Lali

18 mars 2012

En vos mots 258

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

C’est chez l’artiste Aneth Huyette-Patay, dont une toile m’avait inspiré un court texte en 2007, que je suis allée cueillir la lectrice du jour. Parce que j’ai envie de faire connaître ses toiles, envie que vous lisiez son plus récent billet sur son blog, envie de lui faire une surprise en lui offrant vos mots.

Puisse donc cette toile inspirer envosmotistes aguerris ou qui en sont à la première fois… Suite dans sept jours.

9 commentaires »

  1. Depuis quelque temps, elle a pris une nouvelle habitude que certains qualifieraient de mauvaise. Une volupté sans doute moins avouable que celle de la lecture, qu’elle pratique allongée sur le ventre sur son canapé préféré. Jouissance qui lui rosit les joues et rend écarlates ses lèvres. Sa main, la même qui tourne les pages, plonge régulièrement dans le sac où un doux roulis de joyaux s’égrène en silence. Comme une caresse, elle en prend un entre les doigts, qu’elle cale amoureusement dans sa joue. Ses yeux se nourrissent de mots, se repaissent de méandres d’histoires. Mais ses papilles sont aussi à la fête. Régal sans pareil. Aucun témoin à son orgie. Elle agit sans complice. Sans rival. La débauche qu’elle commet restera à jamais un secret entre elle, le canapé, le livre. Et les fraises Tagada.

    Comment by Anémone — 18 mars 2012 @ 16:53

  2. SI LIRE FAIT GROSSIR

    Si lire fait grossir
    Soyons gros, tous des gros,
    Et banissons les maigres
    Et tous les pisse-vinaigres
    Bien sous l’eau, oh oh oh
    Car si lire fait grossir
    Soyons gros, tous des gros !

    Comment by joye — 20 mars 2012 @ 8:48

  3. Parfois, la mère attentive cédait la place au peintre.

    Alors, ses enfants devenaient son sujet d’étude préféré. Ses enfants et les amis de ses enfants.

    Et puis, elle pensait à tel ou tel parmi ses élèves, et parfois, à cet étonnement: dans une classe de deuxième année primaire particulièrement turbulente, elle avait eu une élève, comment s’appelait-elle déjà ? Elle avait un joli prénom: ah oui! Elle s’appelait Margaux. Elle pensait à Margaux qui s’isolait, qui s’asseyait sur un banc dans le préau, un livre sur ses genoux. Elle lui demandait: « qu’est-ce que tu lis? » Et Margaux, l’air rêveur, les yeux pleins de vague, d’histoires, de mondes infinis, lui répondait: c’est l’histoire d’une petite fille qui aime les contes, et à qui sa maman, qui aime dessiner, a offert un livre qu’elle a écrit et illustré.

    Comment by Pivoine — 20 mars 2012 @ 11:55

  4. LES GRANDES ÉVASIONS

    Elle ne se conte plus d’histoires,
    C’est toujours la même histoire!
    Il paraît qu’elle fait toute une histoire avec rien…
    Et puis elle pense ennuyer les autres avec ses histoires…
    Elle en vient toujours à se fourrer dans de sales histoires…
    Alors, histoire de ne plus nuire à personne,
    Elle s’engouffre dans la lecture des histoires des autres.

    Flairjoy

    Comment by Flairjoy — 21 mars 2012 @ 5:06

  5. Des jours sombres de pluie et quelques autres de tempête. Des jours gris de tristesse et tant d’autres de joie. Puis quelques heures de nostalgie, pour des sourires d’espérance. Et tout cela en alternance. Et tout cela pour être heureux. Pour se frayer un chemin. Jusqu’au jardin secret de nos bonheurs.
    Et quelques mots au hasard. Qu’on murmure ou alors qu’on écrit. Regard posé sur d’autres vies. Qu’on a croisées. Ou parfois aimées. Tous ces morceaux d’autres existences qui s’accrochent à nos pensées lorsque vient le soir. Si souvent malgré nous.

    Et puis on bouquine. On lit. On s’attarde sur quelques lignes. On voyage tellement peu que nos tolérances manquent d’ailes pour être libres. Et on s’endort lourdement assis, comme des oiseaux mourants, sur les branches de nos amers préjugés. Vacillantes de certitudes. Puis on vomit des mots. On blesse. Et on se tait.

