Lali

29 juin 2007

Les clients

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:05

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Il a été le premier de la journée. Il lui fallait son journal pour aller lire au café. Il n’a pas traîné parce qu’il avait hâte de s’installer pour le dévorer. Peut-être a-t-il un peu discuté, mais vraiment pas longuement.

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Une heure plus tard, celui-ci est entré. Il partait à la plage. Il lui fallait quelque chose qui allait l’empêcher de s’endormir en plein soleil. Ça a fait sourire la libraire. Et probablement qu’il a souri aussi. Et qu’il continue de sourire là, près de l’eau, alors qu’il est plongé dans ce qu’elle a trouvé pour lui et qui va au delà de ses espérances. Le livre le tient plus qu’éveillé, il est passionnant.

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Il est entré tandis que l’autre sortait. Il n’est pas resté longtemps : il savait exactement ce qu’il voulait et il avait hâte de partir pour la plage. Et le voici assis à quelques mètres du lecteur qui ne voulait pas s’endormir. Ils ont même peut-être roulé l’un derrière l’autre. Ils ont peut-être des fils du même âge qui jouent en ce moment ensemble, pas loin. On peut même penser qu’ils finiront par se parler et qu’ils s’amuseront de leur itinéraire du jour en tous points identique.

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Elle a trouvé le conseil farfelu, mais s’est dit pourquoi pas. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait. Un roman, un récit de voyage, un essai, une biographie? La libraire avait bien tenté de l’aider, mais la cliente ne savait vraiment pas ce qu’elle avait de lire. Jusqu’à ce qu’elle suggère à la lectrice en quête d’ouvrir un livre puis un autre au hasard, de lire quelques lignes et de repartir avec celui qui l’aura séduite. Et c’est ce qu’elle a fait. Il en fallu une vingtaine. Et puis, le coup de foudre pour une phrase. Puis pour la suivante. Et pour le paragraphe en entier. Et la voilà debout, alors que le thé infuse, le livre entre ses mains, comme un cadeau inespéré. La séduction opère toujours.

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C’est la dernière cliente de la journée. Venue chercher un livre commandé pour l’offrir à un ami. Un livre qu’elle a lu il y a longtemps et que la libraire a lu aussi, de telle sorte qu’elles ont échangé longuement sur ce livre, sur cet auteur si peu connu dont l’écriture les a toutes deux bouleversées. Elle n’a pas voulu de sac. Peut-être que quelqu’un allait lui demander en chemin Que lisez-vous? et qu’elle aurait le bonheur de le faire découvrir.

Les lecteurs de Victoria Tubau ne se connaissent pas, mais ils ont en commun une librairie et une libraire. Peut-être même une qui ressemble à celle que j’ai été.

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