En vos mots 212
Ah! le charme des brocantes! Alors que le jeune garçon semble avoir remarqué le bateau, son grand-père semble intéressé par quelque chose de bien différent… Enfin, c’est ce qu’au premier coup d’œil nous serions tous — ou presque tous — portés à penser. Mais il n’est pas dit que les personnages peints par Rudolph Bierle ne repartiront pas plutôt avec des livres.
À vous qui savez si bien raconter des histoires et qui êtes de plus en plus nombreux à animer cette catégorie qui est la vôtre, chaque semaine ou ponctuellement, à vous, donc, de faire vivre la toile de ce dimanche. Peu importe l’angle choisi, peu importe la forme que vous privilégierez, je peux d’ores et déjà vous dire à quel point j’ai hâte de vous lire dimanche prochain à l’heure où seront validés tous les commentaires.
D’ici là, bon dimanche à tous, participants comme lecteurs d’En vos mots. Profitez-en pour lire les commentaires laissés sur la toile de dimanche dernier. Plaisir assuré!
Cette année-làm le mois de mai avait été splendide. Le ciel avait été si bleu qu’il nous donnait envie d’être heureux et de vivre en oubliant tous ces petits malheurs qui se collent à nos souvenirs et nous empêchent de sourire au temps qui passe.
Cette année-là, je me souviens aussi que c’était la veille de la fête des mères. J’avais complètement oublié l’invitation de mon ami Frédéric que tenait absolument à ce que je sois présent pour la fête de ses 25 ans de mariage, alors que j’ai toujours détesté anniversaires, mariages et tous ces rassemblements de famille dans lesquels on s’ennuie tellement.
Frédéric m’avait fait la promesse d’un repas intime. Juste pour les proches. Il avait tenu sa promesse. Nous étions une petite dizaine. Alice, sa grand-mère, qui se faisait aussi rare que moi dans ce genre de soirées était venue, et, après les banalités d’usage, nous avons sympathisé et sommes très vite devenus de vieux complices. Elle me trouvait encore plus adorable que tout ce que son petits-fils lui avait dit de moi. Et je veux bien dire adorable, m’a-t-elle lancé avec un regard pétillant de vie.
Une soirée magnifique. Frédéric était si heureux que même l’évocation de son grand-père, devant Alice, malgré l’émotion, n’avait été qu’un florilège de rires et de bonheur. En quelque sorte l’évocation de son souvenir était sa manière de l’inviter à participer aussi à cette magnifique soirée.
Puis soudain, la voix douce et avenante d’Alice m’interpella : Et vous?… Quel souvenir avait-vous gardé de votre grand-père?…
Je suis resté perplexe. Suspendu à son regard clair et paisible. J’ai cherché, comme un noyé qui cherche à se raccrocher à quelque chose, le regard de Frédéric et je n’ai rencontré qu’un regard aussi étonné que le mien du fait qu’Alice puisse s’intéresser aux souvenirs que j’aurais pu avoir de mon grand-père.
Il m’est venu à l’esprit un petit livre qui m’accompagnait lorsque que je promenais ma souffrance entre les quatre murs de l’orphelinat et qui racontait l’admiration d’une fillette pour son grand-père. Un homme qui avait toujours vécu de la mer laissant à chacun de ses départs son cœur à terre afin de veiller sur ceux qu’il aimait par-dessus tout et qu’il entourait d’une affection et d’une tendresse telles que, sans le vouloir, je me suis mis à dessiner a grands traits le portrait de mon grand-père. Un être hors du commun, qui m’a tant appris et tant donné à un point tel que même Frédéric avait les larmes aux yeux.
Avant mon départ, Alice qui m’avait écouté avec un regard tendre et complice s’est approché de moi et, avec une complice douceur m’a murmuré : Je crois que j’ai bien connu votre grand-père. C’était un homme bon et sage. Malheureusement vous avez oublié de nous dire qu’il sentait bon la mer et la liberté…
C’est pendant la nuit que m’est venu à l’esprit le fait que ce petit livre se terminait par ses mots-là. Il sentait bon la mer et la liberté…
Sacrée Alice.
