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Un dimanche à Bruges 3

PEARCE (Bryan)

Les villes surtout ont ainsi une personnalité, un esprit autonome, un caractère presque extériorisé qui correspond à la joie, à l’amour nouveau, au renoncement, au veuvage. Toute cité est un état d’âme, et d’y séjourner à peine, cet état d’âme se communique, se propage à nous en un fluide qui s’inocule et qu’on incorpore avec la nuance de l’air.
(Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte)

*toile de Bryan Pearce

Un dimanche à Bruges 2

PAUWELS (Jos) - 10

Mais plus tard, resté seul, il s’était ressouvenu de Bruges et avait eu l’intuition instantanée qu’il fallait s’y fixer désormais. Une équation mystérieuse s’établissait. À l’épouse morte devait correspondre une ville morte. Son grand deuil exigeait un tel décor. La vie ne lui serait supportable qu’ici. Il y était venu d’instinct. Que le monde, ailleurs, s’agite, bruisse, allume ses fêtes, tresse ses mille rumeurs. Il avait besoin de silence infini et d’une existence si monotone qu’elle ne lui donnerait presque plus la sensation de vivre.
(Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte)

*toile de Jos Pauwels

Un dimanche à Bruges 1

BROOKS (Nicholas Alden)

L2 4 février 1892 débutait la parution en feuilleton, dans les pages du Figaro, de Bruges-la-Morte de l’écrivain belge Georges Rodenbach. Ce roman, considéré comme un chef-d’œuvre du symbolisme, m’avait séduite il y a quelques années, comme le prouve ce billet publié ici. Ce qui m’a donné l’idée de le laisser ouvert sur la table en ce dimanche afin que tous ceux qui passeront au pays de Lali puissent trouver là des phrases ou des paragraphes qui leur sonneront peut-être envie de ce plonger dans ce roman.
En commençant par cette citation :
On ne jouit du bonheur, comme de la santé que par contraste. Et l’amour aussi est dans l’intermittence de lui-même.

*toile de Nicholas Alden Brooks

Le premier mot 3

MARCHELIDON (Hervé)

Je me rêve dans chaque pas du temps,
J’aime dans le plus sanglant combat.

J’éprouve, doubles, mes ressemblances.

Gatien Lapointe, Le premier mot

*choix de la lectrice d’Hervé Marchelidon

Le premier mot 2

BLANCHET (Fanny)

Le jour, dis-je, ma solitude brille,
Le seuil du fleuve s’ouvre, infini;
J’ai tous les yeux de mon amour.

Gatien Lapointe, Le premier mot

*choix de la lectrice de Fanny Blanchet

Les vacances du lion heureux

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Coup de cœur pour cette jolie scène de l’écrivain et illustrateur d’origine suisse Roger Duvoisin, envoyée de Russie par Lana. Je ferais bien un tour de montgolfière moi aussi…

Ce que mots vous inspirent 2148

MONGEZ (Angélique)

Il y a des gens qui ont besoin de faire, moi, j’ai juste besoin d’être. (Pascal Garnier)

*toile d’Angélique Mongez

Le premier mot 1

BOYER (Richard)

À chaque détour du chemin,
Sur chaque visage du temps,

Souffle cherchant sa chair,
Mot entre vie et mort,

J’esquisse une intolérable caresse.

Gatien Lapointe, Le premier mot

*choix de la lectrice de Richard Boyer

Ce que mots vous inspirent 2147

MONTANARI (Eva)

Le temps confirme l’amitié. (Henri-Dominique Lacordaire)

*illustration d’Eva Montanari

Les poèmes de Pouchkine 5

DAWSON (Joseph) - 1

Le désir fait brûler mon sang,
d’amour tu m’as l’âme blessée.
Donne tes lèvres : tes baisers
me valent la myrrhe et le vin.
Penche sur moi ta tête tendrement
que je goûte un sommeil sans trouble
jusqu’au souffle joyeux du jour
qui chassera l’ombre nocturne.

Alexandre Pouchkine, Poésies

*choix de la lectrice de Joseph Dawson