Lali

13 novembre 2018

Où est ma chaussure?

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:37

Ou-est-ma-chauure-

Ceux et celles qui s’intéressent à la littérature jeunesse ont tous à un moment ou à un autre ouvert un album de Tomi Ungerer, Alsacien d’origine vivant en Irlande depuis de nombreuses années. Il a en effet tenu une grande place sur les rayons des librairies et des bibliothèques, particulièrement dans les années 1960 et 1970.

Or, j’ai eu la surprise de constater que son album Où est ma chaussure?, initialement publié en 1964 en anglais, a été réédité en 2012, et eu la curiosité d’y plonger, me demandant jusqu’à quel point cet album avait bien vieilli ou pas. Je ne peux que constater que cet album où les images prennent presque presque toute la place, celui-ci étant axé sur la recherche d’une chaussure page après page, un jeune garçon ayant perdu l’une des siennes, n’a rien perdu de son efficacité.

Les différentes chaussures proposées sont dissimulées dans des objets ou des animaux, et il n’est pas toujours évident de les trouver au premier coup d’œil. Mais je me pose une question. Si cet album n’était pas une réédition, et s’il n’était pas un album de Tomi Ungerer, accepterait-on aujourd’hui de publier un livre dans lequel un enfant trouve une chaussure dans un canon à fût et dans le costume d’un militaire? Oui, je me le demande à l’heure où l’édition est si frileuse, du moins au Québec, qu’elle évite bien des sujets qui laissent entendre que tout n’est ni gentil ni rose.

À chacun de juger s’il veut s’aventurer sur des chemins qui ont tout à voir avec la réalité, et de décider s’il préfère fermer les yeux et éluder de possibles questions.

12 novembre 2018

Le voyage des reines

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:40

voyage

Les reines ne sont pas habituées à se salir les mains, préférant de loin prendre le thé et papoter, ce que s’apprêtaient à faire six d’entre d’elles quand un vent les ont soulevées de terre et transportées loin de chez elles. Sans couronne, sans chaussures, une reine est-elle toujours une reine aux yeux de tous?

L’album de l’auteure et illustratrice Caroline Merola pose la question et nous entraîne dans une aventure qui risque de changer la vie de ces reines à tout jamais.

Joliment illustré, finement raconté, Le voyage des reines est l’occasion de prendre conscience du fait qu’il suffit de bien peu pour que ce qu’on croyait inébranlable se trouve complètement chamboulé. C’est d’ailleurs l’une des forces de cet album que cette possibilité de l’adapter aux différentes situations auxquelles petits et grands se trouvent confrontés au cours de leur vie.

À offrir sans hésitation.

9 novembre 2018

L’ourse des neiges

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:59

ourse des neiges

Une ourse dormait calmement avec ses deux petits, sans penser que le malheur veillait sur elle, qu’il n’allait pas tarder à prendre forme, et qu’elle verrait l’un d’eux emporté par les griffes de Corbeau. Elle ignorait aussi qu’un chasseur qui passait par là allait trouver un paquet de fourrure abandonné par Corbeau, lequel s’est enfui en entendant les pas de l’homme.

Or, quand le chasseur examina le paquet en arrivant chez lui, il découvrit non pas l’ourson, mais un bébé, un vrai miracle que sa femme et lui attendaient depuis longtemps. Un enfant qu’ils chérirent pendant sept ans. Jusqu’à ce que celui-ci se voit emporté loin, très loin de chez lui par ce même Corbeau qui l’avait enlevé autrefois.

Perdu, apeuré, il se voit rapidement entouré d’un groupe d’ours blancs. Si bien qu’il croit que son heure est venue. Mais ce n’est pas le cas. Parmi ces bêtes se trouve son frère ours qui le reconnait malgré son aspect humain. Or, quand son père le retrouve, l’enfant s’est arraché aux ours, sa première famille, et ne veut pas plus la blesser qu’il ne veut peiner ceux qui l’ont élevé. Si bien qu’un seul choix s’impose puisqu’il a le pouvoir de changer de forme : vivre les mois d’hiver avec les ours, et les mois d’été avec les humains.

Or, si à une époque lointaine, humains et ours vivaient dans une certaine harmonie qui permettait un tel choix, on peut transposer cette histoire à l’époque que nous vivons et imaginer qu’un enfant pourrait, s’il le désire, se partager entre ses parents biologiques et ses parents adoptifs si une telle éventualité se présentait. Le cœur n’est-il pas un muscle extensible?

L’album écrit et illustré par Jackie Morris est de toute beauté. De même que le message d’amour universel qu’il véhicule. Je ne peux donc que le suggérer sans aucune hésitation aux 5 ans et plus.

8 novembre 2018

Chasseurs de dents

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:32

chasseur-de-dents-cambourakis

Voilà un album à l’efficacité redoutable, qu’on ne peut pas mettre entre les petites mains sans en avoir pris connaissance et sans s’être préparé aux éventuelles questions qui risquent d’être nombreuses.

