Lali

27 mars 2011

En vos mots 207

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

picabia-francis.jpg

Qui est-elle? Quel livre tient-elle à la main? À qui ou à quoi songe-t-elle? Voilà autant de questions que soulève la lectrice peinte par Francis Picabia. Questions auxquelles vous pourrez de choisir de répondre ou pas, selon ce que la toile de ce dimanche vous inspirera et vers où elle vous emmènera.

Tel est ce que propose En vos mots chaque dimanche. L’occasion pour vous d’écrire à partir d’un tableau. Et pour que chacun puisse le faire en toute liberté, sans avoir connaissance des écrits des autres envosmotistes, les commentaires sont emmagasinés pendant une semaine pour n’être validés qu’au moment de l’accrochage d’une nouvelle toile.

Puisse la lectrice de Picabia inspirer les fidèles et tenter ceux qui hésitent encore à se jeter à l’eau!

13 commentaires »

  1. Au goût des mots je préfère l’ivresse de mes silences
    Mon enfance quelquefois menteuse et un peu oubliée
    Pareille à tant de nuits fades sans fierté ni arrogance
    Où des hommes sans âme marchandent des baisers

    Les souvenirs sont des cicatrices qui brûlent l’esprit
    Vagues de frissons que le clair de lune entend pleurer
    Des vieux nomades, rêvant de découvrir leur pays
    Un coin de terre, un arbre pour pouvoir s’y reposer

    Le temps passe muet devant ma fenêtre immobile
    Il méprise l’inquiétude de la poussière des heures
    Ma vie n’est remplie que de milliers de parfums inutiles
    Et de pages noircies à l’encre usée de mes pleurs

    Je renaitrai bien demain encore mais pourquoi faire
    Puisque nos étranges destins ont déjà été tout tracé
    Et quoi que je fasse je retournerai un jour à la poussière
    Il ne restera de moi que le souvenir de t’avoir aimée…

    Comment by Armando — 31 mars 2011 @ 7:21

  2. Belle et dure. Telle est la figure, telle est la femme que l’on imagine lorsqu’on entend son nom connu, répété à satiété par les journaux.
    On l’aime et on la craint, on la respecte et on l’admire. Elle a les hommes à ses pieds et les femmes veulent lui ressembler.
    Elle a la renommée mondiale d’une beauté froide et d’une actrice au jeu cinématographie parfait alternant la braise et la glace.
    Et elle entretient cette image avec attention. Ce rôle taillé pour elle, c’est celui qu’elle préfère ; elle l’endosse avec soin. Le cinéma est réellement sa vie. Elle est un mystère absolu.

    Mais ce soir, maquillée et coiffée à la perfection, elle a choisi de partager la vedette avec un vieil ami. Une partie infime et essentielle de ce qu’elle est, une partie d’elle qu’elle a enfin décidé de dévoiler au grand jour. Ce soir, elle pose avec son livre préféré – avec le plus grand poète selon son coeur. Et son regard, pour une fois, se fait, devant l’objectif, plus tendre et plus lointain…

    Comment by Milie — 31 mars 2011 @ 10:59

  3. Un petit voile de tristesse passe sur le beau visage de Laure. Pourtant la soirée s’annonce belle. Laure a accepté l’invitation de son collègue dans un très chic restaurant. Elle se dit qu’elle aurait dû lui dire non. Elle n’a plus trop envie d’y aller. Mais maintenant, il est trop tard. Une parole est une parole. Je me dois d’y aller.

    Alors, cet après-midi, elle a pris tout son temps pour se faire belle mais sans grand enthousiasme. De quoi allons-nous parler se dit-elle? Patrick est très gentil, attentionné même. Depuis deux ans que Patrick travaille dans la même entreprise que Laure, il n’a jamais manqué de lui offrir un bouquet de muguet le premier mai. Sans raison aucune, il venait dans son bureau et déposait discrètement soit un CD soit un livre ou encore des fleurs. Laure appréciait ces délicatesses mais son coeur pleurait encore son mari décédé, il y a cinq ans la laissant seule avec une fillette de huit ans. Son chagrin était immense.
    Grâce à Lucie sa fille, elle trouva la force d’affronter la vie, de reprendre son emploi ce qui lui a permis de refaire gentiment surface.

