Lali

5 mars 2017

En vos mots 517

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

SLABBERS (Ronald) - 1

Dès que j’ai vu cette illustration signée Ron Slabbers, j’ai su qu’elle était pour vous et pour vos mots. Cela a été instantané.

La voici donc à vous pour une semaine, car aucun commentaire ne sera validé d’ici là. Ce qui vous laisse amplement le temps d’écrire une nouvelle ou un poème, voire même une seule phrase, et de lire les textes qui ont été déposés sur la scène livresque de la semaine dernière.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

3 commentaires »

  1. Elle semblait une extraterrestre,
    Grand-mère parfaitement avertie
    Des nouvelles technologies.
    Il était peut-être martien,
    Ce gamin à l’ardeur compulsive
    Pour les bouquins.
    On dit que la téléphonie
    Nous distance de nos voisins.
    C’est pourtant bien la mamie,
    Affublée de ses écouteurs,
    Qui se penchait attentive,
    Vers son jeune compagnon de train.
    Celui-ci, comme bien connu
    De qui a la passion des livres,
    N’entendait ni ne voyait rien.
    Sortons donc de nos préjugés
    Comme quoi i-phones et cellulaires
    Nous couperaient de notre prochain.
    S’ils peuvent nous rendre plus humains
    Et plus proches de nos congénères,
    La lecture, et même le rêve,
    Peuvent nous en éloigner tout aussi bien!

    Comment by Anémone — 5 mars 2017 @ 8:30

  2. Elle ressemblait à sa grand-mère.
    Mais jamais sa mamie à lui, si chérie,
    Ne se serait absorbée comme celle-ci
    Dans un cellulaire.
    Elle se serait penchée avec lui sur son livre,
    Ils auraient partagé émois, frissons, et éclats de rire.
    Alors, comme un défi, comme pour faire revenir sa grand-mère,
    Il se lança soudain un pari.
    Se mettant à lire à voix haute,
    Il devait captiver son attention,
    Et vaincre son inertie.
    La soustraire au pouvoir de la machine.
    Il réussit.
    L’entendant ainsi déclamer,
    Elle s’était tout de suite rappelé
    Le temps où elle-même récitait
    Pour le plus grand plaisir des petits,
    Des fables parfois inventées.
    Elle racontait comme aucune autre.
    Des livres? Jadis toujours elle en emportait
    En voyage.
    Un sac plein, comme ce garçon.
    Cela maintenant lui revenait.
    Et voici que l’histoire s’inversait.
    Elle avait lu pour les enfants,
    Pour qu’ils s’endorment paisiblement,
    Et s’éveillent à la vie aussi.
    Un jeune homme aujourd’hui lisait,
    La tirant de sa léthargie,
    Et lui procurant un réveil
    Vivifiant et frais.
    S’inclinant vers cette jeune vie,
    Elle éprouvait le sentiment
    D’un transport bien plus important
    Que celui du déplacement.
    Elle retrouvait son jeune âge.
    Elle retrouvait qui elle était,
    Au-delà des ans.
    Se réappropriant son existence.
    Reconquérant qui elle était.
    Vraiment.

    Comment by Anémone — 5 mars 2017 @ 9:12

  3. Depuis Noël que grand-mère ne jurait que par son iPad. Un cadeau de son petit-fils qui, lui, continuait à préférer le plaisir de la lecture papier. Où. disait-il, il y avait une âme et où les mots avaient le parfum enivrant d’un imaginaire sans fin. Alors que les nouveaux joujoux informatiques n’étaient pour lui que des gadgets produits au nom d’une consommation rapide et éphémère, où une image chasse la précédente et où un mot hybride aux parfums anglophones assassine sans scrupules un mot centenaire cher qu’une enfilade de mots savants ne pourront jamais décrire.
    Grand-mère le regardait pourtant avec la tendresse de l’âge. Cependant, elle estimait que son petit-fils était vieux jeu, malgré sa jeunesse, et qu’elle s’offrirait une nouvelle jeunesse en profitant du meilleur que les nouvelles technologies pouvaient lui offrir.
    Quant à son petit-fils, il ne pensait qu’à ralentir le temps. Prendre le temps de savourer chaque chose, comme elle se doit d’être savourée. Donner de l’importance à chaque mot pour ce qu’il est et non parce que l’anglophonie régnante voudrait qu’il le devienne.
    « Tu sais mamie, lui disait-il, d’un air moqueur, lorsque tu te satisfais d’entendre nostalgie quand ils parlent de saudade, moi je me perds, voyageant des heures durant dans ma tête au cœur d’un monde où le pouvoir d’un seul mot suffit à faire naitre la tristesse, l’espoir, les parfums et les joies mélangés dans une seule larme. Heureuse et triste à la fois. »

    Comment by Armando — 12 mars 2017 @ 6:32

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