Lali

20 février 2011

En vos mots 202

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

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C’est chaque semaine un défi que de choisir une scène inédite qui soit suffisamment évocatrice pour qu’elle donne envie d’écrire. Mais pas juste un défi. Un plaisir. Car il me plait d’imaginer vos Oh! et vous Ah! quand huit heures (ou quatorze heures, selon le méridien où vous vous trouvez) sonnent à l’horloge et qu’apparaît sur votre écran la toile qui va vous tenir compagnie toute la semaine ou quelques heures, selon qu’elle vous inspire illico une histoire ou qu’il vous faille la voir et la revoir avant de poser vos premiers mots sur le papier ou vos doigts sur le clavier.

Puisse cette scène imaginée par l’artiste Alan Maley vous séduire et vous donner envie d’écrire quelques vers, quelques lignes ou même une seule phrase autour de cette rencontre entre un bibliophile et une jeune femme qui semble venir vers lui. À moins qu’ils n’aient pas rendez-vous? Ou qu’il n’ait d’yeux que pour les livres?

C’est ce que nous découvrirons dans sept jours exactement alors que seront validés vos mots.

D’ici là, bonne semaine à tous les envosmotistes et ceux et celles qui les lisent!

6 commentaires »

  1. Les lieux remplis de livres et de silence ont toujours été des refuges parfaits pour l’être introverti et si souvent mesquin que je suis. Oui, je le reconnais. Je porte en moi une part de cette mesquinerie que la plupart des êtres s’entêtent à nier, alors que s’ils voulaient être justes avec eux-mêmes…

    J’apaise donc mon humeur maussade dans les lignes noircies par des noms que j’ignore, au gré des livres que j’ouvre au hasard, en lisant quelques bouts d’un livre puis trois ou quatre lignes d’un autre. Parfois des paragraphes entiers. Cela dépend. De l’écriture. De ce que je lis. De ce que j’imagine. Du feu que j’ai à éteindre ou de la tristesse qu’il me faut noyer.

    Cet après midi-là, j’avais d’abord lu quelques morceaux dans le rayon poésie. Histoire de m’accrocher au ciel de quelques rêves en rimes pour ne pas me noyer. Puis ça a été le tour du rayon histoire. Je m’étais ému du sort de Justine-Nicolette, la fille de la comtesse de Châteaubriant, puis je m’étais amusé de la femme infidèle de l’empereur Meng, avant de me perdre dans le récit du martyr portugais oublié à Ceuta. J’adore les rayons des livres d’histoire. On peut voyager dans le temps juste en tendant le bras et ouvrir indifféremment un livre qui s’y trouve à n’importe quelle page.

    Faut dire que le coin romans n’a pas spécialement ma préférence mais il m’arrive de lire de belles pages et que certains jours j’aurais aimé pouvoir suspendre le cours du temps et rester des heures, le regard perdu et rêveur à croire au grand amour qui surgira quelque part, au détour d’un chapitre. C’est ainsi que je me suis laissé prendre au piège d’Un morceau d’amour à vivre. L’écriture était belle et juteuse, comme une orange. Sucrée comme un rêve. Et je n’arrivais pas à lever mes yeux de la lecture, tellement j’avais hâte d’arriver à ce morceau d’amour à vivre que je ne me suis pas aperçu de l’arrivée de cette voix douce qui est venue me murmurer au-dessus de mon épaule, les mots qui ouvraient la page que je venais de tourner : Et seuls ceux qui s’attardent à trop rêver finiront par laisser d’autres vivre leurs rêves…

    Surpris, je me suis retourné et je suis resté accroché à son regard vert émeraude et je n’ai trouvé que la banalité de lui demander : Vous l’avez lu?…
    Et je me souviendrai toujours de son sourire : Non. Je l’ai écrit.

    Et nous avons eu notre premier éclat de rire.

