Lali

26 août 2012

En vos mots 281

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

Parce que la lectrice peinte par l’artiste canadienne Janet Hill a quelque chose de moi ces jours-ci, j’ai eu envie de l’offrir à vos mots et à votre imagination tandis que, de mon côté, je vais faire mon choix parmi tous les titres étalés autour de moi. Je pense que 20 livres c’est trop pour huit jours de vacances! Heureusement d’ailleurs que j’en ai six devant moi avant le jour du départ pour ne pas faire ma sélection avec précipitation.

À vous donc, cette petite scène livresque à raconter en vos mots. Les commentaires seront validés dans une semaine et pas avant, alors que je serai au bord de la mer, ce qui vous laisse amplement le temps de concocter une histoire à la hauteur de votre imagination!

6 commentaires »

  1. Un dévolu gourmand l’a jetée aujourd’hui soudainement et sans vergogne sur la pile énorme qui dans toutes les pièces de la maison s’est insinuée et ne laisse de croître.
    Mais pas d’embellir. Elle commence à ne plus trouver beau du tout en effet cet enchevêtrement de volumes qui occupent aussi bien les bras des fauteuils que les dessus et dessous de lit et les appuis de fenêtres, quand ils ne débordent pas des tiroirs.
    Entre piles à lire, livres à relire, ouvrages en prêt qui devraient jouir d’une priorité logique et respectueuse, elle a attrapé quelques titres, mais sent déjà sa joie faiblir. Comment choisir?
    Elle aime en réalité savourer un titre, effleurer une table des matières, s’attarder devant l’illustration d’une couverture, caresser les titres des chapitres. Mais ensuite?
    Elle a avec la lecture comme un problème de digestion. Le nombre d’oeuvres lues et appréciées dont elle ne se souvient presque pas l’inquiète. A quoi bon alors poursuivre?
    Les livres qu’elle a préférés, paradoxalement elle n’a plus besoin de les relire.
    Ils vivent à jamais en elle, gravés dans son sang.
    Alors elle reprend les éléments de sa moisson, elle grappille.
    Souligne une phrase. Ferme les yeux, médite un instant.
    L’air parfumé de soleil qui entre par la fenêtre l’inviterait bien à une sortie.
    Elle croquerait volontiers une pêche ou quelques groseilles.
    Arpenterait avec bonheur le jardin. Téléphonerait avec plaisir à son amie Mirabelle.
    Que de choses à faire qui nous requièrent.
    Elle lira ce soir. Ou demain.

    Comment by Anémone — 28 août 2012 @ 15:38

  2. Bonnes vacances Lali! Et bonnes lectures.

    Comment by Anémone — 28 août 2012 @ 15:40

  3. RENDEZ-VOUS AVEC ELLE

    Je suis prête à faire ma plus belle et plus souhaitée rencontre amoureuse de l’été et pourtant mes flirts des trois autres saisons me pressent de les traîner dans mes bagages.
    Lorsque je me laisserai bercer par ses vents et ses odeurs, chatouiller le bout des orteils par son sable chaud, ses vagues langoureuses et ses coquillages nacrés, envoûter par le chant de ses roulis, de ses marées et de ses élans sur les rochers, au nom de la mer je lui présenterai mes amis les plus chers c’est-à-dire quelques poèmes et récits louant sa majesté, elle qui règne sur la planète bleue maintenant et toujours pour des siècles et des siècles. Ainsi soit-elle.

    Comment by Flairjoy — 30 août 2012 @ 8:57

  4. Marie Uguay posée sur ses genoux, Sarah, les yeux fermés, s’est laissée immerger par l’harmonie nostalgique de cette Cancion Triste, oubliant l’existence de toute chose. Comme si la guitare de Jesse Cock avait rempli peu à peu l’espace de tous ses sens.