Cette année-là, le mois de mai avait été splendide. Je me souviens que le ciel avait été si bleu qu’il nous donnait envie d’être heureux de vivre en oubliant tous nos petits malheurs. Et de ça je me souviens vraiment…
Comment by Armando — 2 mai 2011 @ 7:43
Pour Jérémy, c’est un des plus beaux jours de la semaine.
Jérémy es-tu prêt ?
Oui grand-père, j’arrive avec le chien. J’enfile ma veste et je prends ma casquette. Le petit aime bien son costume de moussaillon que sa maman a confectionné. Un costume de marin comme la veste de son grand-père avec la casquette assortie. Il voulait lui ressembler. A force d’usure, Gustave a possédé plusieurs casquettes mais toutes sous le même modèle. Et la dernière, il l’a porte tous les jours et en prend grand soin. Souvenir de ses quarante et difficiles années de travail sur un énorme navire. Gustave a tant d’histoires à raconter au petit. Ses souvenirs de marin sont toujours au plus profond de son cœur. Sa vie de marin n’a pas été facile mais depuis plusieurs années, il profite de sa retraite bien méritée et son petit-fils lui apporte tout le bonheur qu’il peut souhaiter.
Donc, ce mardi, Gustave et Jérémy partent de la maison main dans la main et le chien marche tranquillement à côté d’eux.
Le petit ne va pas encore à l’école et chaque mardi par tous les temps, Gustave emmène son petit-fils dans un hangar du village où toutes sortes d’objets y sont déposés. Le patron souhaite toujours qu’un visiteur achète une pièce. Il y a de tout et partout même sur le sol. Des toiles avec et sans cadre, des dessins, des livres, des bibelots. De semaine en semaine, des objets différents sont exposés.
Pour rien au monde Jérémy ne veut manquer ces moments précieux avec son grand-père.
Gustave est un grand-papa en or. Jérémy s’intéresse à tout et pose beaucoup de questions auxquelles Gustave lui répond toujours très tendrement.
Grand-père, regarde ce beau bateau ! Oui mon petit, c’est une caravelle en miniature. Elle est bien jolie. Et Jérémy n’a d’yeux que pour cette caravelle. Il est fasciné.
Gustave a le cœur un peu gros car il aurait tant souhaité offrir ces belles voiles à Jérémy mais le prix est exorbitant et Gustave n’a pas les moyens.
Ecoute-moi Jérémy ! Lorsque nous serons à la maison, je te montrerai un livre sur toutes sortes de bateaux. Il se trouve dans la bibliothèque de ta maman. Cela va te plaire. Le petit acquiesça de la tête.
Et c’est main dans la main, qu’ils reprennent le chemin du retour. Jérémy n’avait de cesse de poser mille et une questions ce qui rendait Gustave aux anges.
Durant toutes ces années de marin, lors de ses pauses ou avant de dormir, Gustave tenait un journal de bord. Chaque jour, il écrivait une ou dix lignes, voire plus. Cela dépendait des événements, du temps ou de la mer agitée. Sa carrière terminée, il lui restait son journal très épais. Il avait à cœur de l’offrir à sa fille, la maman de Jérémy.
Un jour, tout à son bonheur de sa bonne idée, Eliane prend le journal de son père et va chez le relieur du village afin de faire relier toutes ces feuilles dans un très beau cuir. Mon père mérite ce cadeau, il a tant travaillé.
A l’anniversaire de Gustave, après le repas familial, Eliane se dirige vers son père et lui offre un paquet très joliment emballé. En découvrant la surprise, Gustave laisse couler ses larmes sur ses belles rides de vie. Tant de souvenirs et d’émotions l’envahissent. Des beaux souvenirs comme des tristes.
Gustave, encore très ému, se promet d’offrir à son tour cette magnifique reliure à Jérémy lorsqu’il aura dix ans. C’est mon vœu le plus cher. Ce sera une partie de mon histoire et de ma vie. Le petit sera heureux.
Pendant que Jérémy s’apprête à se coucher et en attendant son grand-père qui chaque soir lui raconte une histoire de bateau, Gustave en profite pour partager son idée avec sa fille. Ce sera leur secret!
