Lali

27 juillet 2008

En vos mots 68

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

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Le lecteur de David Penna semble bien pris par son livre. Tellement absorbé qu’il ne vous a pas vus entrer, qu’il ne s’est pas rendu compte non plus que vous l’observez tous, puisque vous avez l’intention de le raconter en vos mots. De nous dire qui il est, peut-être. Ou de nous donner un indice sur ce qu’il lit. Peu importe l’angle que vous choisirez. Peu importe la forme. À vous de choisir votre façon de nous dire le lecteur du jour. En vos mots. Comme chaque dimanche.

Il n’y a pas de règles. Il n’y a que ce regard impressionniste que vous porterez sur lui. Ce regard inquisiteur ou tendre. Ce regard qui est le vôtre.

Dimanche prochain, nous en saurons plus. Pour l’instant, ne faisons pas trop de bruit pour ne pas le déranger…

Bonne semaine et bon dimanche à vous tous!

3 commentaires »

  1. J’avais déchiré mes souvenirs pour être vide de toute mémoire comme un nouveau-né. Cependant je gardais encore en moi une tristesse profonde de ne pas avoir su m’accrocher à un dernier sourire avant de sombrer dans cette espèce d’état second qu’on appelle solitude.

    Le ciel, que j’avais admiré encore il y a quelques minutes, immensément bleu, avec une folle envie de plonger dedans, commençait à accoucher de quelques nuages, en prenant une mine moins joyeuse.

    D’habitude, je m’enivre de musique. De celle qui ne me parle de rien. D’une musique nouvelle. Inconnue. Comme si cela pouvait être synonyme d’une nouvelle naissance. L’ignorance d’une chose me menait à sa découverte. La découverte me menait à renaître. Et toute ma nouvelle vision du monde et des choses aurait forcément changé. Puisque j’aurais un élément nouveau pour regarder le monde. Celui-ci ne serait donc pas pareil au monde que j’avais quitté quelques instantes auparavant.

    Cette fois-ci, cependant, je n’avais pas envie de musique. J’avais envie d’une chose nouvelle. D’un nouveau frisson. Comme un corps qu’enfante, figé de douleur et quelques larmes, un nouvel espoir. Pour respirer. D’abord avec difficulté. Et puis pour vivre. Intensément. Comme si c’était la première fois.

    J’ai regardé la pile de livres qui me dévisageait depuis ce matin. J’ai débord caressé la couverture de Kundera et j’ai souri comme un automate. Je n’avais pas envie de Kundera. Pas plus que de Pessoa ou Sophia, ni aucun autre de ces mots auxquels je revenais régulièrement pour renaître.

    J’avais envie de mots inconnus. De mots nouveaux. J’ai fermé les yeux et puis j’ai tâté mon étagère. Les yeux fermés, j’ai pris un bouquin. Au hasard. Pas trop épais. Toujours les yeux fermés, j’ai ouvert une page au hasard. Je l’ai caressée doucement, avant d’ouvrir les yeux. Puis les yeux ouverts, l’ai regardée intensément avant de pleurer ces quelques mots

    je n’ai plus de visage pour l’amour
    je n’ai plus de visage pour rien de rien
    parfois je m’assois par pitié de moi
    j’ouvre mes bras à la croix des sommeils
    mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
    avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
    je n’attends pas à demain je t’attends
    je n’attends pas la fin du monde je t’attends
    dégagé de la fausse auréole de ma vie

    [Gaston Miron, L’homme repaillé]

    Comment by Armando — 27 juillet 2008 @ 10:22

  2. FICTION

    Dans sa bulle de fiction il est bien concentré.
    Il n’en sortira plus; elle est presque hypnotique.
    Elle l’emporte bien loin de sa vie déguisée
    Où son corps se perd à jouer le grand comique.
    Il est bien plus qu’un clown au gros nez pathétique;
    Il est un écrivain et on l’a bâillonné.

    Flairjoy

    Comment by Flairjoy — 30 juillet 2008 @ 13:53

  3. En fait, Vincent ne lit pas de livre. En réalité, il étudie car demain est un grand jour pour lui. Il passe son examen de médecine, chirurgie.

    Depuis tout petit, cela lui tient à coeur. Il a déjà vu tellement de détresse et de malheur autour de lui qu’il veut venir en aide à son prochain. Il travaille ses cours presque jours et nuits.

    Il dort très peu voulant absolument réussir. Au début, ses parents l’ont aidé financièrement mais cela devient très difficile pour eux. Il y a quelques mois, Vincent a demandé d’obtenir une bourse pour continuer ses études et il l’a obtenu.

    Ce n’est pas évident tous les jours. Il a mis sa vie entre parenthèse pour quelques années. Fini les sorties avec les amis, fini les concerts, fini les voyages et surtout, pas d’attachement. En aucun cas, il veut faire souffrir un cœur. Son vœu, devenir chirurgien. Un grand chirurgien. Il souhaite venir en aide aux enfants blessés par accidents. Au fond de lui, il sait qu’il réussira mais le chemin est long. Il devra réussir encore deux semestres.

    Qu’à cela ne tienne. Vincent est fort dans sa tête. Lorsqu’il aura tout réussi et qu’il sera devenu un chirurgien renommé, il veut absolument rembourser la dette qu’il a envers ses parents.
    C’est grâce à leur aide s’il a pu choisir médecine et chirurgie.

    C’est un homme merveilleux, apprécié de tous.

    Dans un coin de sa tête, lorsque parfois les journées s’assombrissent teintées de lassitude, il a toujours cette citation que sa grand-maman lui disait de temps en temps…

    « Après le verbe « aimer », « aider », est le plus beau verbe du monde.

    Bertha von Suttner

    Comment by Denise — 1 août 2008 @ 15:51

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