    Comment by Armando — 20 février 2011 @ 8:54

  2. De passage à Milan, Victor passe son après-midi dans les galeries marchandes en souhaitant rapporter un joli souvenir à sa mère. Il découvre une magnifique bibliothèque et reste un long moment devant. A chaque voyage, Victor achète quelques livres pour son plaisir. Tout en regardant les auteurs sur le dos des livres, son regard se pose sur le recueil de Marceline Desbordes-Valmore et à cet instant, il se souvient de ce beau poème qu’il a lu et relu maintes fois. Il le connaît par coeur.
    S’il l’avait su
    S’il avait su quelle âme il a blessée,
    Larmes du coeur, s’il avait pu vous voir,
    Ah ! si ce coeur, trop plein de sa pensée,
    De l’exprimer eût gardé le pouvoir,
    Changer ainsi n’eût pas été possible ;
    Fier de nourrir l’espoir qu’il a déçu :
    A tant d’amour il eût été sensible,
    S’il avait su.

    S’il avait su tout ce qu’on peut attendre
    D’une âme simple, ardente et sans détour,
    Il eût voulu la mienne pour l’entendre,
    Comme il l’inspire, il eût connu l’amour.
    Mes yeux baissés recelaient cette flamme ;
    Dans leur pudeur n’a-t-il rien aperçu ?
    Un tel secret valait toute son âme,
    S’il l’avait su.

    Si j’avais su, moi-même, à quel empire
    On s’abandonne en regardant ses yeux,
    Sans le chercher comme l’air qu’on respire,
    J’aurais porté mes jours sous d’autres cieux.
    Il est trop tard pour renouer ma vie,
    Ma vie était un doux espoir déçu.
    Diras-tu pas, toi qui me l’as ravie,
    Si j’avais su !
    Ses souvenirs refont surface mais il préfère les mettre de côté.

    Après avoir choisi ses livres, il découvre une superbe aquarelle que sa mère aimera très certainement. C’est un paysage peint par Camille Pissarro d’une beauté exceptionnelle.
    Très heureux de ses choix, Victor fait signe au libraire. Il lui demande de faire un emballage cadeau pour l’aquarelle et d’emballer les livres.

    En se tournant, le coeur de Victor s’arrête presque de battre. Il se demande s’il ne rêve pas. Non! Il se trouve face à face avec une femme d’une grande beauté et d’une élégance qui ferait pâlir certains mannequins. Ne sachant que dire, Victor retire son gant droit et son couvre-chef pour la saluer. Eugénie très surprise que ce bel homme lui dise bonjour lui répondit par un sourire.
    Ce jour-là, Eugénie ne devait pas passer par là et Victor est resté très longtemps à choisir ses livres.

    Pour tous les deux, une page se tourne…

    Comment by Denise — 25 février 2011 @ 14:39


  3. « Il sera passé à côté d’elle, juste à côté d’elle, sans la voir. Parce qu’elle était de ces âmes qui ne font aucun signe, mais qu’il faut patiemment interroger, sur lesquelles il faut savoir poser le regard.

    Certes c’était une fille des plus communes. Pour Aimery, pour l’auteur de ces pages, pour la plupart des hommes, ce sont des êtres de rencontre, auxquels on s’attache un instant, seulement un instant, parce que la beauté, la paix qu’on y trouve ne sont pas de celles qu’on avait imaginées pour soi ; parce qu’elles ne sont pas là où l’on s’attendait à les trouver. Et ce sont de pauvres filles. Elles savent elles-mêmes qu’elles sont de pauvres filles. Mais pauvres seulement de ce qu’on n’a pas voulu découvrir en elles.
    Quel homme n’a pas dans sa vie commis deux ou trois de ces crimes ? »

    « La dentellière » – Pascal Lainé

    Comment by LOU — 27 février 2011 @ 5:16

  4. C’est lui..
    Un pas hésitant
    Un espace temps
    Un Rien
    qui le rapproche de lui
    la profondeur des regards
    dira que le bonheur y loge
    leur destinée s’écrit

    Comment by Chantal — 27 février 2011 @ 8:46

  5. J’aime venir vous lire et à chaque fois, vos mots me font chaud au coeur. C’est un moment très agréable 🙂

    Mes bises!

    Comment by Denise — 28 février 2011 @ 9:45

  6. Divine endimanchée elle est arrivée
    J’attendais en bas de l’escalier
    Fragile, j’avais décidé de l’accoster
    Haut de forme et gants blancs
    Pour ce bouleversement
    Mettre à jour
    Mon secret amour
    Mon rêve à la nuit abandonné
    Enfin l’épingler à ma réalité
    Mais devant tant de beauté
    Une fois encore, me suis effacé…

    Comment by Les Héphémères — 28 février 2011 @ 9:45

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