    Et rien ne sert de faire semblant qu’on ne s’en rend pas compte. Rien ne sert d’attendre l’oubli du temps qui passe. Une blessure restera des années après une blessure. On ne fait qu’apprendre à vivre avec. Rien d’autre. Puisque la vie est ainsi faite. Et tout ce qu’on pourra faire est d’apprendre à aimer. Un peu plus. Juste un peu plus.

    Comment by Armando — 22 mars 2012 @ 6:43

  6. – Kesketufé?
    – Ben tu vois: je lis.
    – Kesketuli?
    – La comtesse de Ségur. « Les vacances ».
    – Cébo?
    – Tu veux que je lise à haute voix? « Depuis deux jours il faisait un vent terrible; tout le monde avait l’air inquiet; ni le Capitaine ni le Normand ne s’occupaient plus de Paul ni de moi; maman me tenait près d’elle; ma tante d’Aubert gardait aussi Paul, quand tout à coup j’entendis un craquement affreux, et en même temps il y eut une secousse si forte, que nous tombâmes tous à la renverse. Puis… »
    – Joue avec moi!
    – Non, pas maintenant. Je lis.
    – Joue avec moi!!!
    Alors on entend crier de la cuisine:
    – Laisse ce livre et va jouer avec ton petit frère!

    Comment by Adrienne — 25 mars 2012 @ 4:07

  7. La maison est silencieuse. Seul bruit les souffles réguliers des parents. Tout le monde dort.
    Le drap sur la tête, la lampe de poche allumée, Capucine lit les comme tous les autres soirs dans son lit. Elle vient d’ouvrir le livre que sa maman vient de lui offrir : le Club des cinq et le trésor de l’île d’Enid Blyton. Ce sera le premier d’une série de petits livres de la Bibliothèque Rose.
    Au dos du livre, Capucine lit émerveillé le petit texte qui lui présente l’histoire :

    « François, Mick et la jeune Annie sont les frères et soeur d’une famille qu’on envoie en vacances chez leur oncle Dorsel à Kernach en Bretagne. Ils n’ont guère envie d’y aller et quand Claudine, leur jeune cousine, leur fait un accueil glacial, cela les conforte dans leur idée. Cette dernière a des allures de garçon et se fait appeler Claude sous peine de ne pas répondre. Elle prétend être la propriétaire de l’île de Kernach où trônent les ruines d’un vieux chateau tandis qu’une épave antique git par le fonds. Autre secret, elle fait garder son chien Dagobert par un pêcheur voisin car son père refuse de l’héberger à cause du bruit qu’il génère.
Pourtant, les enfants apprennent à s’apprécier et l’aventure se mêle à leurs vacances quand l’épave remonte du fonds de l’eau à la faveur d’une tempête et qu’une carte au trésor est découverte à l’intérieur. Seulement, les enfants ne sont pas les seuls à vouloir récupérer l’or promis… »

    Le livre est ouvert, bien à plat. Le charme opère. Le rayon de la lampe de poche balaye la page, au rythme des mots lus.

    “- Maman, demande François, un matin alors que toute la famille est réunie autour de la table du petit déjeuner, tu as décidé ce que nous allons faire pour les grandes vacances, cette année ? Nous retournerons dans les Alpes comme l’été dernier ?
    – Non, répond Mme Gauthier. Je pense que cela ne sera pas possible. Tout est déjà complet.

    François, Mick et Annie échangent par-dessus leurs bols des regards consternés.”

    Dès ce soir-là, elle suivit les aventures de Claude, Mick, François, Annie et de Dagobert le chien.
    D’ailleurs, Capucine s’en souvient encore. Il faudra aller voir où sont les livres de l’enfance.

    http://www.bibliothequerose.com/le-club-des-cinq-tome-01-le-club-des-cinq-et-le-tresor-de-l-ile/extrait/762

    Comment by LOU — 25 mars 2012 @ 11:50

  8. Oh my god!!! je suis tellement surprise et touchée!! merci, merci Lali, merci à tous !!
    Aneth

    Comment by planeth — 2 avril 2012 @ 2:31

  9. Là, tu m’as eu!!! je suis éblouie, j’adore ce qui sort de ces textes, j’avoue que l’idée que cette petite fille mange des fraises tagada m’a séduite 😉

    Merciii!

    Comment by planeth — 2 avril 2012 @ 2:37

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