En vos mots 140
Que peut bien raconter le personnage d’Adriano Cecchi aux jeunes demoiselles dont l’une semble tout noter, dans cette toile qui s’intitule La leçon d’art? Vous qui savez si bien raconter en vos mots les toiles semaine après semaine ne pourrez qu’inventer une histoire à la hauteur de la fantaisie du personnage central!
De plus, rien ne presse puisque ce n’est que dimanche prochain que seront validées tous vos commentaires inspirés par ce moment.
D’ici là, bonne semaine à tous!
Dans la famille d’Adeline et de Thérèse, le dimanche est consacré à la bonne table de leur maman car leur grand-père est très gourmand. Alors, Eugénie, la mère se lève de bon matin pour mijoter de délicieux plats dont tout le monde raffole et pour elle, c’est un plaisir de voir ses filles et son père manger avec des étoiles dans les yeux.
Malheureusement, Eugénie est veuve depuis dix ans. Il ne se passe pas un jour où elle ne pense pas à lui, à Edouard, son mari. Comme il serait heureux de voir sa famille ainsi toujours réunie…mais Eugénie se dit chaque soir que dans le ciel, il y a une étoile qui les regarde!
Après le repas et le café pris dans un petit salon, Adeline et Thérèse se retrouvent dans une autre pièce où leur grand-père est déjà installé dans son fauteuil. Il sourit, il est aux anges. Et ce dimanche là, Adeline a une idée.
-Thérèse! Si je dessinais le portrait de grand-père? Qu’en penses-tu? Tout cela dit à voix basse.
-Bien sûr, ma sœur chérie, dit-elle en chuchotant. Je te l’ai déjà dit, tu as un joli coup de crayon, alors commence.
Tiens, voilà une grande feuille et un crayon. Regarde, il a un sourire si doux et ses traits sont très beaux. Ensuite, tu mettras la couleur.
-D’accord Thérèse, je commence mais je te demande de jouer un peu de harpe, tu sais que grand-père aime bien et lorsqu’il entend ce doux son, il peut rester des heures dans cette position et ainsi j’aurais tout le temps de terminer.
Demain, j’irai montrer ma toile à mon professeur et j’écouterai ses critiques, si critiques il y a.
A peine, le portrait de grand-père terminé, Adeline le surprend à ouvrir les yeux, d’abord mi-clos puis grands ouverts et il souriait tendrement à ses petites-filles.
Ah, ah! Je vous ai bien eu, n’est-ce pas? Figurez-vous qu’aujourd’hui, je n’ai pas dormi, je faisais semblant et j’ai tout entendu… Vous êtes trop mignonnes.
-Adeline, veux-tu me montrer mon portrait? En effet, cela me ressemble bien…merci ma douce petite-fille, tu iras loin!
Thérèse, il faut que je te dise, tu as fait une fausse note avec ta harpe, j’ai entendu sans bouger et tous les trois riaient de bon cœur.
-Mes chéries, je dois vous avouer quelque chose. Dans ma jeunesse, j’ai beaucoup peint et j’ai même exposé mes toiles mais un jour, un incendie a ravagé mon atelier et j’étais dans l’obligation d’entreprendre un métier chez un artisan, n’ayant plus les moyens de m’offrir un nouvel atelier et tout ce qui allait avec. Mon travail consistait à relier des livres. J’étais heureux et lors de mes jours de congés, je parcourais les musées de tableaux.
Les deux sœurs restaient bouche bée car c’était la première fois que leur grand-père leur parlait de ce parcours de sa vie.
Le lendemain, Adeline eu les félicitations de son professeur. Il trouva le portrait excellent et l’encouragea à continuer.
Toute à son bonheur, Adeline rentra dans une échoppe pour faire encadrer le portrait afin de l’offrir à son grand-père Jean. Le vendeur emballa le cadre dans un beau papier et y mis un joli ruban.
