Lali

30 juillet 2023

En vos mots 849

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

Y a-t-il encore des gens qui lisent ainsi sur des terrasses ou si tout le monde est passé définitivement aux liseuses, aux tablettes et aux téléphones?

À vous de nous le dire, en vos mots, afin de donner vie à cette illustration de l’artiste belge Stéphane Dethy. Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain.

Vous avez donc sept jours devant vous pour écrire quelques lignes et lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier.

D’ici là, bon dimanche, bons derniers jours de juillet et bon début d’août!

5 commentaires »

  1. Des géants de papier

    Les chaises de l’égoïsme gravissent l’équerre des platanes de marbre.
    Les grilles de fonte s’enroulent au plancher de miroirs défaits
    où les fenêtres se reflètent sur l’écorce des temps qui passent.
    Des tables s’éclatent une à une emplies de livres dépliés.

    C’est cet homme au regard tranquille qui lit, sans un bruit,
    qui lit, sous le feuillage tranquille de l’intérieur, dans la douceur
    des chaussures cirées ( et du tronc placide de l’arbre, il consulte
    les nouvelles qu’il a déjà entendues, s’approchant si près
    de la tache rougeoyante et du tronc placide de l’arbre,

    qu’il engrange mille mots,
    comme de ceux qui disent : « Tu as vu ! »,

    et lui, souriant … il lit calmement les nouvelles du Monde. )

    https://i.pinimg.com/originals/71/22/0b/71220b7c76895353e88a72f19616b13a.jpg

    Comment by Cavalier — 31 juillet 2023 @ 7:44

  2. Moi, l’immigré

    « Et passent les caravanes »

    Les épaules pliées sous le poids de l’enclume,
    Je passe mon chemin vers la cité grandiose,
    Hors l’asphalte ennemi sous les platanes en plumes
    Déjà se dénudant aux relents de pluviôse.

    Là-bas, où les plombiers remplissent tout l’espace,
    Câblant des neurones aux ténèbres automnaux,
    Remaillant des filets sur moultes carapaces
    Et brasant des tuyaux en beaubourgs infernaux.

    J’aperçois un grand chien filant des chats d’airain,
    Plus fort que mes envies, plus souple que mes doigts.
    Je lui crie : L’ami vient ! Il a l’œil vipérin,
    Ne bronche pas d’un poil, et sa queue seule ondoie.

    Las ! J’arrive à l’hôtel pour y passer l’hiver,
    On me montre ma niche, on me dit être chien,
    Le taulier n’entend rien quand j’aboie mon calvaire :
    J’étais en mon pays un bon électricien !

    Comment by Mon chemin de croix sous les platanes en plumes — 1 août 2023 @ 4:47

  3. Nous avions convenu de nous rencontrer au Coin du Poète. Un café de bonne tenue et convivial, connu de toute la jeunesse du quartier et de quelques révolutionnaires de salon, qui aiment se rencontrer à la fin du jour, et jouer les Robespierre ou Gosselin pour refaire le monde. À leur image. Évidemment. Le plus drôle est qu’ils semblent persuadés qu’il serait meilleur. Alors qu’il ne serait qu’à leur image. Versatile et immature.

    Pedro était en avance. De loin j’ai vu son chaleureux sourire. Cela m’a rassuré quelque peu, puisque, pour une fois, j’étais en retard. Je suis toujours à l’heure. Souvent en avance.

    Faut croire que mon retard n’avait pas inquiété Pedro. Dix minutes?… Tu appelles cela un retard, mon ami?… Laisse-moi rire. À Lisbonne. un retard jusqu’à une demi-heure ne compte pas. On marque une heure, mais il faut savoir qu’à Lisbonne chacun a sa montre réglée différemment. Certains doivent même avoir leur montre réglée sur Buenos Aires ou Vancouver. Plus d’une heure, ça, mon ami, c’est ce que j’appelle avoir du retard. Alors dix minutes… Ouf!… Des miettes. Ça ne mérite même pas qu’on perde une once de notre temps à en parler.