En effet, l’album du Coréen Cho Won-hee est dérangeant. Très dérangeant. Et ce, malgré la presque totale absence de texte, car les images parlent haut et fort.

Ici, les rôles sont renversés. On ne chasse plus les éléphants pour leur ivoire. Ce sont les éléphants qui pourchassent les bébés pour leur extraire les dents et en faire des objets décoratifs et inutiles.

Horrible, direz-vous? Oui, sûrement, mais rassurez-vous : ce n’était qu’un rêve. Un très mauvais rêve.
Comme nous l’apprendrons à la touche fin.

Or, nul ne peut sortir pas de Chasseurs de rêves tout à fait intact.
Il est utile de le savoir avant d’y entrer. Tout comme on ne doit pas oublier que cet album ne convient pas aux très jeunes enfants, ni même à certains plus grands, qui pourraient être traumatisés à l’idée que tout cela pourrait être réel.

L’imagination des enfants et leur talent pour la transposition sont infinis.

6 novembre 2018

Un petit chat amoureux

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:40

chat amoureux

L’idée était bonne, me dois-je d’affirmer après la lecture du petit album carré Un petit chat amoureux, destiné aux 3 ans et plus. Mais celui-ci me semble plutôt une demi-réussite qu’une réussite à part entière, même si l’objet est bien pensé, puisque les pages résisteront aux taches et à la rudesse, celles-ci étant plastifiées, donc lavables et indéchirables.

Or, je n’ai guère aimé les illustrations de Fabien Öckto Lambert où le petit chat a la gueule ouverte alors que les autres sont plutôt mignonnes, et je n’ai pas compris pourquoi le héros de l’histoire n’avait pas de prénom alors que Zoé, dont il s’éprend, en a un.

Ici s’arrêtent mes réserves. Audrey Bouquet a trouvé les mots justes pour expliquer les effets qu’ont tomber en amour, comme cette impression d’avoir des papillons dans le ventre ou le fait de se trouver sur un petit nuage.

Le petit album va plaire à plus petit que moi, j’en suis convaincue.

5 novembre 2018

Toute une surprise!

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:24

valentine

Avez-vous dans votre entourage des personnes qui imaginent toujours le pire au moindre retard ou s’ils voient leur routine bien huilée être modifiée? Qu’ils soient grands ou petits, ils trouveront peut-être de quoi calmer leurs peurs dans cet album pour les 3 ans et plus, intitulé La surprise de Valentine.

C’est en effet ce que je retire de la drôle d’aventure de Valentine, laquelle vit des dimanches identiques semaine après semaine, sans surprises, mais qui ont quelque chose de rassurant. Si bien que quand elle constate que les uns et les autres, de son grand-père à sa petite sœur ne sont pas dans leur lit, et que de la cuisine ne se dégage aucune odeur qui pourrait rappeler le chocolat chaud et les crêpes qui font partie du rituel du dimanche, elle imagine le pire. Les siens l’auraient-ils abandonnée? Une surprise de taille l’attend. Je n’en dirai pas plus.

Mais je ne peux m’empêcher de penser à ceux et celles qui savent tourner la moindre en raison de s’inquiéter. Et si parfois, un retard ne signifiait pas un accident? Et si quelqu’un qui n’est pas dans son lit n’était pas malade, mais en train de regarder la pleine lune? Et si tout ce qui pourrait être matière à faire battre le cœur bien trop rapidement le faisait plutôt battre tout court?

Avec La surprise de Valentine, illustré par AnneMarie Bourgeois, Lou Beauchesne signe un album tout simple et efficace à partir duquel il est possible de dédramatiser les peurs.

1 novembre 2018

La fête de Chapultepec

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:07

chapultepec

La fête de Chapultepec, un bel album pour enfants imaginé par Marie Barguirdjian à partir d’une toile de René Derouin, est un livre de toute beauté. Rien de moins. Et quiconque l’ouvrira sera séduit, qu’il soit petit ou grand.

L’histoire qui nous est racontée ici est celle de Pedro et des siens, un jour de fête à Chapultepec, au Mexique. Un jour pas ordinaire puisque Pedro y fait une rencontre peu banale alors qu’il courait après un cerf-volant avec ses frères et sœurs. En effet, la dame au visage maquillé de bleu a bien vu que Pedro, dans sa course, a perdu de vue Diego, Federico, Angela et Carmela, et même, qu’il est perdu tout court.

Le voyage qu’elle lui impose pour qu’il comprenne ce qui l’effraie est troublant. Des poissons jaillissent de nulle part, de même que des loups, des chiens, des masques effrayants. Puis des créatures squelettiques surgissent à leur tour alors qu’il survole les lieux sans pouvoir mettre un terme à cette course affolante. Mais la Grande Prêtresse de Chapultepec veille sur Pedro et il finira par retrouver sa famille, après avoir eu bien peur.