Adeline se dit que le dimanche suivant, sa maman préparera un délicieux repas pour l’anniversaire de grand-père et après le dessert, elle lui offrira la toile. Sa sœur Thérèse jouera de la harpe et cette fois sans fausse note…
Oh, six jours à attendre, comme c’est long, se dit Adeline!
Elle prit sa plus belle plume pour écrire des mots doux à son grand-père et termina ainsi…
Grand-père, j’ai encore tant à apprendre sur la peinture, veux-tu bien accepter ta première élève?
Ta petite-fille Adeline
Comment by Denise — 18 décembre 2009 @ 16:28
Devant sa toile blanche, où les mots se faisaient attendre, l’artiste savait que pendant ce temps où nous nous épuisons à donner des avis sur tout, il y a des poètes qui rêvent d’ailleurs; des peintres qui réinventent le regard que nous allons poser sur les choses; des médecins qui sauvent des vies; un soleil qui plonge dans la mer et qui m’émerveille; des clowns qui posent des étincelles de bonheur dans le regard des autres; une vie qui pousse son premier cri; un mouchoir qui pleure un départ; un arc-en-ciel qui donne de l’espérance; la brûlure d’un baiser qui devient une romance; un matin blanc de neige dans le silence d’un ciel bleu; des oiseaux qui s’envolent pour faire naître un rire d’enfant; des écrivains qui mélangent des mots et des silences pour nous offrir des instants de grâce; une femme qui combat un cancer sans renier son destin; une étoile qui nous guide la nuit ou bien encore un violoniste inconnu qui embellit de sa musique la place Saint-Marc, et la folle rivières de nos rêves qui coule doucement et fait battre nos cœurs…
Comment by Armando — 19 décembre 2009 @ 15:19
Quand j’étais enfant
Quand j’étais enfant
On disait
Que j’étais un vaurien
Et je fut juge
Et j’ai mis des drôles
Au fond des tours de geôles
À tour de rôle
Je vis de peu
J’ai une chandelle qui siffle entre mes yeux
Des grelots qui résonnent dans mes oreilles
Qui me sonnent, m’assomment
On vient me voir
Pour écouter ces sons
Et pour fabriquer de la farine
Je raconte mes voix, mes bruits
Tout me va
Je souris
J’écoute
Ces demoiselles qui m’appellent
Et un buste m’obstrue le palais
Elles sont fines, jolies, et veulent me libérer
Me délier des cordages
Des ancres
De la cheminée qui m’étreint
Mais je dirige mon navire
Dans la tempête
Oui, juste les clochettes, les assourdir
Avec elles
Un peu
De peu je vis
Là, je suis si bien
Quand j’étais enfant
On disait
Que j’étais un vaurien
Comment by Oxymore and more — 20 décembre 2009 @ 6:28
Les émotions fleurissent …
Je ne perds rien de tout ce qui se passe. Mère a fini par accepter, épuisée je crois par mes nombreuses demandes. « Chiara, jeune demoiselle, vous êtes bien trop jeune encore pour savoir rester immobile et silencieuse afin de ne pas déranger vos sœurs ! » Mais j’ai déployé des arguments si convaincants, que je savoure enfin, assise sur un petit tabouret brodé, ces deux heures dont j’ai tant rêvé … La leçon d’art de mes sœurs, comme chaque lundi. Quelle joie d’être enfin ici ! J’écoute, j’observe, je capte les moindres murmures, les explications, les attitudes, je déguste les bons mots, les crissements de la plume sur le papier, les froissements du taffetas des robes, les rires et cette ambiance si délicate, si raffinée … Je m’empare de cette rigueur joyeuse, de cet enseignement si sérieux et pourtant si léger, et cette leçon où l’on tolère à peine ma présence restera gravée au plus profond de mon cœur de fillette de 12 ans. Je n’ai rien perdu de tout ce qui se passait chaque lundi, dans la grande pièce « aux études », pendant les leçons d’art de mes sœurs. Et il me semble qu’aujourd’hui encore je ressens cet indicible bonheur, qui faisait gonfler mon cœur, malgré l’inconfort du tabouret … J’ai si bien conservé tout ce qui flottait que mes chères images sont venues s’inviter très souvent dans mes histoires du soir, à ton coucher … et tu vois mon trouble et ma fierté, Adriano, quand je contemple cette toile où tu as si bien su faire naitre mes souvenirs ! Mon merveilleux et si talentueux petits fils …
Chiara Cecchi Tirelli, une grand-mère comblée
Comment by Hespérie — 20 décembre 2009 @ 7:53
Comme chaque semaine il est super agréable d’avoir rendez-vous avec vos mots.
