Lali

13 mai 2012

En vos mots 266

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

Elle avait promis d’être sage en ce jour de fête des Mères. Pas de ranger sa chambre. Encore moins de ne pas éparpiller ses jouets et ses livres. Il ne faut pas exagérer tout de même! Si bien que la petite lectrice peinte par Mark Lancelot Symons a tout étalé autour d’elle et elle attend que vous lui racontiez une histoire en vos mots dont elle sera l’héroïne… ou pas.

Comme le veut l’habitude, vous avez une semaine pour le faire, étant donné qu’aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. D’ici là, bonne semaine à tous et au plaisir de vous lire dans sept jours!

7 commentaires »

  1. – Ne fais pas trop de bruit!
    Reste tranquille.
    Ne cours pas.
    Range-moi tout ça! Quel déluge!
    Sortir samedi? On verra si tu es sage.
    Jouer dehors? Tu n’y penses pas!
    Trop dangereux.
    Et puis ça ferait mauvais genre.
    Tu es trop grande à présent.
    – Mais… j’étais trop petite, avant…
    – Quoi! Tu me réponds! Tu oses! Quelle insolence!
    Eh bien tu écriras cent fois « Je dois obéir sans répliquer » maintenant, petite impertinente.
    Sinon pas de limonade dimanche!

    Assise sur son lit, la petite fille trop sage s’est mise à recopier, maussade.
    Pour ne pas être privée de sortie. Ni du tant attendu verre d’orangeade.
    Dans ses yeux des larmes de rage.
    Mais elle entassera tout n’importe comment dans l’armoire. Vite fait.
    Elle ne fera que semblant de ranger la chambre.
    Voilà comment, entre autres dégâts collatéraux, on apprend très méthodiquement aux enfants à être sournois,
    et à n’avoir le goût ni de l’audace, ni de l’ordre, ni de la patience.

    Comment by Anémone — 14 mai 2012 @ 14:59

  2. Oui, c’est vrai. Si les pages amères de nos bouquins avaient été écrites autrement.

    Je t’aurais attendue chaque nuit. Pour que tu me racontes une histoire. Avant que je ne m’endorme.

    Je t’aurais dessiné des ciels sans nuages. Des soleils et des chevaux blancs. Des ciels remplis d’oiseaux de toutes les couleurs. Et des arbres aux fruits aussi sucrés que le miel.

    Oui, je sais. Tu m’aurais pris par la main. Et j’aurais fait tant de choses. Pour te faire rire. Et te voir joyeuse. Et sereine. Et fière. Et heureuse. Comme ces personnages des contes pour enfants, égarés au milieu des champs de fleurs champêtres.

    Oui, c’est certain. Il y aurait eu un âge où je me serais éloigné de toi. Un peu. Rien qu’un peu. Tu sais que je serais revenu. Respirer ton parfum. Et le jardin de nos tendres souvenirs. Et te tenir la main.

    Oui, c’est certain. J’aurais vu blanchir tes cheveux. J’aurais vu naitre tes rides. Au coin des yeux. Et des lèvres. Et je me serais inquiété de tes soupirs. Et j’aurais eu, chaque nuit, peur de te perdre pour toujours.

    Et toi, maman… tu aurais fait comment?…

    Comment by Armando — 15 mai 2012 @ 8:12

  3. « Rien ne sert de courir, il faut partir à point:
    Le lièvre et la tortue en sont un témoignage. »

    La petite est dans sa chambre. Elle a une fable à apprendre par cœur pour demain. Avec un tas de mots difficiles. Alors elle essaie de se concentrer : car il faudra monter sur l’estrade et la réciter sans la moindre hésitation, d’une voix claire et assurée, alors que plus de vingt paires d’yeux la regarderont.
    – Et n’oubliez pas de bien ar-ti-cu-ler, a insisté la maîtresse.
    Mais dans la chambre, petit frère Ouragan est passé. Il a encore cassé deux tasses de sa précieuse dînette.
    Elle soupire : tout à l’heure, maman va monter, elle verra le désordre, et la petite sera accusée. Elle devra tout ranger, et vite ! Les cubes avec lesquels elle ne joue plus depuis longtemps, la corde à sauter et le ballon qu’elle ne peut utiliser que dehors, quand il fait beau, la ferme et ses animaux dont elle prend le plus grand soin, et même le vase de fleurs qu’elle a reçues de grand-mère pour ses dix ans…
    Pourquoi maman ne veut-elle pas voir que ce ne peut être que petit frère Ouragan qui a tout saccagé ?