    Je l’ai regardé, amusé, en me disant que pour quelque chose qui ne méritait pas qu’on en parle, il avait tout de même usé quelques vocables et comparaisons cocasses. Entre Lisbonne et Buenos Aires, il y a tout de même quatre heures de décalage et pour Vancouver…

    Pedro a décidé de me faire l’honneur de me raconter sa vie de baroudeur. De vagabond, né de personne. Il s’était fait tout seul, au gré des solitudes et des bars de nuit. Les seuls toujours prêts à l’accueillir les bras ouverts. Jusqu’aux heures où le sommeil gagne le combat. Cela l’empêchait de trop penser. Puis, un jour, à cause d’un dernier yogourt au stevia laissé dans un rayon de supermarché, il avait fait la connaissance de celle qui avait changé sa vie. L’instant enchanteur où un regard nous dit que l’amour est possible. C’est simple l’ami, elle est l’air que je respire. Sans elle j’étouffe.

    À mon tou, je lui ai raconté des bribes de ma vie. Éparse mais bourgeoise. Une vie de fonctionnaire, dans une grande institution. Avec tout ce qui s’ensuit. De rêves des choses toujours remises à plus tard. Pour un jour qui n’est jamais venu. Mais je n’avais pas de remords. J’avais étudié sans compter les nuits volées au sommeil, pour ça. Une vengeance sur l’enfance d’un moins que rien, toujours cachée dans un coin de ma tête…

    Puis nous sommes restés silencieux. Heureux d’être ensemble. Mais silencieux. Non parce que nous n’avions plus rien à nous dire, mais parce que nous avions plongé dans les mots de l’autre. Comme on plonge dans un monde inconnu qu’on voudrait comprendre.

    Le téléphone. Pedro a répondu. Oui… oui… d’accord. Bisous. Puis, il se tourna vers moi et me dit : Faut que je rentre. Mon oxygène a besoin de moi. Demain ici, à la même heure?…

    Demain à la même heure. Avec dix minutes de retard!… Nous avons éclaté de rire.

    En le voyant partir, j’ai pensé aux mots d’un poète. Celui qui part ne s’en va jamais seul. Il prend quelque chose de nous et nous laisse quelque chose de lui.

    Comment by Armando — 3 août 2023 @ 23:42

  4. Des platanes en viatique … c’est dit

    On a lu
    Pour l’espace perdu
    En mémoire du manque
    Quand le soir est en dû

    On a lu
    Pour le temps dépassé
    Sur l’horizon addict
    Quand l’aurore est au gué

    On a lu
    Pour un bout d’espace-temps
    Un morceau d’absolu
    Quand la plume s’effeuille

    On a lu
    En lisière des voix
    – Platanes en viatique
    C’est dit

    Alors
    Je rêverai pour toi
    L’impériale caresse
    J’habillerai d’automne
    Les tuiles de ton toit

    Au vent de la sagesse
    Au râle qui résonne

    Comment by Ffup de Bretagne — 4 août 2023 @ 5:28

  5. A Bruxelles il est un un lieu
    Où chacun s’abrite
    Sous les arbres quand il pleut,
    Mieux qu’une guérite.

    On peut tout y observer,
    Tout bien à l’envi,
    En étant bien protégé
    Du soleil aussi.

    De Markten, c’est un café,
    Tout suite je l’ai vu,
    Sans lire le nom annoté,
    Je l’ai reconnu.

    On vient y lire le journal,
    Se détendre, travailler,
    Qu’on vienne de Montréal,
    De Paris, du monde entier.

    Là au Vieux Marché au Grain,
    Près de Sainte-Catherine
    Vous sentirez l’air marin
    A pleines narines.

    Près de là au coin de la rue
    Vous trouverez des romans,
    Chez Ariane de Tulitu
    Où choisir est un tourment.

    Puis au marché au poisson
    Vous ferez un tour
    Pour compléter la moisson
    Réussie du jour.

    Comment by anémone — 6 août 2023 @ 7:39

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