Lali

12 septembre 2006

Une lectrice prévoyante

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 7:45

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Cette toile de Jose Luis Lazaro Ferre a quelque chose de rassurant. Car je trouve inquiétant, dans mon cas, le fait de ne pas avoir de livres d’avance, bien davantage que celui de voir à l’occasion les tablettes du frigo peu garnies.

J’ai besoin de cette abondance, de pouvoir choisir à même mes livres non lus, sélectionnés pour leur auteur, pour le sujet, pour l’impression fugace lors de l’achat. Puisque je ne lis pas tout de suite ce que j’achète, mais emmagasine, pour après choisir une seconde fois, comme si je me constituais une propre librairie à domicile, où tous les livres m’appelleraient à tour de rôle.

Enfant, quand nous partions en vacances, il m’importait plus d’avoir suffisamment de livres que de vêtements. Je n’ai pas trop changé, je crois. C’est encore dans les librairies et chez les disquaires que je me sens le mieux, et non pas dans les magasins de vêtements.

Manquer de livres ne m’est heureusement jamais arrivé. Alors que la phrase de celles qui ont trop de vêtements est « Je n’ai rien à me mettre! » Preuve, peut-être, que le jeu de séduction entre lecteur et le livre dure beaucoup plus longtemps que celui entre magasineuse et vêtements.

Oui, décidément, j’aime beaucoup cette toile, le semi-confort de celle qui lit et qui a, autour d’elle, réuni en piles les projets des jours et des semaines à venir. Pousserai-je jusqu’à dire qu’elle a le sens des valeurs ? Oserai-je ? Allez, pourquoi pas ? Voilà ici une vraie lectrice, une dévoreuse de livres. Et il fait bon me retrouver en elle.

2 commentaires »

  1. Cette toile est de fait magnifiquement rassurante. Cette femme a la vie devant elle pour lire, bouquiner à l’aise, au gré de ses humeurs : son temps n’est pas compté. Aucun stress ne la crispe, aucune préoccupation intérieure ne la détourne de sa lecture.
    En pantoufles et peignoir, elle ne craint pas davantage d’intrusion extérieure. Le dehors est inexistant tandis qu’elle est là, on le sent, pour un bon bout de temps, sans danger de se faire happer. Ca, c’est un moment où il fait bon vivre…

    Comment by marianne — 12 septembre 2006 @ 11:52

  2. Non moi ce que je trouve rassurant, ce ne sont pas la tenue ni les coussins (même si le coussin sur le ventre rassure beaucoup Dieu sait pourquoi, ça m’a toujours intriguée d’observer ça chez certaines personnes), non ce qui rassure ce sont les piles de livres pour « voir venir ». Au cas où ça ne me plairait plus, au cas où le le livre se lirait trop vite, ou juste pour le plaisir de varier, oui je connais cette boulimie.. un peu lourde( dans tous les sens) à gérer quand on part en vacances!

    Comment by marie — 5 janvier 2007 @ 11:10

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