Le regard troublé et troublant de la lectrice
Elle a le regard troublé et troublant des lectrices qui quittent un livre avec tristesse. Parce que celui-ci, pendant un moment, a été le compagnon des jours et de certaines nuits, parce qu’il l’a emportée loin, très loin dans un pays imaginaire où elle s’est reconnue. Parce que, déjà, cette vie qu’elle vivait à travers le livre lui manque comme nous manque celui dont le départ est imminent, mais qui est encore assis au salon.
Elle sait pourtant qu’elle pourra un jour entrer dans le livre à nouveau, qu’il lui livrera quelque chose qu’il ne lui a pas raconté la première fois. Elle sait pourtant tout cela. Mais la lectrice de Vasili Zaitchenko aurait bien voulu que cette fois le livre ne se termine jamais.