Lali

18 février 2010

Un roman non conventiennel, un auteur à découvrir

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 20:43

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Benfica, un quartier de Lisbonne, début du XXe siècle, une famille, trois narrateurs pour nous raconter celle-ci, ses bonheurs, ses tristesses, comme ses rêves et ses désillusions. Telle est la trame de Cimetière de pianos de José Luis Peixoto, touche-à-tout de la littérature, s’étant frotté au roman, à la poésie, à l’écriture dramatique et à celle de paroles de chansons, et dont on dit qu’il est l’écrivain portugais le plus prometteur de sa génération.

Benfica, donc, la voix d’un père qui vient de mourir, mais qui reste omniprésent, voyageant dans le temps, alors qu’il (se) raconte, et raconte les siens, sa femme, ses enfants devenus adultes et même parents, puis ces derniers à nouveau petits, de l’âge de ses petits-enfants. Tout cela, sans ordre chronologique, comme les souvenirs nous viennent parfois. Même ceux dont il n’a pu être témoin de son vivant, mais qu’il sent, qu’il sait, qu’il raconte aussi.

Voix d’un fils qui courra le marathon aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912, voix aussi du fils de celui-ci. Voix qui s’entremêlent et qui parfois se mêlent. Qui est le père? Qui est le fils? L’histoire se répète-t-elle toujours?

Et derrière la porte de la menuiserie où chacun des hommes du roman a travaillé, un cimetière de pianos. Là où chacun a ses secrets, des morceaux d’histoire qui lui sont propres et tant de rêves que nul ne vivra jamais jusqu’au bout. Et au centre de tout cela des voix d’enfants, leurs rires.

Pour le lecteur, un roman fascinant qui raconte une famille, une époque, des moments de tendresse ou de violence, parce que telle est la vie. Une vie faite de tous ces moments décousus qui s’additionnent et qui donnent un roman non conventionnel aux voix multiples et surtout pas chronologique, ce qui pourrait en dérouter certains. Aussi bien que je vous prévienne.

6 commentaires »

  1. J’aime les morceaux de puzzle, on peut s’attarder longtemps sur une pièce, la regardant sous plusieurs angles puis, on la glisse entre les doigts, on cherche, on essaie de la placer, de la remettre dans son contexte.

    Comment by Lautreje — 19 février 2010 @ 3:28

  2. Cela me fait penser au cimetière des livres oubliés…Tu as lu L’ombre du vent ?…

    Comment by Petit Poucet rêveur — 19 février 2010 @ 15:24

  3. « Le cimetière de pianos » c’est joli surtout s’il y a Chopin comme croque-mort…

    Comment by Fou à Lier — 20 février 2010 @ 0:40

  4. Bonsoir Lali
    Je poursuis ma découverte de José Luis Peixoto en me plongeant après « Une maison dans les ténèbres » dans « Le cimetière de pianos » et je voulais te communiquer un extrait d’un entretien qui se trouve sur son site et qui donne un bel éclairage sur ses livres. Je suis sous le charme de cet auteur.
    « Depuis, et encore aujourd’hui, quand quelqu’un m’interroge sur ce qui influence mon écriture, j’ai presque la certitude que les mots que me disait ma grand-mère quand nous étions assis au soleil ont été plus importants pour moi que tout ce que j’ai lu de Dostoïevski. La mère de ma mère ne savait guère écrire autre chose que son nom. Mais elle savait plus important. Elle savait beaucoup des secrets de la vie. Aujourd’hui encore, j’arrive à entendre sa voix. Elle me parlait des mystères de la terre et des gens. Elle me parlait en mots simples qui étaient le centre d’une vérité essentielle. Aujourd’hui encore, quand j’écris, j’arrive à entendre la voix de ma grand-mère sous l’ombre du soleil.
     Alors que j’écrivais Sans un regard, j’ai assisté à la naissance de mon premier enfant et accepté la mort de mon père. J’ai appris lentement, il n’y a pas d’autre façon, que la vie et la mort sont la terre et le ciel, qu’elles sont le sang et la lumière, le temps et l’obscurité, la joie et la déroute, la peur et l’amour. Alors que j’écrivais Sans un regard, j’ai appris à croire que seuls les miracles sont dignes d’être déposés dans le creux de la main de ceux que nous aimons, j’ai appris que c’est seulement pour eux que nous pouvons écrire et que les mots vrais sont des miracles qui se donnent dans le creux de la main. »
    Ton site est vraiment magnifique !!

    Comment by nadejda — 2 juin 2011 @ 18:13

  5. Merci Nanedja!

    Cet extrait de son entrevue donne encore davantage le goût de découvrir cet auteur!

    Comment by Lali — 2 juin 2011 @ 18:35

  6. Moi je suis allé au cimetière du coin et j’ai demandé gentiment à une vieille dame qui était assisse à regarder passer le temps :
    « Bonjour Madame (les préliminaires, ça c’est tout moi!!!) c’est par où le cimetière des pianos, j’écouterais bien un coup de Maria João Pires »
    -Je ne parle pas français, pauvre con, m’a répondu la vieille dame dans la langue de Molière.
    -Ah c’est bien dommage que vous ne parliez pas français… »
    C’est vrai que j’ai manqué de chance sur ce coup, ne croyez-vous pas?…

    Comment by Pépé de la plage — 3 juin 2011 @ 5:42

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