Lali

12 avril 2009

En vos mots 105

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

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Mais sur quelle eau voguent-ils ainsi? Vers quelle destination se dirigent les personnages de l’artiste australienne Melissa Egan? Est-il poète ou a-t-il copié pour elle les vers d’un autre? Est-il en train par des mots de tenter le jeu de la séduction?

Je n’ai que des pistes, je n’ai pas l’histoire. À vous de la raconter, en vos mots, comme vous le faites dimanche après dimanche depuis presque deux ans. Parce que sans vous, les personnages de ce dimanche navigueront pour toujours sans savoir où ils vont.

À vous donc, cette toile, sur laquelle vous poserez vos mots, des mots que nous lirons dimanche prochain, avec plaisir. Avec grand plaisir, devrais-je dire.

3 commentaires »

  1. LE POÈTE VOILÉ

    Il ne dira jamais qu’il est un capitaine
    Et pourtant sachez bien qu’il nous mène en bateau!
    Il est devenu maître en prose et en poèmes,
    Mais il nous cache tout et puis il n’en dit mot.
    Il demeure discret, il écrit dans son ombre.
    Dans son coffre aux trésors il cache des étoiles.
    Comme un pirate il chasse les rimes en grand nombre.
    Mais un jour, d’un coup de vent, il lèvera le voile.

    Puff

    Comment by Puff — 17 avril 2009 @ 14:19

  2. Aujourd’hui est un jour spécial pour Maude et Félicien. Surtout pour Félicien car il veut faire une surprise à son épouse. Il veut la remercier à sa façon de lui apporter tant de bonheur.

    Leur maisonnette et leur joli jardin sont toujours bien entretenus par les bons soins de Maude et par l’aide de Félicien. Il travaille dans la scierie à quelques kilomètres de leur maison. Parfois, il y va à pied, d’autres fois, il enfourche sa bicyclette par tous les temps. Pendant ce temps, Maude nettoie la maison, prépare les repas et s’occupe du jardin. Comme il est beau !
    Les voisins ne sont pas avares de compliments et il n’est pas rare de voir Maude offrir une fleur à l’une ou l’autre de ses voisines qui elles n’ont pas la chance d’avoir un petit coin de verdure.

    En cet fin d’après-midi, Félicien est rentré plus tôt que de coutume en expliquant à son patron le pourquoi. Pour toute réponse, il reçoit un clin d’œil de connivence.

    – Maude, Maude ma chérie, j’ai quelque chose à te dire,

    – J’arrive Félicien mais ce soir, le portail ne veut pas se fermer, il coince !

    – Aucune importance puisque nous allons ressortir. Je verrai demain.

    – Sortir ? Mais où ?

    – Ma chérie, c’est une surprise. Mets ta plus belle robe et moi, je me change aussi.

    Félicien sort son beau costume du mariage, son gilet, sa cravate bien nouée et son chapeau.
    Ah ! Et mon petit billet, je ne dois pas l’oublier. Je le mets dans ma poche.

    Maude arrive dans le petit salon et Félicien reste sans voix. Oh ! Tu as mis la robe que je préfère. Comme tu es belle. Il va à sa rencontre, l’embrasse, lui enlace la taille et lui dit : Nous allons au bord du lac. Maude ne comprend rien à son petit manège mais se laisse guider.

    Regarde chérie, vois-tu ce bateau ? Et bien il est à nous. Après quinze heureuses années passées ensemble et pour tout le bonheur que tu m’as donné, je me suis dit que tu méritais cette barque que j’ai créée de mes mains. Voilà pourquoi je faisais des heures supplémentaires. Mon patron m’a aidé à choisir les plus belles planches. Je l’ai peint jaune et gris car je sais que tu aimes ces couleurs pour avoir peint le portail jaune et gris et m’avoir dit que ce serait une belle harmonie avec les roses.

    Je suis allé aussi en ville pour acheter une voile. Une voile solide bien que les vents ici ne soient jamais forts mais je souhaitais te faire un beau cadeau.

