Lali

19 avril 2011

Un narrateur et ses démons

Filed under: À livres ouverts,Mes lectures belges — Lali @ 20:51

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Dès les premières pages, alors que le compte à rebours commence, l’auteure ayant donné à chaque chapitre l’heure précise des événements en cours en guise de titre, on sait que ça va mal finir. La vie dissolue du personnage principal, Hugues, qui fait office de narrateur omniscient s’adressant à lui-même en se tutoyant, n’est qu’une suite de fuites. Ex-journaliste, ex-mari, ex-père de famille, ex-concubin, ex-lui-même, il n’a plus rien devant lui qu’une poignée de pilules, des cigarettes et des bouteilles d’alcool pour venir à bout de ses journées inlassablement identiques, sans issue de secours. Seule sa mère semble encore croire qu’il sortira de sa désespérance et de sa procrastination alors que même son miroir lui dit le contraire. Tout comme son linge sale accumulé et éparpillé.

Chaque chapitre est à la fois un constat double : les gestes effectués à cette minute précise (chemise qu’il enfile, verre qu’il se sert, achats, etc.) et les souvenirs dans lesquels il plonge. Sa vie avec Marie. La mort de son père. La naissance de son quatrième enfant. Ses rêves de devenir écrivain. Mais il est trop tard pour rêver, pour imaginer que demain la vie sera différente. Et si Hugues ne le comprend pas tout de suite, le lecteur lui le sait. Lui qui le suit pas à pas et qui a envie de le secouer même s’il sait que ce geste serait vain. Comme il sait que tout ça finira mal grâce à la savante construction de Régine Vandamme dont j’avais tant aimé À voix basse, laquelle sait petit à petit nous mener vers l’inéluctable.

Un roman réussi à tous les points de vue, mais dans lequel ne pas plonger si vous ne vous sentez pas apte à lire ce à quoi peut ressembler la déchéance d’un être humain.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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