    Depuis longtemps qu’elle avait apprivoisé la solitude. Un besoin de se préserver. De survivre. Depuis que l’annonce de sa maladie avait effiloché le sourire de tous ces visages qu’elle avait tant aimés jusqu’à ce qu’ils disparaissent, peu à peu, de l’horizon de son regard, jusqu’à ne plus avoir d’existence. Finissant par donner à sa maladie la couleur épaisse d’une solitude qui lui était devenue si proche et si amicale qu’elle se sentait apaisée en sa compagnie. Même si quelquefois il lui venait encore, comme un arc-en-ciel de souvenirs, ces images enfuies dans son cœur dont elle ne parlait jamais. Parce que les mots…

    Comment by Armando — 1 septembre 2012 @ 3:14

  5. Après cette mise en repos volontaire durant l’été (je n’ai pas cependant cessé de vous lire), je reprends le chemin de l’écriture…

    Parce qu’il faut bien commencer…

    Elle n’aime rien tant que revenir de la bibliothèque chargée des livres qu’elle vient d’y choisir.

    En cette période estivale, le nombre de volumes en droit au prêt augmente, passant de quatre à huit. D’habitude, durant le reste de l’année, elle n’emprunte jamais que ce qu’elle aura le temps de lire durant les trois semaines que dure le prêt. Un volume ou deux en général. Plutôt deux, au cas où elle se serait fourvoyée dans son premier choix.

    Mais là, elle emprunte le maximum auquel sa carte lui donne droit. Sur le chemin du retour, alourdie par la charge des huit bouquins, elle anticipe déjà son plaisir. Elle va s’installer confortablement dans son fauteuil préféré, devant la grande fenêtre du salon. Elle en fermera les persiennes, juste assez pour se protéger de la lumière trop vive du dehors et de la chaleur trop intense mais pas complètement pour profiter de la lumière qui filtre et lui permettre de consulter les livres un à un….

    Car elle ne va pas se plonger directement dans un roman en laissant les autres de côté. Non, elle va prendre son temps. Regarder une à une chaque couverture, l’illustration, le titre. Ensuite, elle passe à la lecture de chaque résumé figurant au dos du livre. D’ailleurs, elle a horreur de ceux qui n’en ont pas. Comme si on voulait la forcer à acheter sans voir la marchandise. En délaissant ces livres sans quatrième de couverture, elle sait qu’elle rate quelques chef-d’œuvres, mais c’est plus fort qu’elle. Il lui faut lire ce petit bout de texte à la fin du livre qui va lui mettre l’eau à la bouche… ou pas.

    Lorsqu’elle a enfin fini de regarder et de manipuler l’extérieur des livres, qu’elle en a tiré toutes les informations qu’elle pensait pouvoir en extraire, elle finit par les ouvrir, non sans les avoir auparavant classé dans l’ordre où elle aimerait les lire.

    Elle passe alors du temps à consulter les dates d’édition, de traduction, de première parution… qui lui font modifier quelquefois l’ordre de lecture, si elle a pris plusieurs livres du même auteur. Elle aime lire les choses dans l’ordre où elles ont été écrites. Elle a l’impression que ça l’aide à mieux connaître l’auteur, à mieux cerner le personnage récurent s’il y en a un.

    Enfin vient la dernière étape de cette mise en lecture. Elle s’attaque aux premières pages de chacun des bouquins. Elle pénètre ainsi dans l’univers de chaque roman, fait connaissance avec le style de l’auteur… C’est ce qui va décider de son choix définitif du livre qu’elle va lire le premier, de ceux qu’elle va définitivement écarter également.

    Il arrive à cette étape qu’elle se laisse emporter par l’histoire, qu’elle ne puisse plus se sortir de l’univers qu’un des auteurs lui a proposé. Alors, le soir la retrouve plongée dans le cœur du roman commencé, tout procédé rationnel et scientifique de préparation à la lecture définitivement oublié et abandonné, les autres livres éparpillés autour d’elle.

    Et c’est ce qu’elle préfère le plus, ces divine surprises, à chaque fois renouvelées, cet abandon à la découverte et à la passion de la lecture.

    Comment by Mamido — 2 septembre 2012 @ 8:19

  6. Armando,ton texte me touche beaucoup,énormément même… je n’en dirai pas plus,parce que les mots…

    Comment by Lilas — 2 septembre 2012 @ 15:56

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