Lali

26 août 2007

En vos mots 20

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:12

schembs

Pour marquer le coup de ce vingtième En vos mots, il fallait que celui-ci se distingue des autres, qu’il ouvre de nouvelles avenues. Non pas que chacune des lectrices, chacun des lecteurs à avoir été une source d’inspiration ne soit pas unique. Loin de là.

Mais j’ai eu envie de quelque chose de différent. Si bien qu’une sculpture de l’artiste Walter Schembs s’est imposée.

Quelle histoire nous livrera le lecteur? Dans quelles aventures nous entraînera-t-il? Je n’en sais rien, nous n’en savons rien. Et c’est là le plaisir de ce jeu.

Ce n’est que dimanche prochain que nous saurons.

À tous, une bonne semaine.

4 commentaires »

  1. Je suis envoûtée par cette sculpture!

    Son long corps couvert de hachures
    M’égratigne le coeur
    Et contraint mon regard
    À se jeter dans ses bras.

    Pourquoi suis-je tourmentée?
    Pourquoi y vois-je des écorchures,
    Des incisions,
    Des cicatrices?

    Parce que cet homme buriné
    Dans son humble révérence,
    S’est attendri
    Sous la gouge et la massette?

    Ou parce que,
    De ses blessures,
    L’artiste a fait
    Une oeuvre d’art?

    Flairjoy

    Comment by Flairjoy — 29 août 2007 @ 7:17

  2. Chaque homme

    Dans ses bras il tient le grand Livre
    Si grand, mais il peut le tenir
    Si lourd, mais il peut le porter
    Les pages précédentes
    Comme les suivantes
    Il ne peut les feuilleter
    Il doit lire celle-ci
    La sienne
    La plus belle
    Feuille de chêne sur laquelle
    il va sculpter son histoire
    Comme une page
    Une page de mémoire.

    Comment by Reine — 29 août 2007 @ 13:28

  3. L’artiste Walter Schembs a eu une idée de génie en sculptant ce personnage. Il a dû se dire qu’au pays de Lali, cette sculpture, très grande, y trouverait sa place. Justement, il l’a faite grande afin que ce personnage, aux bras puissants, puisse tenir dans ses bras une très lourde encyclopédie et qu’il pourrait ainsi offrir des trésors aux fidèles lecteurs de Lali. Il n’est pas interdit de rêver…

    Comment by Denise Rossetti — 31 août 2007 @ 15:33

  4. Chloé dessinait, avec son petit index, des mots dans l’air. Puis, elle riait fort chaque fois que je me trompais. C’était du bonheur concentré. Son regard vif et heureux faisait plaisir à voir.

    C’était il y a longtemps. Je crois que je ne saurais pas dire le nombre d’années. Je l’ai connue quand elle avait 3 ans et moi déjà vieux. Je vivais à l’époque de petits boulots. On se promenait dans le jardin, puis je l’emmenais voir les animaux. C’était un temps heureux …

    Nous avons fait cela presque tous les jours jusqu’à ses 6 ans. Depuis, j’avais perdu sa trace. La belle jeune femme, aux cheveux longs, assise à la table, souriante, à faire des dédicaces, n’avait pas grand-chose à voir avec la petite fille que j’avais connue. Probablement le sourire et le regard rieur et malicieux. Mais elle avait l’air un zeste plus grave. Sans doute les années l‘avaient transformée un peu.

    La file semblait traîner des pieds. Depuis une heure que j’étais là, debout, pour demander une dédicace à l’écrivaine Chloé Lis, qui venait de faire paraître « aquarelles d’enfance ». Un livre qui, selon la presse, donnerait un film touchant, où l’auteur dépeint ses souvenirs d’enfance. En lisant, je retrouve certains événements, dialogues, parfums. Cependant, même si elle décrit les oiseaux et d’autres animaux, les lieux ne sont pas les mêmes. Le nom de la personne que l’accompagnée non plus. Il ne s’agit pas de moi. Elle se nomme Thérèse et est une religieuse.

    Je me sens un perdu et perturbé. Mais depuis le temps, je me suis dit qu’elle m’a oublié. Et puis que ce n’est pas de moi qu’elle parle. Je me fais sans doute des idées quant à son récit.

    Je suis à moins de deux mètres d’elle. Devant moi une vieille mémère un peu hystérique attend que l’auteure finisse d’apposer la dédicace dans un livre destiné à une adolescente. Elles s’attardent à changer quelques mots et sourires et ça a l’air d’agacer la pauvre dame qui est devant moi.

    Chloé Lis lève les yeux souriants vers la dame et lui fait signe d’avancer. Mon Dieu qu’elle est devenue une belle jeune femme. Quand je pense aux après-midi passées ensemble, j’ai la chair de poule.

    Je m’aperçois que son regard reste figé dans ma direction. Je baisse la tête. Son regard est fixe et je devine quelques larmes apparaître dans ses yeux.

    Elle vient de poser sa plume. Elle semble ignorer la vieille dame. Ses yeux sont remplis de larmes. Je crois que les miens aussi. Elle m’a entouré de ses bras sans dire un mot. Puis m’a caressé le visage avec ses mains fines. Comme quand elle était petite et voulait retenir mon attention.

    Puis nous nous sommes regardés longtemps. Nous nous sommes souris. Elle m’a murmuré je ne veux plus devoir te chercher pendant des années.

    La séance à été suspendue. À sa demande. Dans mon dos, j’ai entendu une voix qui demandait : « c’est qui le monsieur ? … » Une autre lui a répondu : « je crois que c’est sœur Thérese » …

    Nous sommes partis dans une pièce, derrière. On était écroulés de rire, comme quand elle avait 4 ans et j’étais encore son soleil.

    Comment by Armando — 2 septembre 2007 @ 7:40

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