    Tu sais Maude, je suis déjà venu seul ici pour essayer le bateau, je voulais voir sa tenue sur l’eau et tout est parfait. En été, lorsque je rentrerai du travail, au lieu de manger à la maison, nous irons tous les deux voguer et regarder les oiseaux. Je me suis déjà fait des amis.
    La première fois, lorsque j’ai mis le bateau à l’eau, le cygne est venu s’installer sur la voile et tous les jours suivants et ces deux oiseaux ne quittent plus le cygne. Le chien appartient au pêcheur qui a sa cabane plus loin. Nous avons fait connaissance et avant de partir, il m’a dit, si vous avez envie de poissons, venez avec Madame et je vous mijoterai un bon petit plat. J’ai trouvé très sympathique de sa part.

    Encore un peu étourdie, Maude écoute sans rien dire et des larmes de bonheur perlent sur ces cils.

    – Quel joli cadeau tu m’as fait Félicien ! C’est trop de bonheur. Et tout cela avec tes mains ?
    Quel petit cachotier tu fais. Je suis encore toute émue.

    Lorsque le temps le permettra, je préparerai un joli panier de pique-nique et nous mangerons dans la barque.
    Au fait, il faudra lui trouver un nom !

    – Tu as raison ma chérie, nous allons y réfléchir.

    Mais avant de rentrer, j’ai à cœur de te lire ceci et surtout ne bouge pas…

    Le printemps d’Emile Verhaeren

    Tout ce qui vit autour de nous

    Tout ce qui vit autour de nous,
    Sous la douce et fragile lumière,
    Herbes frêles, rameaux tendres, roses trémières,
    Et l’ombre qui les frôle et le vent qui les noue,
    Et les chantants et sautillants oiseaux
    Qui follement s’essaiment,
    Comme des grappes de joyaux
    Dans le soleil,
    Tout ce qui vit au beau jardin vermeil,
    Ingénument, nous aime ;
    Et nous,
    Nous aimons tout.

    Nous adorons le lys que nous voyons grandir
    Et les hauts tournesols plus clairs que le Nadir
    – Cercles environnés de pétales de flammes –
    Brûlent, à travers leur ardeur, nos âmes.
    Les fleurs les plus simples, les phlox et les lilas,
    Au long des murs, parmi les pariétaires,
    Croissent, pour être proches de nos pas ;
    Et les herbes involontaires,
    Dans le gazon où nous avons passé,
    Ouvrent les yeux mouillés de leur rosée.

    Et nous vivons ainsi avec les fleurs et l’herbe,
    Simples et purs, ardents et exaltés,
    Perdus dans notre amour, comme dans l’or, les gerbes.
    Et fièrement, laissant l’impérieux été
    Trouer et traverser de ses pleines clartés
    Nos chairs, nos coeurs, et nos deux volontés.

    Voilà ma chérie, maintenant tu peux bouger et ouvrir les yeux.

    Ma petite femme, je t’aime ! Moi aussi, Félicien.

    Félicien ! J’ai trouvé le nom du bateau…nous le baptiserons « Phlox ». Il vivra très longtemps…et j’en planterai dans le jardin !

    Comment by Denise — 18 avril 2009 @ 16:23

  3. Parle-moi, parle-moi en silence
    Avec tes lèvres sur mon corps
    Tes doigts dessinant sur mon dos
    Ces mots au parfum d’encens
    Ces gestes tendres et forts
    Qui font brûler ma peau

    Parle-moi, parle-moi avec le regard
    Ton corps humide sur le mien
    Pour que nos corps paisibles d’amour
    Dans un seul voyage, un seul départ
    Chantent ensemble les mêmes demains
    Comme des oiseaux à l’aube du jour

    Parle-moi, parle-moi avec le cœur
    Accroché a l’éclat de tes yeux
    Perles de Mozart sur un piano
    Parle-moi, parle-moi de bonheur
    Des jours qu’on voudrait heureux
    Parle-moi, avec l’absence de mots…

    Comment by Armando — 18 avril 2009 @ 20:38

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