Lali

17 décembre 2013

Huit personnages en quête d’une autre vie

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:41

vertiges

Qui était présent au Lion d’Or en septembre dernier pour J’attends tes lèvres pour chanter, une soirée animée par Tristan Malavoy dans le cadre du Festival international de la littérature, n’a peut-être pas été emballé par l’événement déployé à partir d’une belle idée, mais mal exploitée. Mais il se souvient encore de ce que Fredric Gary Comeau a raconté de son premier roman. Si bien qu’il n’avait plus qu’une idée en tête : lire Vertiges.

Ceux qui, comme moi, appréciaient déjà les textes de ses chansons et ses poèmes, attendaient ce roman depuis que sa parution avait été annoncée sans même savoir ce que le poète acadien avait bien pu écrire. Simplement parce qu’ils aimaient ses mots, ses tournures de phrases, ses regards. De telle sorte que, quand ils ont appris que Fredric Gary Comeau s’était servi comme point de départ d’un geste qui datait de vingt ans, les fans du chansonnier et ceux qui étaient au Lion d’Or n’aspiraient plus qu’à la lecture de son premier roman.

Et quel roman! Chevelu, décousu, mais ordonné, à la mesure de la démesure des personnages, en commençant par Hope, dont la mère a trouvé, enterré dans le sable du désert du Nouveau-Mexique, un recueil de poèmes, et qui croit dur comme fer que son auteur est l’homme destinée à sa fille, Vertiges peut donner le vertige. Du moins, au début, quand l’auteur nous les présente au moyen de courtes histoires afin que nous comprenions qui est qui et quels liens directs ou directs peuvent mener de l’un à l’autre.

Ils sont sept en plus de Hope. Donc, huit en tout à vivre des vies parallèles. Huit personnages dont l’auteur a choisi de dessiner les contours pour donner le ton, le rythme, l’ambiance et la couleur au roman. Huit personnages qui n’ont rien de banal, d’ordinaire ou de raisonnable. Huit individus au bord du précipice, prêts à sauter ou pas.

Bâti comme un jeu de pistes, le roman a quelque chose de troublant si on accepte de jouer le jeu, d’aller dans toutes les directions à la fois, de suivre les pistes qui mènent nulle part ou partout. Si on s’aventure dans les pas de Hope pour trouver ce qu’elle cherche sans le savoir.

Mais Hope nous glisse entre les mains. Elle est ailleurs. Ou tout près. Incapable de faire des choix. Se laissant porter par les événements, les signes, les rencontres. « Elle voudrait vivre d’images et mourir de silence. » Mais comment y arrive-t-on si jamais c’est possible?

C’est ce que révèle Vertiges en fin de course, par une chute quelque peu inattendue, après une chevauchée poétique de l’univers, là où se croise le réel et l’imaginaire. Là où se dissimulent toutes les raisons évidentes. Là où éclatent celles qui le sont beaucoup moins. Ce n’est pas tous les jours que quelqu’un déterre un recueil de poèmes enfoui sous le sable depuis deux ans

Vertiges devrait faire de nombreuses conquêtes. Ici comme en France où Fredric Gary Comeau a reçu le prix Jacques-Cartier du roman et de la nouvelle de langue française il y a trois semaines.

Texte publié dans

Titre pour le Défi Premier Roman

logo-challenge-tous-prix Titre valable pour le Challenge à tous prix

2 commentaires »

  1. A voir s’il arrivera en Europe !

    Comment by Anne — 18 décembre 2013 @ 11:53

  2. Ho ho mais tu me fais diablement envie ! Je ne connais pas du tout, à suivre de près et je le note dans ma LAL ! 🙂 Merci pour ce beau billet !

    Comment by Asphodèle — 18 décembre 2013 @ 12:03

Flux RSS des commentaires de cet article. TrackBack URI

Laisser un commentaire