    Laure a appris à vivre à deux. Avec Lucie. Le mercredi, Laure prenait congé pour sortir avec la petite. Pour toutes les deux, c’était la fête. Laure emmenait sa fille dans un petit restaurant qu’elle appréciait beaucoup et Lucie était aux anges car le patron du restaurant lui offrait toujours une grosse glace avec de la crème pour le dessert. Ensuite, elles visitaient un musée ou allaient au cinéma. A la belle saison, elles en profitaient pour se promener à la campagne avec un bon pique-nique. Lucie est une fillette adorable. Pour aider sa maman, Lucie n’hésite pas à préparer le repas du soir afin que Laure puisse se détendre de ses longues journées et lui raconte ses heures passées à l’école en faisant plein de mimiques. Et Laure riait en regardant ce petit bout de chou.

    Une fois prête, Laure avait encore du temps devant elle. Puisque Lucie est chez sa grand-maman, Laure en profite pour prendre au hasard un livre dans la bibliothèque de son cher mari. Elle ouvre le livre où un marque-page était placé et lu ce très beau poème que son époux devait certainement aimer… Un poème d’Emile Verhaeren

    Si d’autres fleurs décorent la maison

    Si d’autres fleurs décorent la maison
    Et la splendeur du paysage,
    Les étangs purs luisent toujours dans le gazon,
    Avec les grands yeux d’eau de leur mouvant visage.

    Dites de quels lointains profonds et inconnus
    Tant de nouveaux oiseaux sont-ils venus,
    Avec du soleil sur leurs ailes ?

    Juillet a remplacé Avril dans le jardin
    Et les tons bleus par les grands tons incarnadins,
    L’espace est chaud et le vent frêle ;
    Mille insectes brillent dans l’air, joyeusement,
    Et l’été passe, en sa robe de diamants
    Et d’étincelles.

    Après cette magnifique lecture, Laure se fait une promesse d’avoir toujours des fleurs à la maison…

    Comment by Denise — 31 mars 2011 @ 15:37

  4. MONOLOGUE DU LIVRE-OBJET

    Sans moi sous sa main droite, son épaule tomberait.
    Elle perdrait sa prestance de la femme fatale.
    Sa robe redeviendrait un humble petit jupon
    Et son ceinturon rouge une passementerie.
    Si je n’étais pas là, le bleuté du tableau
    Perdrait de sa valeur sans mon ocre vital,
    Qui rappelle les taches qu’elle montre sur sa peau.
    De son air dédaigneux cette femme m’écrase.

    Comment by Flairjoy — 1 avril 2011 @ 15:20

  5. Paroles  » Mélodie à Personne » de Daphné

    Ne le dis à personne
    J’en fais souvent des tonnes
    Quand il est, quand il est, près de moi
    Je suis fou de lui puisqu’il,
    Me fait, sans rien me faire
    Me défait, les yeux ouverts
    J’ai envie, j’ai envie, de partir avec lui
    A personne, ne le dis

    Mélodie, mélodie, mélodie qui tombe en un mot,
    En un mot, en amour

    Dans ma tête, les mots font les cent pas
    Ils se jetteraient à l’eau, mais voilà
    Je dis des mots, dis des mots
    Mille mots, des fois, mais ne dis jamais ceux-là
    Comme une fièvre enfantine
    Que j’ai de lui, j’imagine
    Je lis des livres, lis des livres, en sautant les lignes
    Je ne connais pas l’ennui

    Mélodie, mélodie, mélodie
    qui tombe en un mot, en un mot,
    En amour

    Dans ses bras, le monde est tellement léger
    C’est l’endroit, où je préfère tomber
    Ne le dis, ne le dis à personne
    Ce qu’est de défaillir pour un homme

    Mélodie, mélodie, mélodie
    Qui tombe en un mot,
    En un mot, en amour

    http://www.youtube.com/watch?v=qglnSoeujrU

    Comment by Chantal — 1 avril 2011 @ 15:53

  6. Grâce à son élégance innée, à sa longue silhouette, Diana multipliait les contrats dans les plus grands studios de photographes de la capitale. Son nom se retrouvait dans les meilleurs agences de mannequinat de la place. L’agenda se noircissait de rendez-vous.

