Lali

2 octobre 2016

Un dimanche avec Heredia 8

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 16:01

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Fleur séculaire

Sur le roc calciné de la dernière rampe
Où le flux volcanique autrefois s’est tari,
La graine que le vent au haut Gualatieri
Sema, germe, s’accroche et, frêle plante, rampe.

Elle grandit. En l’ombre où sa racine trempe,
Son tronc, buvant la flamme obscure, s’est nourri;
Et les soleils d’un siècle ont longuement mûri
Le bouton colossal qui fait ployer sa hampe.

Enfin, dans l’air brillant et qu’il embrase encor,
Sous le pistil géant qui s’érige, il éclate,
Et l’étamine lance au loin le pollen d’or;

Et le grand aloès à la fleur écarlate,
Pour l’hymen ignoré qu’a rêvé son amour,
Ayant vécu cent ans, n’a fleuri qu’un seul jour.

José-Maria de Heredia, Les trophées

*toile de Franz von Defregger

Un commentaire »

  1. Arbre du serpent
    ———-

    Dans le premier jardin les premiers humains campent,
    Ils ne travaillent point, c’est Dieu qui les nourrit.
    Aucun arbre au verger jamais ne dépérit,
    L’un d’entre eux sert d’abri pour le démon qui rampe.

    Eve en un clair ruisseau chaque matin se trempe;
    Souvent, dans ces moments, Gabriel lui sourit.
    Sur l’arbre du serpent un rouge fruit mûrit,
    L’ange dit qu’on pourrait en faire des estampes.

    La nuit gagne la plaine et le jardin s’endort,
    Le serpent sur le sol pose sa tête plate;
    Un songe surprenant fait frémir ses yeux d’or.

    Le fruit toujours grandit et devient écarlate,
    Gabriel est meurtri d’un impossible amour;
    Son corps d’ange à présent lui paraît un peu lourd.

    Comment by Cochonfucius — 21 juin 2020 @ 6:06

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