Le carnet de Montréal 10
C’est la lectrice du peintre polonais Rafal Hadziewicz qui a ce soir fait connaissance avec la poésie en prose de Carl Norac. Et c’est sur ces mots du recueil Le carnet de Montréal qu’elle s’est longuement arrêtée :
3 juin
Je deviens familier d’une trouée de ciel. J’écoule un hasard, monnaie blanche. Derrière le ciel, peut-on toucher la peau de l’astre, ou caresser comme une femme ce pays sans air qui convient à la chute? Il me reste à trouver celle qui me suivra dans la trouée de ciel. Elle m’écrira demain, sans me connaître. Ses mots d’amour arriveront dans une enveloppe blanche, sans adresse, légèrement trouée.