    « Ma commère ! il faut vous purger
    Avec quatre grains d’hellébore. »

    Comment by Adrienne — 17 mai 2012 @ 1:01

  4. LA PUNITION

    Cette petite fille est punie pour cause d’incitation à la désobéissance civile.
    Lili n’a que dix ans.
    Ses parents doivent payer 35 milles dollars d’amende.
    Lili a incité Zoé à réunir plus de cinquante amies et à marcher dans la rue avec des masques posés sens devant derrière.
    Cela donnerait à la manifestation l’allure d’avancer à reculons.
    Elle trouvait cela très drôle de scander aussi le slogan : « Avec votre loi 78, vous faites reculer le Québec! »
    Zoé a trouvé l’idée très bonne mais elle a omis d’appeler les policiers pour donner la date, l’heure et le lieu de la manif.
    Voilà pourquoi Lili se retrouve enfermée dans sa chambre pour toutes les vacances d’été à faire ce qu’elle aime le plus au monde : lire et regarder les parades à la télévision.

    Comment by Armèle Labelle — 19 mai 2012 @ 7:10

  5. – Maman, j’sais pas quoi faire, je m’ennuie…
    – Ta chambre est en désordre, va la ranger !
    – Mais maman, ce n’est pas du désordre, ce sont mes jouets.
    – Va, je te dis !
    Lilou, traîne les pieds, boudeuse…
    – Maman, tu viens m’aider ?
    – Non Lilou, je dois préparer le repas de midi. Tu ranges, et ensuite tu pourras sortir dans le jardin.
    Lilou sait que cela ne sert à rien d’insister. Contrariée, sa main gauche tourne autour de son index une mèche de ses cheveux. La caresse de la soie de ses cheveux calme son désir de révolte…
    Dans les escaliers, Lilou monte l’escalier de bois, en faisant volontairement claquer la semelle des ses chaussures. Les lames de bois doré crissent. La poussière dans le rayon de soleil diffuse un doux halo. La poignée de porte, en porcelaine blanche est fraîche dans sa menotte.
    En effet, tous ses joujoux adorés sont répandus sur le sol. Mais Lilou ne peut pas les remettre dans le coffre à jouets : l’histoire, qu’elle a savamment construit dans sa tête, n’est pas terminée. Non, non, je dirai à maman pourquoi je ne peux pas ranger.
    Elle se laisse tomber sur son petit lit, le lit que marraine lui a offert, son petit lit… Elle se déchausse. Attrape le livre que sa maman a emprunté hier à la bibliothèque. S’assoit en tailleur, et doucement oublie le temps, n’entends plus les bruits de la vaisselle, les pas de maman. Lilou lit…

    Comment by LOU — 20 mai 2012 @ 3:36

  6. Je suis émerveillée par vos textes. Merci, et merci Lali.
    En relisant le mien j’ai envie d’ajouter tout à la fin: « Ni du courage »!
    Dimanche prochain, je vous lirai dans mon nouveau logis où j’aurai déjà dormi 2 nuits.
    Bien à vous et à dimanche!

    Comment by Anémone — 20 mai 2012 @ 10:08

  7. La petite chambre jaune… pour y entrer il faut passer par la chambre de ses parents. C’est un minuscule royaume, à sa dimension et il est tout à elle. Elle y a ses jeux, ses livres. Dans ce refuge, elle bâtit des univers à la mesure de son imagination. Tantôt château de princesse, palais des mille et une nuits, petite maison dans la prairie ou résidence de fée dans les bois. Tantôt, plus prosaïquement, caserne de pompier, épicerie, école, ferme, garage ou nursery…
    Dans cette petite chambre, elle vit des aventures fantastiques et hors du temps ou exerce des métiers de grands, avec passion.
    Elle lit aussi et ce qu’elle lit vient alimenter ses jeux, les rendant plus passionnants encore.

    Le jardin est à sa fenêtre, profond et mystérieux. Elle y retrouve son amie Martine. Elle lui raconte les histoires lues dans ses albums qu’elle agrémente et enjolive de détails de son cru. Martine n’a pas son pareil pour mettre en scène ce qu’elle a entendu. Le vieux cerisier aux branches basses devient selon la nécessité le château, l’hôpital, la résidence des fées… Elle sait aussi fabriquer de magnifiques couronnes de fleurs et des capes de feuilles, des bijoux avec des cailloux brillants et des épées de bois…

    Et ainsi passe le temps magique de l’enfance fabriquant aux deux petites filles des souvenirs inoubliables !

    Comment by Mamido — 20 mai 2012 @ 10:41

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