quelque chose m’a saisit comme une main se posant sur mon épaule. Les pages tournent, les caractères défilent, quelques effleurements et peu à peu je me dévoile comme une très belle femme assise et perdue dans ses pensées, les cheveux dénoués. Faut-il que je dévoile tout? D’où elle vient, qui est sa famille, est-elle mariée? As-t-elle un amant ou les deux peut-être..une silhouette, quelqu’un qui passe à petite enjambée et qui frémit je crois..fragile comme les battements d’ailes d’un papillon de nuit, fragile comme la nudité dans toute sa pudeur..mais as-t-elle jamais existé ma belle héroine.. .. elle était la , elle est passée..mais alors ce qui n’a jamais existé restera trace à jamais tandis que ce qui existe vraiment peut disparaître…Ah comme douce est la vie dans les rayons dans ce grand réseau d’histoires et de leurre où erre la vérité..

    Comment by beatrix — 8 juin 2007 @ 12:04

  4. SEPT JOURS ET SEPT NUITS

    Sept jours et sept nuits,
    Elle s’est livrée à lui.
    A lui l’inconnu,
    Sept nuits ils se sont connus !
    Par décret, injonction expresse,
    De Lali, ô Lali la traîtresse !

    Qui sait combien de choses,
    Ont masqué les rideaux roses ?
    Combien d’amours, de délices défendues ?
    Qui sait devant quels Dieux obscurs
    Ils se sont prosternés, débauchés et nus,
    Sept nuits, ils se sont corrompus !
    Et au matin leurs âmes perdues,
    Maudissaient le jour qui chassait la nuit,
    Illuminant leurs corps impies.

    Sept jours à lui elle fût livrée,
    Enfiévrée, pieds et poings liés,
    Le corps blême, la natte déliée.
    Sept nuits, à lui elle s’est donnée !

    Sept jours il a abusé d’elle.
    De son corps malingre et grêle,
    De sa nudité de poupée.
    Car savez-vous de quoi est capable l’homme
    A qui l’on dit : elle est à toi, je te la donne !

    Sept nuits de la force mâle elle s’est servie,
    Pour écarter les monstres de la nuit.
    Car savez-vous de quoi est capable la femme
    Qui partage la couche d’un inconnu ?

    Sept jours et sept nuits
    Se sont enchaînés les amants
    Aux corps désarticulés.
    Sept jours de paresse,
    Sept nuits de liesse.
    Se sont-ils aimés ? Assurément,
    Comme on aime l’ortie, comme on aime le mal !

    Quant au livre ouvert à leurs pieds,
    Comme un galet roulé par la marée,
    Point n’ont éprouvé le besoin
    D’en faire lecture, l’étude encore moins !

    Car ce recueil superbement ignoré,
    Par les amants dans leur ronde infernale,
    N’est autre, vous l’aurez imaginé,
    Que celui des fleurs du Mal.

    Comment by Vesuvio — 9 juin 2007 @ 9:34

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