En vos mots 162
La lectrice peinte par l’artiste québécoise Francine Gravel s’est endormie après avoir terminé son livre ou parcouru quelques pages. À vous de décider du reste, de ce qui est arrivé avant, de ce qui suivra. À vous aussi de lui inventer le rêve dans lequel elle est plongée puisque la toile est installée pour sept jours et attend que vous la fassiez vivre. En vos mots.
Puisse-t-elle inspirer aux habitués et à d’autres quelques mots que nous lirons avec plaisir dimanche prochain.
Le sable a oublié ses fêlures
Les vagues ont tout effacé
Les mots et leurs blessures
N’ont pas l’air d’avoir existé
Un vieux bateau brise la mer
Les mouettes dansent autour
Au loin un bout de terre
Coupe le ciel en contre-jour
Il y a le rose pâle qui sourit
La mer qui berce le silence
Le jour quitte doucement la nuit
Et voilà que tout recommence
Comment by Armando — 19 mai 2010 @ 19:31
Sur la table, un beau bouquet de fleurs était posé. Des fleurs magiques. Leur délicieux parfum offrait des rêves à tous ceux qui venaient les sentir. Ce soir-là, Adeline et le jeune guitariste ont mis leur nez sur les pétales pour savourer cette exquise odeur. Le jeune garçon pris alors sa guitare et commença à jouer. C’est alors que la jeune fille trouva sa flûte sur la table et accompagna l’enfant. Les notes vibraient dans la pièce, douces et mélodieuses. Chacun vivait son rêve dans une atmosphère où flottaient des sons féériques…
Après un certain temps, la jeune fille retourna à sa lecture et le jeune guitariste continua seul. Tout en lisant, Adeline appréciait le son des cordes de la guitare doux comme une caresse.
Lorsque le jeune garçon vit que son amie musicienne s’était endormie, il repartit sur la pointe des pieds et reprit place dans le tableau…tandis qu’Adeline était déjà au pays des rêves! Elle rêvait d’un très beau poème de Victor Hugo et dans son rêve, elle se prénommait Rose…
Vieille chanson du jeune temps
Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.
J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire: » Après ? »
La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.
Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.
Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.
Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.
Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure
Je ne vis pas son pied nu.
Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.
Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
» Soit ; n’y pensons plus ! » dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.
Comment by Denise — 22 mai 2010 @ 11:08
Soies tissées entre les mots et le cœur
Fils tendus où résonnent et prennent vie les songes …
Et pendant que mes rêves s’effilochent
Sur l’appuie de fenêtre un bonheur est assis
Tendre et facétieux, il siffle sa mélodie
Et sur mes lèvres un sourire s’accroche
Les songes encore tièdes frissonnent et s’étirent
Prêts à s’échapper du cocon de mes bras
Le petit bonheur lui, cligne des yeux, ne bouge pas
Le cœur battant, il attend et soupire
Et dans ce flottement qui prépare le réveil
Sur ma nuque son regard dépose
Les frémissements et le parfum de rose
D’un bonheur juste éclot, né dans mon sommeil …
Comment by Chris — 23 mai 2010 @ 5:20
Rêve petite fille…
Rêve, rêve, petite fille…
Au fifre de lin
Des lendemains chagrins.
Comme au jour
Où tes parents t’ont faite.
Rentre par la fenêtre,
Retrouve tes jours heureux.
La vie est ainsi fête.
Dans la mer, tu peux y lire
Que la princesse a eu son enfant,
Au creux joli de ses mots dits.
Coquillage pour ton oreille,
Sable doré dans tes mains,
Étoile de mer dans tes yeux,
Algue bleue dans tes cheveux.
Dors, dors, petite fille…
Copie ancestrale pas banale,
Unique,
Bras par bras,
Pied par pied,
Tête à l’endroit.
Pleure, pleure, petite fille…
Quant à tes larmes,
Perles nacrées enchâssées,
Laisse-les tout en bas.
Garde-les en trésor,
Dans ta boîte de diamant,
Au fond de ton cœur d’enfant…
Comment by Oxymore — 23 mai 2010 @ 7:19
Douce nostalgie ! Vos mots chantent encore et ils m’enchantent !
Comment by Lautreje — 23 mai 2010 @ 9:21
Quel bonheur de vous lire également Armando, Chris et Oxymore. Vos mots sont si doux…
Merci Lautreje pour votre gentil message!
Bien amicalement
Comment by Denise — 23 mai 2010 @ 15:10