Même si l’histoire finit bien, même si la toile qui a servi à la raconter est finement découpée pour en révéler tous les détails, et même si j’ai été éblouie par ce travail, car j’aime que les tableaux inspirent les écrivains, je me demande à quel point cet album est destiné aux enfants tant il peut faire peur. Mais il est si beau… C’est pourquoi je conseille qu’il soit lu à haute voix par un adulte plutôt que par l’enfant lui-même, dans le but de lui éviter des cauchemars et pour qu’il profite vraiment de la richesse de cet album qui se démarque.

29 octobre 2018

Un grand-père pas comme les autres

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:36

transformable

Un grand-père qui peut se transformer au gré de ses désirs, ça peut être formidable. Il ne suffit que de dire tout haut ce qu’on souhaite tout bas pour que le moindre caprice, la moindre lubie, la plus petite idée devienne réalité.
Devenir dinosaure, dauphin, voiture de sport, tarte aux pommes pendant un moment n’est nullement impossible au grand-père transformidable du jeune héros, qui ne quitte jamais son chapeau. Au grand plaisir de son petit-fils et de ses amis.

Un grand-père comme cela, c’est tellement extraordinaire. Tellement formidable. Si, si. Enfin, jusqu’au moment où, devenu un robot de l’espace prêt à affronter tous les monstres intergalactiques, celui-ci se trouve dans l’impossibilité de retrouver son corps et sa vie de grand-père. Malgré les efforts de tous, la consternation des autres, et les bisous qui savent d’habitude remettre les choses en place.

Mais rassurez-vous, tout rentrera dans l’ordre grâce à Lola. Je ne vous dirais pas de quelle façon.
Je vous dirai simplement que cette (més)aventure permet au jeune avant d’apprécier son grand-père à sa juste valeur et non pas parce qu’il se transforme quand son petit-fils en a envie, et que c’est là un très beau message.
Un grand-père qui nous aime est précieux, juste parce que c’est un grand-père qui nous aime. Point.
Un bel album signé Alain Serres et illustré sobrement par Hervé Blondon, auquel je n’ai trouvé qu’un seul bémol : Lola n’y est pas remerciée alors que c’est grâce à elle que tout rentre dans l’ordre.

27 octobre 2018

Les souliers de Jacob

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 17:04

Les-souliers-de-Jacob

Combien de fois avez-vous entendu l’expression voulant que le cordonnier soit souvent mal chaussé? Plus d’une fois, j’en suis certaine. Comme je suis tout aussi convaincue qu’il n’était pas toujours question de cordonnier ou de chaussures.

Mais cette fois, c’est bien le cas. Jacob n’a pas trouvé chaussure à son pied, lui qui sait pourtant faire des miracles et créer des chaussures exceptionnelles pour des clients qui viennent de partout dans le monde afin que le cordonnier crée pour eux de quoi changer leur vie. Des chaussures qui ne reculent devant rien pour les timides, des chaussures qui prennent le mot au pied de la lettre pour les poètes, des chaussures qui font les cent pas pour les impatients, entre autres.

Aucun défi n’est trop grand pour cet inventeur.
Jusqu’à ce que Margot franchisse le seuil de sa boutique et lui demande de lui fabriquer des chaussures pour faire le premier pas. Il a beau chercher, travailler d’arrache-pied toute la nuit, il n’y arrive pas.
Il prête donc ses propres chaussures à Margot…
À vous de découvrir la suite.

Vous tomberez sous le charme de ce bel album signé Agnès de Lestrade et illustré par Tom Schamp, rien de moins.
Parce que vous aimez, comme moi, les histoires qui finissent bien, et celles où les expressions connues se parent de suffisamment de magie pour vous entraîner dans des jeux de mots qui vous feront sourire. Et ce, bien longtemps après avoir refermé le livre.

22 octobre 2018

Éloi

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:43

eloi

À la tristesse du monde, à la guerre, aux disputes, aux orages, à la malnutrition et à la détresse, Éloi n’a qu’une façon de répondre : en semant la joie en compagnie de son cheval. Juste cela. Et comme il est extraordinaire d’être en mesure de poser ce geste si simple quand rien ne va, quand tout nous blesse, quand l’univers se dérobe sous nos pas, quand la planète va mal, quand les larmes n’arrivent pas à nous faire oublier. Et qu’il est magnifique d’oser ce geste qui n’a rien de salvateur, mais qui aide à adoucir les douleurs qui prennent toute la place. Particulièrement dans le cœur des enfants de partout, qui sont rarement en mesure de comprendre ce qui leur arrive ni pour quelles raisons ils sont contraints de faire face à l’inimaginable.

C’est ce que raconte ce très bel album écrit avec énormément de tendresse et de poésie par Roxane Turcotte et illustré magnifiquement par l’artiste Maxime Lacourse. Un album où mots et images font plus que se répondre ou se compléter, devenant à chaque lecture de plus en plus inséparables les uns des autres. Une histoire qui met l’accent sur ce que la joie procure plutôt que sur ce qu’elle tente de gommer, ce qui en fait un livre optimiste, mais qui ne ferme pas les yeux sur la réalité.
Un livre de toute beauté, rien de moins. À offrir ou à s’offrir.

« Page précédentePage suivante »