Lali

2 septembre 2007

En vos mots 21

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

s_williams

Et de semaine en semaine, l’aventure continue. En vos mots a ses lecteurs tandis que les auteurs changent, selon la toile, selon l’inspiration, selon la disponibilité. Les trois fidèles du début sont toujours là. Je crois bien que les deux autres sont en train de devenir aussi fidèles. Ils se reconnaîtront.

L’invitation est permanente. La saisissent ceux qui se sentent appelés.

Cette catégorie est la vôtre. Je le redis en vous conviant une fois de plus à écrire. Parce que, peut-être, dans la lectrice de Svetlana Williams y a-t-il quelque chose de vous ou de quelqu’un que vous connaissez. Ou parce que vous aurez envie d’écrire cette lettre qu’elle lit. Il n’y a pas de règles. Juste une toile, et une semaine pour dire en mots ce que cette toile a à révéler ou à taire.

Place à vos mots.

8 commentaires »

  1. Cela faisait plusieurs jours que Céline ne tenait plus en place. Des jours et des jours. Elle faisait mille choses à la fois pour que le temps passe plus vite. Depuis le jour où son amoureux partit sous les drapeaux. Elle attendait une lettre qu’il lui avait promis d’écrire dès qu’il le pourrait. Céline compta les jours, les semaines et ce matin, oh quel bonheur, « la » lettre arriva enfin !

    Depuis toute petite, Céline avait pour habitude d’aller au bord de ce joli lac pour y verser quelques larmes parfois lorsqu’elle était enfant, ensuite c’était pour aller avec son amoureux, main dans la main et ce jour là, elle tenait « sa » lettre dans sa main encore tremblante et son coeur battait si fort qu’elle couru au bord du lac pour se reprendre. Elle attendit un long moment avant de l’ouvrir. Céline retourna la lettre dans tous les sens, regarda l’écriture, les timbres, oui, oui, c’était bien de lui.

    Encore toute fébrile, Céline ouvrit et lu à haute voix, au début, « Ma chérie, mon amour, comme tu me manques, il faudra que tu aies encore un peu de patience pour que je te prenne dans mes bras….la suite, seuls son coeur et son âme connaissaient les doux mots. Elle garda sa lettre bien-aimée sur son coeur et commença à rêver. Comme « ses » mots étaient tendre, doux. Un grand bonheur envahissait Céline.

    Elle sait qu’il lui faudra encore un peu de patience mais elle sait aussi qu’il la retrouvera et se promèneront à nouveau main dans la main au bord de son lac de rêves.

    Comment by Denise Rossetti — 2 septembre 2007 @ 11:38

  2. Elle est en train d’apprendre qui elle est, d’où elle vient… pourquoi on l’a amenée ici un jour d’automne quand elle avait six mois, dans cette ferme où elle ne fut pas malheureuse mais où elle ne connut jamais la légèreté des enfants de son âge.
    Enfin, la grande nouvelle arrive… celle qui va clore le roman dont elle est l’héroïne. Elle tient le lecteur en haleine, lui qui ne sait pas encore, lui qui va devoir tourner la page pour connaître le dénouement de ce récit qui aurait pu être écrit par George Sand. Il a encore une page pour rêver, pour imaginer qui est cette petite Berrichonne qui, comme La Fadette, n’a pas peur de la brume, des étangs et des feux follets, une page seulement car bientôt il lira le mot : « Fin ». Encore quelques instants de bonheur.

    Comment by Reine — 5 septembre 2007 @ 16:23

  3. BROUILLARD

    Dans l’air bleu de l’été
    Une lettre toute en rimes
    Signée du verbe aimer
    Et d’un « je » anonyme.

    Flairjoy

    Comment by Flairjoy — 6 septembre 2007 @ 9:15

  4. Je ne vous raconterais pas d’histoire,étant fachée avec les mots depuis mon enfance…

    Simplement cette superbe toile,toute douce,me fait penser à George Sand.
    A cette région du Cher,ou les petits matins autour des nombreux étangs,ont cet aspect,un peu envoutant et plein de mystère,tout cotonneux,ou se sont tissés beaucoup de légendes qui perdurent encore de nos jours.
    Cette jeune fille est-elle réelle ou simplement une apparition pour dérouter le passant…..au pays de Jean Huriel,dans le Berry…

    Comment by géraldine — 7 septembre 2007 @ 15:14

  5. Elle est là. Silencieusement assise au milieu de ce grand jardin. Sous le va-et-vient des passants qui la regardent sans s’arrêter, tellement ils sont habitués à tous ces gens, assis par terre, qui lisent pendant des heures, sans lever les yeux de leurs bouquins.