Comment by Armando — 20 décembre 2009 @ 9:16
En regardant par le trou de la serrure, je dois vous avouer que j’ai été témoin de cette belle et étrange histoire. Je suis d’ailleurs le seul à pouvoir vous raconter ce qui s’est réellement passé cet après-midi, cher les Martelots. Une famille qui a perdu sa noblesse financière et qui se trouvait dans la difficulté suite au crash boursier.
Mièvrete, qui pouvait lire le futur dans la sauce de tomate au persil, s’apprêtait à écrire sur une grande feuille l’avenir. Pas leur avenir, mais celui de tout un monde à l’heure où le peuple criait dans la rue contre les financiers.
Son père, assis sur une chaise, se régalait d’autant d’imagination de Mièvrete et sa sœur, stupéfaite ne faisait que regarder ce qu’elle écrivait :
Un jour il y aura des ordinateurs et les gens pour tromper leur ennui feront des blogs. À Montréal, une fille fera un blog dans lequel il y aura des photos de Denise, et puis des nouvelles débridées et un idiot qui fera des commentaires. Il y aura des photos de Lilas, de Chantal, de Lanourse, de Lali. Normal ce sera son blog. Et aussi des photos de l’idiot des commentaires. Mais pas sous le même nom. Il y aura des poèmes, des filles nues, des chansons et un jour elle mettra une rubrique désigné sous En vos mots et il y aura des gens qui viendront raconter leurs histoires. L’idiot des commentaires et de la photo sera là aussi.
Et, c’est en regardant aujourd’hui votre tableau et les différentes histoires qui s’y racontent que je suis bouche bée en me disant combien Mièvrete avait vu juste avec tant d’années, voire des siècles, d’avance. Enfin quand je dis qu’elle a vu juste, je voudrais ajouter presque.
Certes, ce n’est qu’un détail insignifiant mais moi, je ne vois pas de trace de l’idiot… Quel dommage de se tromper pour si peu…
Comment by Zin Zin — 20 décembre 2009 @ 9:34
Alors Zin Zin… il n’y a pas de miroirs chez toi?… [même Denise rigole… tellement c’est drôle]
Comment by Zinzonnette — 20 décembre 2009 @ 9:42
Ah j’avais oublié d’ajouter que j’ai bien aimé vos histoires, mais je préfère celle que chose a écrit et à qui je fais un clin d’œil pour que les autres ne s’en aperçoivent pas. Ce serait moche, sinon….
Comment by Zin Zin — 20 décembre 2009 @ 9:45
J’ai bien peur pour ma part d’avoir écrit trop vite, de n’avoir pas pris le temps de parler de la fantaisie de ce personnage central justement … mais quel plaisir comme toujours de venir découvrir qui a écrit, de venir vous lire …
Et puis comme le dit si joliment Armando je viens lire » la folle rivière de nos rêves » Bravo à vous tous, Denise, Armando, Oxymore et aussi à Zin Zin pour son texte ! 😉
Mes bisous conteurs et un bisou spécial bleu limpide pour Lali 🙂
Comment by Hespérie — 20 décembre 2009 @ 11:04