En vos mots 161
Qui dit dimanche dit au pays de Lali une nouvelle toile accrochée afin que sept jours durant elle se laisse voir, vous titille les neurones et vous incite à déposer quelques mots. En effet, aucun commentaire ne sera validé avant une semaine, le temps que tous ceux qui veulent se prêter à l’exercice d’En vos mots puissent le faire sans avoir la moindre idée de l’angle et du ton que les autres participants auront choisis.
La lectrice peinte par Nigel Billings attend donc, comme d’autres lectrices et lecteurs avant elle, que vous la fassiez vivre à votre manière.
Rendez-vous, donc, pour la suite, dans sept jours exactement!
Des non sens
à la dérive des mots
Des silences invasifs
aux paroles en cascade
S’aimer l’un, l’autre
ne plus s’appartenir
S’aimer soi
et aimer s’oublier
Aimer l’autre
s’y perdre
se perdre
Pour mieux s’aimer
se préserver
Pile ou face
Jeu de dés
Qui gagne, qui perd
A jeu égal
L’Amour
Comment by Chantal — 10 mai 2010 @ 16:24
Il y a des nuits où le moindre mot égaré dans les pages d’un livre nous donne l’impression qu’il pourrait être le nôtre, tellement il ressemble à tous ces mots que nous cherchons quelquefois au plus profond de nous sans arriver à les prononcer. Par crainte de ne pas être compris ou bien parce qu’on n’est pas certain que le mot qu’il faut dire est bien celui qui nous vient à l’esprit. Et on se tait. Par crainte du regard de l’autre. Par peur du ridicule.
Il y a des nuits où le cœur en tendresse, il nous semble entendre du doux bruit de la plume versant le sang vif de la pensée, sur une feuille vide, donnant naissance à des sentiments inconnus ou endormis depuis si longtemps dans nos cœurs qu’on avait fini par les oublier. Comme si le temps n’était qu’une gomme invisible cachée au creux de nos silences, chargée d’effacer nos peines lointaines, pour que le cœur ne souffre que quelquefois. Lorsqu’un souvenir perdu s’éveille, comme une étoile dans une nuit sans lune. Lorsque la nostalgie dans son manteau aux couleurs argentées de regrets passe par là. Et qu’elle a l’audace de nous arracher un sourire. Une larme. Un mensonge.
Il y a des nuits où les quelques mots jetés sur une page blanche nous emmènent dans les sentiers de fleurs de la mémoire et nous racontent quelques nuages des jardins de l’enfance. Le parfum de la glace à la vanille. Le goût du sirop à la menthe. Le bruit de la mer à 17 heures, lorsqu’il faut rentrer. Parce qu’il va faire nuit…
Comment by Armando — 13 mai 2010 @ 17:21
C’était une journée chaude, lourde et humide. Nathalie a pris un jour de congé pour faire les courses, le ménage et le repassage mais ce jour là, il est hors de question de faire la moindre des choses. Trop chaud!
Nathalie a baissé les stores pour apporter un peu de fraîcheur dans son studio et s’est vêtu d’une robe décolletée et légère. Pas la plus petite brise, l’air est étouffant! Même à la cuisine où elle s’est installée près de la fenêtre.
Il ne me reste qu’une chose à faire se dit-elle! Je vais reprendre ma lecture. Hier soir, je tombais de sommeil.
Seulement voilà, Nathalie n’arrive pas à se concentrer. Mille pensées se croisent, se bousculent dans sa tête. Elle pense à son adorable fillette de cinq ans qui vit momentanément chez sa grand-mère. Nathalie se dit encore privilégiée d’avoir encore sa maman. C’est si précieux.
Depuis la naissance de sa fille chérie Céline, Nathalie a dû se débattre seule dans la vie avec le soutien de sa maman.
« Heureusement que j’avais un emploi et aussi l’aide de maman. Petit à petit, j’ai repris un certain rythme. L’accouchement n’a pas été facile, loin de là. Si seulement, j’avais eu la présence de mon mari pour me soutenir… Et bien non! Il est parti sans un mot dans son pays.
