Il y a longtemps que je n’avais lu un roman d’Éric Neuhoff alors que c’est un écrivain qui ne me déçoit jamais. Chaque fois, je me laisse emporter par ses histoires, ses phrases courtes, sa façon d’aller droit au but tout en vagabondant, question de saisir la nature de chaque personnage.
Rentrée littéraire, roman publié en 2022, est nostalgique à souhait. Il remet en question l’avenir des petites maisons d’édition dans un marché où il ne semble y avoir de la place que pour les géants. Et pour la libraire que j’ai été pendant près d’un quart de siècle, ce constat a quelque chose de triste. Oui, il faut aller de l’avant, penser autrement, accepter que tout évolue, mais peut-être pas au bénéfice de tous.
Pierre et Claire, les protagonistes de Rentrée littéraire, sont forcés d’accepter qu’ils vieillissent dans un Paris qui n’est plus ce qu’il a été.
Tout finira bien par finir. Alors, aussi bien s’étourdir une dernière fois avant la chute. Voyager, recevoir des gens, fréquenter des restaurants où se croisent gens de lettres de tout acabit, s’aimer. Car c’est aussi une histoire d’amour, une histoire qui ne peut prendre fin.
Un roman qui se lit d’une traite, et que j’ai beaucoup aimé, n’en déplaise à ceux et celles qui n’ont pas été touchés par cette histoire. Un roman dans lequel certains se retrouveront sûrement, qu’ils soient issus du monde littéraire ou non. La nostalgie n’est pas spécifique à cet univers.


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