Parfois, le petit rêve qu’il vogue vers des pays inconnus.
Jérémy dit souvent : Tu sais maman, les histoires de grand-père sont les plus belles du monde !
Tu as raison mon chéri ! Ce sont les plus belles du monde et si passionnantes.
Comment by Denise — 5 mai 2011 @ 7:51
-Ah scrogneugneu, elle a bien fait de laisser tomber le voile…fffuiii, uuuiuui, oui bien fait…
-Mais papi, j’en vois plusieurs voiles, et elles sont en place, dit papiiii…papiii
-Tu as vu mon petit loup de mer combien ses courbes sont douces !
-C’est vrai papi, les formes sont rondes, adoucies, je trouve moi aussi ! Que j’aimerai la caresser.
-Voilà, c’est ça, rondes et douces, tu as bien compris… ffuiii, uuuiiuuu.ffuiii, uuuiiuuu. Oui, moi aussi, j’aimerai bien la caresser !! ffuiii, uuuiiuuu.ffuiii, uuuiiuuu
-Comme tu siffles bien, papi, dis tu m’apprendras ?
-Oh, tu sais, elles aiment ça, quoiqu’elles disent. Mais il faut siffler délicatement, montrer qu’on sait se tenir, et que si on siffle, c’est pour approuver la Mère Nature qui mets sur terre de si belles choses.
-Oh, oui, papi je voudrais siffler à la Mer pour lui dire qu’il y a là une belle caravelle.
-Caravelle ? Caravelle ? Bon si tu veux, moi j’aurais pensé à sirène…
-Bon allez, je vais te donner ton premier cours de sifflet. Tu dois faire un rond avec tes lèvres puis tu souffles doucement. Allez va-y…
-FFF, ffff, fffi, ffffu, ouf, j’y arrive pas papi, papi, papi, ouah, ouhiiii, ouahhhhh. Je veux siffler comme toi, gnnnn, uff, ouaaaa.
-Ah ça alors je n’ai jamais vu un petit loup de mer pleurer parce qu’il n’arrive pas à siffler. Tu vas recommencer, et recommencer, et puis à un moment tu siffleras, ne te décourages pas !
-Bon il se fait tard, on va rentrer, car mamie a dû préparer la soupe de poisson. Et surtout tu dis bien à mamie qu’on a vu une bien jolie caravelle, hein, mon petit loup.
-Mamie, mamie, mamie, un bisou, un bisou… Dis tu sais chez le marchand de vieilles choses, on a vu, on a vu une SIRENE. Enfin, c’est papi qui dit que cela s’appelait une sirène. Pourquoi tu es en colère mamie, j’ai juste dit qu’on avaient vu une sirène.
Comment by LOU — 6 mai 2011 @ 15:47
-Dis grand-père, c’est avec un bateau comme ça qu’t’es arrivé dans ce pays ?
-Oh non mon p’tit, c’était un gros paquebot à trois étages, mais moi j’étais caché au fond de la cale .
-Dis grand-père, l’est beau ce bateau hein ?
-Oh oui ,et » Va, quand tu seras grand
Tu feras le tour du monde
Pour lutter vaillamment
Contre la mer et le vent » (et la haine….)
-Dis grand-père, dans tous ces livres tu m’raconteras une histoire ?
-Oh certainement une histoire de mer,tiens, celle du vieux Santiago et de son jeune ami Manolin .
-Dis grand-père, pourquoi la dame elle est toute nue ?
-Hmm, elle vient de sortir de la mer, c’est une sirène et elle attend son marin charmant .
-Dis grand-père, pourquoi tu m’as amené ici ?
-Tu sais petit, quand on a des livres à lire et des toiles à admirer, on n’arrête jamais de naviguer .
-Dis pépé, pourquoi t’as un numéro sur le bras ?
-………………………………………
Comment by barbara — 7 mai 2011 @ 17:08
Petit haïku – rieux
Livres moussaillons
Feuillent garçon au printemps
Grand-père à l’hiver…
Comment by Graphène — 8 mai 2011 @ 6:38