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Une suite décevante

J’avais beaucoup aimé La librairie Morisaki. Vraiment beaucoup. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai entamé la suite de ce roman. Mais celui s’est rapidement effrité. La passion pour les livres, l’amour de la lecture, la vie quotidienne d’une librairie d’occasion, tout cela ne prend guère de place ici alors que c’est ce que je m’attendais à retrouver au fil des pages.

Il est davantage question de la narratrice, de sa vie amoureuse, de la maladie de sa tante que des livres dans cette suite même si quelques trop rares scènes se déroulent dans la librairie. J’aurais souhaité qu’une grande partie du romans soit consacrée à un épisode en particulier, soit ces quelques jours où elle s’est occupée toute seule de la librairie en l’absence de son oncle, le propriétaire. Mais ce n’est pas le cas.

Je suis donc très déçue. Comme c’est souvent le cas quand on demande à des auteurs une suite à des romans qui ont fait leurs preuves (et de belles ventes, je suppose) alors qu’ils n’en ont nul besoin.

Je retiendrai tout de même cette citation empruntée à un auteur dont le nom est tu : « Les hommes oublient beaucoup de choses. Vivre, c’est oublier. Mais les émotions laissent une trace indélébile, comme les vagues sur le sable. »

La librairie Morosaki

Dès les premières pages de La librairie Morosaki, vous tomberez sous le charme et vous irez de page en page avec ce même plaisir tant ce roman est réjouissant. Véritable invitation à la lecture, mettant en scène une jeune femme qui se relève d’une rupture amoureuse et qui n’a jamais lu dans sa vie, ce roman d’un peu moins de 200 pages vous donnera envie de lire, de découvrir la littérature japonaise et de profiter du moment présent. Comme apprend à le faire Takado alors qu’elle se retrouve chez son oncle, qui a repris la gestion de la librairie d’occasion familiale.

C’est là, au milieu des livres, qu’elle découvre la passion de lire. Celle-ci ne la quittera plus, la poussant à découvrir des écrivains et des styles, à rencontrer des personnes qui ont ce même intérêt, cette soif inextinguible qui est la mienne. Est-ce la libraire que j’ai été pendant un quart de siècle ou la dévoreuse de livres depuis toujours qui a été séduite? Je ne suis pas en mesure de pencher pour l’une ou l’autre des réponses. C’est sûrement un mélange des deux.

À dire vrai, j’ai eu du mal à quitter ce roman tant j’y étais bien, tant j’aimais cette atmosphère, tant j’aurais voulu entrer dans cette librairie et dans toutes celles installées dans cette rue, chacune ayant sa spécialité, de la littérature moderne aux manuels scolaires. Je m’imaginais facilement passer là des heures et des heures et rentrer avec des provisions pour des semaines. J’aime tellement les librairies d’occasion que je ne dirais pas non plus tard, l’heure de la retraite venue, à travailler quelques heures par semaines dans un tel lieu, ou alors au bureau de poste.

Mais je n’en suis pas là. Je vais continuer à fréquenter ces endroits et à lire, lire, lire.