Lali

20 janvier 2008

En vos mots 41

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

alexander kosnichev 2

Le sculpteur d’Alexander Kosnichev, maintenant que la lumière ne s’y prête plus, a abandonné les plâtres au profit d’un livre. Quelle est son histoire? Prépare-t-il une exposition? Que lit-il? Peu importe la direction que vous prendrez, il y a sûrement ici une histoire à raconter. En vos mots. Comme tous les dimanches et pour une 41e semaine.

Peu importe la manière – poésie, citation, chanson, nouvelle, récit -, si la toile vous inspire. Elle est à vous. Comme l’était celle de Gerda Ploug Sarp dimanche dernier et qui a donné quatre textes que je vous invite à lire.

En vos mots est une façon comme une autre de vous dire merci, de vous faire de la place. Et avis à ceux qui hésitent encore à écrire, il y a beaucoup de place! Et aucune règle!

Bon dimanche à tous et à la semaine prochaine pour la suite.

3 commentaires »

  1. Tous les soirs
    dans la pénombre du loft
    les sculptures se taisent.

    Tous les soirs
    l’artiste relit
    sa lettre d’adieux.

    Tous les matins
    lorsque le jour illumine l’atelier,
    le sculpteur cherche dans la pierre

    le corps de sa bien-aimée.

    Flairjoy

    Comment by Flairjoy — 23 janvier 2008 @ 9:55

  2. « La sculpture, comme tous les arts, est une voie royale pour connaître le monde et en percer les secrets ».

    [Olivier Delahaye]

    Comment by Denise — 23 janvier 2008 @ 11:04

  3. Les premiers rayons du jour venaient à peine de se lever qu’il était déjà à caresser ce que n’était encore qu’un gros morceau de marbre dont il avait déjà fait plusieurs fois le tour. Les mains accrochées au bol de café qu’il ingurgitait, les yeux doucement lointains et rêveurs, il avait du mal à cacher la fébrilité de ses gestes, comme s’il avait une inquiétude quant à son art de maîtriser la pierre. Lui qui n’en était pas pourtant à sa première œuvre.

    On l’entendait respirer dans son vaste atelier, remplie des ombres des statues déjà achevées, en même temps que les premiers bruits d’outil résonnaient dans la pièce. Il les plaçait soigneusement sur une table en bois, toute en dévisageant le marbre.

    Sur la table, les outils s’alignaient doucement… La massette portugaise, les pointes, la boucharde emmanchée, la lime, les papiers abrasifs, la pierre ponce artificielle, etc.

    Ses mains étaient dures et calleuses et pourtant elles semblaient caresser la pierre avec une extrême douceur.

    Le soleil semblait s’être levé et un rayon joyeux a traversé les carreaux, comme pour assister à la symphonie de l’artiste.

    Il a porté les mains à son visage et les a frottées l’une dans l’autre après les avoir enduites de sa propre salive. Puis il a pris la masse et un pointeur et on a entendu le premier son de ce que serait une symphonie ininterrompue jusqu’à au soir a retenti dans la pièce.

    Son œuvre était presque achevée quand la nuit tombant, il s’est assis au bord du lit de son atelier, qu’il ne quittait que les rares fois où des mondanités l’obligeaient à le faire.

    Il était épuisé, mais il semblait tellement pris par l’achèvement de son travail qu’il voulait mépriser la fatigue. Il avait réussit à maîtriser le marbre. Sa déesse avait les jambes bien en chair, le corps rempli et les seins lourds modulés avec grâce. Ses cheveux étaient coiffés en chignon, laissant libre le cou comme il aimait. Un cou lisse et presque vivant. Le corps et les formes de sa déesse étaient tels que ses rêves l’avaient imaginé.

    Demain, dès l’aube, il s’attaquerait à son visage. Il fallait que les yeux soient ceux qu’avait retenue le regard de son cœur. Il fallait absolument que ses sourcils soient parfaits, il fallait que la bouche soit celle qu’il avait embrassée avec cette envie de ne faire que ça. Il fallait que ce soit elle. Sinon toute la beauté de son œuvre n’en aurait aucune pour lui. Et il ne lui resterait qu’à recommencer…

    Comment by Armando — 26 janvier 2008 @ 6:28

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