Lali

2 février 2014

En vos mots 356

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

ANDERSON (Wayne) - 1

À l’heure où je viens de valider les commentaires que vous avez déposés sur la toile de dimanche dernier, vient de s’installer pour sept jours au pays de Lali le lecteur imaginé par l’illustrateur britannique Wayne Anderson.

À vous maintenant de leur faire vivre, de lui donner un prénom ou pas, de lui créer un univers ou de vous glisser dans sa peau. À vous de nous le raconter en vos mots comme vous le faites chacune semaine depuis presque sept ans. C’est avec plaisir que nous vous lirons dimanche prochain.

D’ici là, que l’inspiration vous accompagne!

3 commentaires »

  1. SAMIS CHAUDS MI FROIDS

    Pronostic. Fin décembre 2007. Au Polar Circle, le couchant dure 24 heures…

    La route de Rovaniemi, d’une essence aussi variée que des clones de bouleaux, défile toujours cap au Nord, toujours vers ces rencontres curieuses qui se profilent à gauche de la route, de Pères Noël débraillés rentrant en stop. Certes nous trouvons quelque charme à cette incroyable nature qui émerge de la rareté de la neige, de son gris sale, des arbres bourgeonnants déjà. Mais on ne peut décrire quel malaise nous cause pourtant ces Santa Claus samis en grande discussion qui s’enfuient dans des camions bâchés. Souvenirs estompés. Attractions gelées. Palais de glace fondus. Village déserté.

    L’ombre des flocons toujours absente ne nous manque pas trop, les canons à neige crachant goulûment le plus loin possible leur fine fumée immaculée. Au stand mythique du photographe, un Petit Papa inique les embrasse sans entrain ces enfants tous blonds saupoudrés à ses pieds. Mais notre étonnement s’attise avec ces touristes espagnols dont les bottes traînent furieusement et dont les gestes pointent consternés les grandes pancartes de bois. Un temps madrilène ici, comme ce n’est pas la porte à côté, les met vraiment en colère. Glaces ? Au Nord… Même pas Cap’ !

    Dans le pays trop chaud, une rumeur éclate. La mémoire same s’émeut. Alors que -4° au lieu de -30°, on dirait une bien mince affaire qui s’amplifie. Sauf que les rennes ne transhument plus. Sauf que les lièvres blancs ne peuvent plus se fondre. Sauf que qui dort dîne, et que les ours meurent de faim. Sauf que les loups… Sauf que…

    Comment by Ffup de Bretagne — 5 février 2014 @ 3:53

  2. Sacré Père Noël

    Barbe blues…

    Rasades éventées, cheminées verglacées,
    Sourdent au fil des murs brisant mes escalades.
    Je vous hurle des chants sacrés pour effacer
    Mes guirlandes déchues sur vos lettres malades.

    Des traces de traîneaux estompées sur la plaine,
    Des cadeaux en monceaux solitaires écartés,
    Impriment ma mémoire au demeurant si vaine
    Et bornent les chemins de ma fragilité.

    De mes gants trop usés à battre des tempos
    D’offrandes éboulées hors mes allers-retours,
    Surgissent des paquets écorchés fleur de peau,
    Sous les déchirements de papiers sans atours.

    La réverbération aux reflets si soudains,
    Une ire réfléchit sur mes polarisantes.
    Je lisse le versant de rancœur, de dédain,
    Raidi sous mes moustaches un poil électrisantes.

    Sur mes lèvres gelées de mille et un cristaux,
    Blanchis et scintillants d’un glacier en ombelle,
    Cent bivouacs étincellent autour de mon manteau,
    Dévissant de leurs pentes en ma barbe rebelle.

    Ici, où mes raquettes embrasent la poudreuse
    De mes désillusions par des nœuds de sanglots,
    Bloqué-là, je m’encorde aux traînées ténébreuses
    Tissées aux toits neigeux effleurant les bouleaux.

    Ma silhouette a pris l’allure tourmentée
    Des sapins frémissant sous leurs frondaisons blanches.
    L’air digne mesuré, le souffle rétracté,
    Je relève le chef dépassant l’avalanche.

    Par cette relation des rennes à cet instant,
    Qui savent aux fils des cieux ne pas rester si mornes,
    Là encore, je ris, invaincu, résistant,
    Jaune, de cette nuit inique enfin sans borne…

    Comment by Cavalier — 8 février 2014 @ 12:47

  3. Il partageait la plupart de ses journées entre des promenades solitaires et de longues heures de lecture non moins solitaires. Parfois grand-mère venait le rejoindre dans son bureau. Ils restaient tous les deux silencieux. Lui, perdu dans ses livres. Elle, brodant des mouchoirs où elle finissait par sécher ses larmes.

    Grand-père portait en lui cette façon si étrange de poser sur vous un regard capable de vous faire taire. Et pourtant, son regard n’était jamais âpre. Ni violent. Juste intense. Grave. Parfois doux et rieur. Si souvent éperdu. Au bord des larmes.

    Son regard m’interpellait. Son silence me fascinait.

    Pendant longtemps je l’ai cru incapable de dire des mots. Puis, un jour, je l’ai entendu lire, d’une voix affectueuse, un poème à ma grand-mère qui, le visage tendrement illuminé, comme dans un tableau de Vermeer, savourait chacun de ses mots. C’était beau. C’était tendre. C’était intime.

    Aujourd’hui encore, je garde au fond de mon cœur le souvenir de cet instant, comme un de ces moments de grâce qui ont façonné mon enfance.

    Comment by Armando — 9 février 2014 @ 3:50

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