Céline est ma plus grande joie. Je vais lui rendre visite deux fois par semaine chez maman. J’ai une maman en or. Elle me comprend. Elle m’a proposé de s’occuper de Céline afin que je puisse obtenir un appartement avec une pièce supplémentaire. Une chambre pour ma fille.
Pour l’instant, je vis dans un minuscule deux-pièces. Pas de place pour installer un deuxième lit. Ces centaines de kilomètres à faire en train pour voir ma fille après mon travail me fatiguent. J’attends une réponse de la régie et j’espère que j’obtiendrai l’appartement plus grand au-dessus de chez moi. Mon souhait est de chérir ma fille, et s’il le faut, maman viendra vivre avec nous. Elle se sentira moins seule. »
Voilà toutes les pensées en vrac qui s’entrechoquaient dans la tête de Nathalie.
J’ai envie de lui souffler cette citation d’Octave Feuillet:
« L’espoir est comme le ciel des nuits: il n’est pas coin si sombre où l’oeil qui s’obstine ne finisse par découvrir une étoile. »
Comment by Denise — 14 mai 2010 @ 15:20
ma mèche rebelle
et le vase boit la fleur
tout est de travers
Je veux relire encore une fois ce poème de Jacques Izoard, je ne sais pas pourquoi mais il m’apaise et tout reprend sa place.
…
De ton enfance au gré des voyages,
de tes rixes, de tes trépas minimes,
de l’oubli de toi-même,
il te restera le bleu
dont on fait les poèmes.
Ensuite viendra le temps
que la nuit engloutit.
Viendra la rose noire
dans l’alerte du vent.
La fièvre qui s’apaise
te laissera inanimé
respirant à l’accalmie.
Viendront les brumes tranquilles
au fil des marais et des lacs.
Sifflera l’eau volée
par-dessus les moulins.
Ténèbres chuchoteront.
L’écho invisible ameutera
l’indicible écho.
Avions-nous promis
d’être nuage ou rêve ?
Non, nous vivions nus,
sans nous soucier des autres.
Et nous faisions semblant
de croire à la mélancolie.
Comment by Lautreje — 15 mai 2010 @ 14:13
Souvenir, souvenirs
Des rides au vélin de mon visage,
Des empreintes tracées, des ferrades.
L’espoir qui file et renoue mes neurones,
Les beaux souvenirs ne meurent jamais.
Des faux, courant au droit de ton visage
Sur des plaies écrasées au fer rouge.
Le futur qui perce à nouveau ta mémoire,
Les beaux souvenirs ne meurent jamais.
Mon sommeil qui reprend la voie de mes rêves,
Puis qui se perd aux feuilles de ma vie.
Dans mon éveil qui ce matin frissonne,
Les beaux souvenirs ne meurent jamais.
Ta douleur qui sombre encore dans tes rêves,
Qui enfonce les nuages posés sur mes nuits.
Sur ton envie qui ce matin résonne,
Les beaux souvenirs ne meurent jamais.
Oxy
Comment by Oxymoreandmore — 16 mai 2010 @ 4:27
Il y a eu un avant,
Plein de vibrante attente,
Plein de plaisirs grandissants
Un avant, rempli de gourmandises hésitantes …
Et puis j’ai mis du l’or
Sur mes épaules, dans la lumière,
Et j’ai pris dans mes mains ce trésor
Attentive au moindre bruit, à la moindre poussière …
Bien avant les mots
Il y a eu mes doigts caressant la couverture
et le chant des pages, comme un cadeau
et cet imperceptible odeur de mûre …
Bien avant moi tu as tenu ce Livre
Et voilà nos deux regards en Un
J’ai eu tant de bonheur à te suivre
Et les pages conservent encore ton parfum …
Comment by Chris — 16 mai 2010 @ 7:58
De retour juste à temps pour découvrir vos Mots ici … avec toujours autant de bonheur!
Que tous les Envosmotistes ne m’en veuillent pas si je salue un peu plus particulièrement Chantal pour lui dire mon plaisir de la lire 😉
Je vous envoie des bises sur un vent fou du Sud !
Comment by Chris — 16 mai 2010 @ 8:20