    Pendant les pauses, Diana rêvait, rêvait à Marlène. Marlène Dietrich, la grande. ! Diana aurait volontiers annulé des pages entières de rendez-vous pour rencontrer ou même croiser seulement Marlène. Ce rêve embellissait sa vie faite de solitude. Paradoxe d’être si appréciée, de côtoyer des personnalités et cependant cachant sa profonde solitude.

    A la fin de la prise d’une série de photos pour les pages d’un grand magazine, le photographe lui annonça qu’il rejoignait le studio de cinéma. Marlène l’attendait pour une séance photo. Jacques proposa à Diana de l’accompagner car il avait besoin d’une doublure lumière pour les mises au point. Fébrile, Diana sortit le poudrier de son sac, et le petit tube de rouge à lèvres. Vite un voile de poudre, un peu de rouge sur les lèvres. Fébrile elle referma son sac, un gilet sur les épaules, un petit foulard de soie sur les cheveux et la voilà assise dans le coupé sport de Jacques. Direction les studios de cinéma…

    Comment by LOU — 2 avril 2011 @ 15:45

  7. C’est toujours si agréable de découvrir vos regards sur la toile offerte !
    Bravo à vous tous

    Comment by Chris — 3 avril 2011 @ 8:08

  8. Je viens à l’instant de lire vos mots sur la toile que Lali a déposée pour ce dimanche!
    Des mots merveilleux et qui donnent tant de plaisir à lire 🙂
    Bon dimanche et mes bises à vous tous. Un grand merci à toi Lali 😉

    Comment by Denise — 3 avril 2011 @ 9:27

  9. A Lou (si vous repassez par ici) : c’est amusant, j’avais également pensé à Marlène Dietrich en voyant cette toile et en écrivant, bien que ce ne soit pas d’elle que j’aie parlé. Quoi qu’il en soit, j’apprécie votre texte… Et je me dis que ce devait être en effet réellement impressionnant de rencontrer cette actrice! =)

    Comment by Milie — 3 avril 2011 @ 15:38

  10. Bien sûr Milie que je « repasse »… Pause café et une part de tarte (maison), et je reviens lire avec délectation et tranquillement les textes que j’ai déjà lu à l’heure « fatidique »
    La première chose que je regarde c’est le nombre de commentaire. Et là, hier je me suis dit »six » ouah. Et puis je lis vite, vite, qui ? quoi ?
    Et je sors car il y a trop de sensations, de perceptions, de profils cachés sous les mots. Puis plus tard, je reviens et relis, mot à mot.
    Et j’étais contente, oui, oui, contente de trouver ici un nouveau prénom.
    Merci de votre partage à tous…
    Oui le café est frais et parfumé, oui la tarte aux pommes est délicieuse….

    Comment by LOU — 4 avril 2011 @ 7:19

  11. Millie et Lou vous pouvez parler un peu moins fort svp. J’essaie de dormir un peu. Merci.

    Comment by Pépé — 4 avril 2011 @ 19:39

  12. Oh désolée Pépé, mais en France c’était l’heure de prendre son café après le repas de midi. Vous dormez à de drôles d’heures vous alors ?! C’est malin, Millie va se vexer….

    Comment by LOU — 5 avril 2011 @ 1:07

  13. Mais non, aucun problème : je chuchoterai, la fois prochaine! 😉
    Et merci pour votre réponse, Lou!

    Comment by Milie — 9 avril 2011 @ 14:50

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