Écrire pour se taire, parfois
Que lit la lectrice de Bruce McColl ainsi allongée avec quelques feuilles sur lesquelles elle a probablement elle-même griffonné quelques mots de hasard sans savoir où ceux-ci la mèneraient ? Un semblant de stylo est posé là, à gauche de la feuille, mais nul autre indice pour nous mener à ce qui la laisse songeuse, incapable de continuer à écrire.
A-t-elle voulu exprimer quelque chose de confus en elle et tenter de se révéler ? A-t-elle plutôt voulu se noyer dans les mots pour ne pas dire ce qui l’a troublée dans un regard, dans un sourire ? A-t-elle simplement tellement hésité qu’il ne reste que sur la page un JE, le reste ayant été raturé ?
Laissons-la s’endormir sur ses mots. Elle se dira à son heure ou choisira de se taire. Ce n’est pas à nous de lui demander le contenu de quelques pages noircies.