    Moi je me suis arrêté. Je ne sais pas pourquoi. Une envie. Une pulsion. Un air de quelque chose qui n’était aussi paisible qu’un regard fortuit pouvait le laisser le croire. Quand on regarde vraiment.

    Depuis une demi-heure que je suis là. Sans dire un seul mot. Je ne sais pas pourquoi, mais une envie de m’arrêter. Une pulsion ou intuition.

    Je l’observe avec la certitude que quelque chose le chagrine. Comme une absence. Comme un début d’existence nouvelle qui s’est profilée à l’horizon et qui aurait suspendu son envol, telle une colombe blessée.

    Probablement ce qui lui chagrine n’est pas de se trouver seule. Comme si elle savait qu’elle ne serait plus vraiment seule désormais. Elle sait qu’elle a traversé tous les déserts pour arriver jusqu’à celui qu’elle n’attendait plus. Depuis si longtemps. Qu’elle avait déjà oublié qu’un jour elle l’avait tant attendu.

    Probablement que ce que la chagrine ce sont tous ceux qui la rejettent sans raison. Juste parce qu’elle aime. Elle n’attendait rien d’eux. Ni bienveillance. Ni amitié. Encore moins de l’amour. Elle ne comprend pas leurs regards fuyants, leurs mains distantes, ces regards craintifs et inquisiteurs qui méprisent son amour. Un fossé invisible entre eux et leur amitié qu’elle croyait tellement forte et capable de surpasser toutes les mesquineries.

    Elle est là. Assise. Enfermée dans tous ces silences qu’elle a su semer dans son cœur. Pour être a l’abri des autres. Tous les autres qui la pointent de leur regard haineux. Comme si aimer était un crime sordide ou malsain.

    La société a toujours besoin d’asseoir des gens sur un banc. Il y a toujours une raison. Celle du plus faible. Celui qui fait les frais de la bêtise collective.

    Puis probablement ce que lui chagrine est l’incertitude de la suite de son histoire. Qu’elle rêve belle. Comme un dernier rêve, que effacerait tous ces autres rêves douleureux, endormis, presque oubliés, enfuis dans le tiroir crasseux du temps.

    Elle est là. Assise. Les jambes croisées. La tête penchée en avant.

    Les gens passent, réduisent leur cadence, comme étonnés de la voir figée, comme ça, au milieu du jardin, comme si elle était assise au milieu du monde sans faire attention.

    Ils sourient. Échangent parfois des murmures et puis se remettent à marcher comme avant. D’un pas pressé. Comme s’ils avaient peur de se trouver hors du temps. L’espace d’un instant.

    Personne, à part moi, ne semble pas s’être aperçu que depuis une demi-heure, elle ne bouge pas. Ses yeux sont fixes dans le vide d’une page perdue dans un livre d’une histoire qu’elle voudrait faire sienne.

    Personne, à part moi, ne s’est aperçu qu’elle n’entend plus les oiseaux chanter. Que le vent ne la distrait pas de son livre. Personne, à part moi, ne s’est aperçu que depuis une demi-heure elle ne tourne pas la moindre page. Elle est seule. Terriblement seule. Elle ne lit plus. Elle pleure. Elle est digne. Et le monde qui l’entoure a perdu un peu de son éclat.

    Comment by Armando — 8 septembre 2007 @ 2:57

  6. Tu es peut-être fâchée, Géraldine, avec les mots, mais cela ne semble pas réciproque ! Tes mots disent très bien le Berry ! Tiens ! George Sand !

    Comment by Reine — 9 septembre 2007 @ 16:47

  7. Géraldine, à chaque fois, à chaque commentaire, vos mots sont si jolis, si doux et tendres et décrivent si bien la situation, vous raconter tellement bien vos histoires, c’est en enchantement, continuez…

    Denise

    Comment by Denise Rossetti — 10 septembre 2007 @ 15:45

  8. Merci Reine et Denise….vous êtes trop gentilles..!
    Amitiés

    Comment by géraldine — 12 septembre 2007 @ 3:40

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