Lali

6 août 2019

Destin brisé

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:18

Avec Tu t’appelais Maria Schneider, la journaliste Vanessa Schneider livre un récit qui va au-delà du sujet abordé par celui-ci, à savoir sa cousine Maria Schneider, qui s’est éteinte en 2011 après une vie en dents de scie, sans avoir trouvé le bonheur ou une certaine paix avec elle-même, malgré la stabilité d’un amour qui s’est échelonné sur de nombreuses années.

Mais c’est le livre qu’elles auraient voulu écrire ensemble, affirme l’auteure, qui a choisi de ne pas faire les coins ronds, de ne pas enjoliver les personnages qui sont les membres de sa propre famille et de ne pas faire de Maria une sainte.

Cela nous donne un récit composé d’épisodes, plus qu’un suite chronologique des événements, ce qui n’est pas pour me déplaire. J’aime parfois me perdre dans le dédale des images qui surgissent, comme se plait à le faire Vanessa Schneider dans ce portrait de famille hors de l’ordinaire, un peu hippie, et surtout non conventionnelle, au sein de laquelle Maria a toujours trouvé refuge.

D’aucuns pourraient trouver que le récit va trop loin, que Vanessa Schneider verse dans le trop plein de détails, mais je pense qu’il lui était impossible de faire autrement, que la nécessité de dresser le véritable portrait de sa cousine était plus forte que tout. Alors, oui, Tu t’appelais Maria Schneider ne fait pas l’éloge de cet oiseau blessé qui a choisi de se détruire lui-même. Pas plus qu’il ne pardonne les chutes et rechutes de celle qui ne parvint pas à venir à bout de ses démons.

Vanessa Schneider a choisi le chemin de la vérité. Sans l’embellir. Mais avec beaucoup de tendresse pour celle qu’elle aurait voulu voir heureuse et sobre, et de laquelle elle aurait voulu être plus proche, malgré la différence d’âge entre elles.

Mais Maria a bousillé les cartes. Et le film de Bertolucci qui fit scandale n’est pas la seule raison de sa descente aux enfers, même s’il y a grandement contribué. La propre enfance de Maria, ses liens avec sa mère et le fait d’être la fille illégitime de Daniel Gélin l’avaient déjà fragilisée.

Tu t’appelais Maria Schneider est un livre vrai, sans pudeur inutile, et c’est là toute sa force.

Un commentaire »

  1. J’ai vu ce livre proposé par ma libraire et je me suis justement demandée s’il y avait un lien entre l’auteur et le personnage sujet de son livre.
    Il y a longtemps, j’ai vu à plusieurs reprises Vanessa Schneider à la télé et je la trouvais très intéressante.
    Mais je ne pense pas que je me plongerai dans ce livre malgré ta belle critique car je ne suis pas en état de lire un destin aussi sombre et tourmenté…

    Comment by Anne H — 7 août 2019 @ 1:39

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