Lali

28 février 2011

Le doute comme personnage central

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 20:02

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Lors du 12e Festival international de littérature Métropolis bleu à Montréal en avril 2010, Lídia Jorge a participé à une table ronde où elle a longuement parlé d’écriture et du rôle de la poésie dans la littérature portugaise, laquelle est immensément présente dans le roman, genre qu’elle pratique depuis trente ans. Une poésie pas au sens propre, mais une poésie dans la façon de créer des images, de susciter des impressions, de créer des atmosphères.

Et c’est ce qu’elle fait avec succès dans La dernière femme, un roman qui raconte les cinq jours que passe l’Ingénieur en compagnie d’Ana/Anita, de trente-cinq ans sa cadette, dans un lieu reculé, où la confidentialité est assurée et où s’agite un personnel aux limites du presque surréalisme.

L’Ingénieur, homme organisé, prévoyant, faisant des plans pour tout et pour rien et ne dérogeant jamais à ses habitudes quotidiennes et sacrées, en s’isolant ainsi avec une jeune femme dont il s’est épris, va vivre ne cinq jours plus d’émotions troublantes qu’il n’en a vécues dans les presque soixante années de vie. C’est ce trouble qui nous est raconté dans les moindres détails tout comme les questions et les doutes qui l’assaillent à mesure que progresse l’histoire. Des questions qui concernent ce lieu appelé la Maison du Bouquin (où il n’y a pas de livres, ce qui nous donne à penser qu’il s’agit sûrement là d’un jeu de mots faisant référence à un des sens du verbe « bouquiner »), qui concernent aussi Ana, ce qu’il éprouve pour elle, ce qu’il compte faire au bout des cinq jours.

La dernière femme est un livre envoûtant, comme peut être envoûtante Ana aux gens de l’Ingénieur. Déroutant comme peut être déroutante la situation dans laquelle il se trouve. Et dont la chute, le fait de raconter cette histoire jusqu’à un dénouement auquel on ne s’attend pas une libération pour qui l’a vécue. Un grand, très grand roman. « Car Lídia Jorge célèbre le doute comme d’autres le soleil dans le petit matin rose. Humaine et jamais dupe, charnelle jusqu’à la morsure, elle participe d’une littérature plus proche de Dante que de Balzac », affirmait Catherine Argand dans la revue Lire.

Un commentaire »

  1. Dieu a créÉ la première femme… nous voilà à la dernière femme.
    Je sens qu’à force de faire les cons, on va être dans le caca les gars. Surtout si vous n’avez pas appris à repasser vos chemises…

    Comment by Pépé — 1 mars 2011 @ 23:43

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