Il y a longtemps, il me semble, que n’a paru le journal du pays de Lali. Or, la lecture du Dictionnaire d’anti-citations de Franz-Olivier Giesbert m’ayant tant fait sourire, j’ai décidé de lui consacrer ce dimanche et de publier une nouvelle édition du journal.
Lecteurs et lectrice de journaux, en commençant par le lecteur de l’illustratrice Helena Perez Garcia, sont donc invités à découvrir ces citations notées au fil des ans par l’auteur qui a un sens de la dérision, de l’humour et de la réplique bien à lui, comme on peut le constater par ses mots à propos de la vérité : La vérité, ça ne sert à rien de la dire. Elle change tout le temps.
Quel dommage que les aventures de Maluna Mondschein, illustrées par Tina Kraus, ne soient pas traduites en français. Je crois que l’univers de cette jeune lectrice me plairait beaucoup!
Il a suffi d’une carte postale pour que j’aie 10 ans à nouveau et que je me retrouve installée devant la télé en compagnie de Monique. Pas question de rater les aventures de Fifi Brindacier.
Il a suffi qu’un illustrateur globe-trotter fasse voir à une écrivaine la valise contenant des centaines de dessins postés des endroits où il ont été réalisés pour que celle-ci se laisse prendre au jeu d’écrire à partir de ceux-ci.
Cela donne un album magnifique. Inspiré. Inspirant. Où se côtoient des paysages, des couleurs, des timbres, des oblitérations. Et des poèmes.
Pour qui aime les cartes postales, cet album est presque une série de cartes postales. Plus artistiques que touristiques. Pour qui aime la poésie, ce recueil d’images est aussi un recueil de poèmes.
Pour qui aime les arts qui se croisent, De la ville, il ne reste que toi est un bijou. Rien de moins.
Normand Cousineau et Jennifer Tremblay ont signé ici un album séduisant, à laisser traîner, à ouvrir au hasard. Pour se retrouver à Paris, à Cuba, à Québec, à Londres, à Bruxelles, au Venezuela, ou ailleurs. Là où « tous les panneaux montrent la mer droit devant ».
On ne parle pas de ça ne ressemble pas aux autres romans d’Eva Kavian. Mais il lui ressemble pourtant. Il a le souffle, le rythme auxquels l’écrivaine belge nous a habitué. Mais il est plus grave, plus tourmenté, tout en restant pudique, même si non avare de certains détails.
On ne parle pas de ça réunit des femmes qui ont en commun le fait d’avoir perdu un enfant, mais qui n’en parlent pas. Des femmes qui se sont trouvées par la force du hasard, parce qu’elles devaient se rencontrer, s’entraider, passer à autre chose et laisser derrière elles ces enfants qui leur avaient été enlevés par accident, par suicide, par maladie.
On ne parle pas de ça ne parle pas juste de la mort, de celle qu’on n’attend pas et avec laquelle il faudra composer à jamais, de celle qui vient de manière imprévisible poser sur soi un regard qu’on ne connaissait pas en raison d’un geste irrémédiable extérieur à soi, de celle qu’on espère sans la souhaiter pour que cesse la souffrance.
On ne parle pas de ça parle de la vie, de celle qui demeure, malgré tout, en raison de ce qui est arrivé, et parce que, peut-être la vie est souvent plus forte que la mort, la tendresse étant en mesure de prendre toute la place quand le chagrin est trop immense pour en parler, voire l’évoquer.
Eva Kavian signe avec ce roman destiné aux jeunes adultes un livre bouleversant, tout en nuances et en silences, en regards et en gestes. Un roman percutant. Un roman dont on ne sort pas intact. Un roman comme il en existe trop peu.