Lali

30 avril 2019

Sous mon arbre

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 21:21

Je ne pense pas avoir eu entre les mains un livre « troué » depuis que j’ai quitté ma vie de libraire il y a 13 ans. En fait, j’ignorais qu’il s’en faisait encore jusqu’à ce que je voie ce superbe album signé Jo Witek, illustré par Christine Roussey, dans un salon du livre.

Et quel beau livre que Sous mon arbre, qui raconte le lien qu’entretient une fillette avec son arbre. Un arbre qu’elle aime, qu’elle décrit avec poésie (il a la tête dans les nuages), qui est différent d’une saison à l’autre, mais toujours unique, à qui elle peut raconter ses chagrins et ses bêtises.

Je suis conquise. Comme vous le serez sûrement, de même que tout enfant qui l’aura entre les mains. Et peut-être songerez-vous à votre arbre… Le mien était un saule. Je ne l’oublierai jamais. J’ai lu sous ses branches, j’y ai grimpé, je lui ai confié des secrets. Et le jour où on a dû l’abattre parce que ses racines prenaient tant de place qu’il allait finir par soulever la maison, j’ai eu autant de peine que si j’avais perdu un ami. Mais n’avais-je pas, justement, perdu un ami?

Sous mon arbre me l’a un peu rendu.


29 avril 2019

Un autre livre sur Frida

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:34

Je suis une fan de Benjamin Lacombe et de ses extraordinaires illustrations plus belles les unes que les autres. J’avais donc hâte de me plonger dans son album consacré à Frida Kahlo. Et je ne peux qu’affirmer que l’album est de toute beauté et qu’on aurait envie de le laisser trainer sur une table à café pour pouvoir l’ouvrir au hasard afin de se laisser emporter par les couleurs et les détails de chacune des scènes que nous sont offertes.

Mais je me demande si cet album s’adresse vraiment à des enfants tant il est sérieux, tant il fournit de renseignements qui ne sont pas adaptés pour eux et qui pourraient même les détourner de ce magnifique ouvrage. Or, je peux me tromper. Il est sûrement abordable quand les enfants ne sont pas laissés à eux-mêmes et qu’ils sont accompagnés par des adultes attentionnés et soucieux de leur fournir un soutien et un contexte quand ils ont affaire à ce qui va bien au-delà de leurs connaissances.

C’est probablement le cas avec cet album concocté avec soin par Benjamin Lacombe et Sébastien Perez, dont ce n’est pas la première collaboration. Je demeure sous le le charme, totalement séduite par cet album qui rend un véritable hommage à cette artiste hors du commun qui a été et qui demeure une source d’inspiration tant pour les écrivains que pour les peintres.

Curieusement, je l’offrirais davantage à des adultes qui connaissent déjà l’artiste mexicaine qu’à des enfants. Pour aller au-delà du connu, pour laisser une grande place à l’imaginaire, les toiles de l’artiste ayant pris un certain envol qui n’est pas pour me déplaire, même si les illustrations demeurent fidèles aux tableaux qui les ont inspirés.

L’ouvrir, c’est entrer dans un monde fabuleux. Rien de moins.

25 avril 2019

La poupée de Ting-Ting

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:10

poupee

Coup de cœur pour ce magnifique album plein de douceur, malgré la tristesse qui se dégage de celui-ci à prime abord, alors que Ting-Ting s’aperçoit qu’elle a perdu sa poupée. Et une poupée bien spéciale parce que fabriquée par son père disparu. Le peu qu’il lui reste de lui.

Mais la poupée n’est nulle part. Ni dans la maison, ni là où elle a oublié la veille son chapeau. Elle a dû se retrouver parmi les poupées que sa mère est partie vendre au marché ce matin alors qu’elle passait la journée avec sa grand-mère.

Elle ne la reverra donc pas. Cette poupée était si belle avec ses joues du rouge des pétales de coquelicots qui ont servi à son père pour la réaliser. Et surtout, cette poupée était à sa ressemblance.

La perdre, c’est perdre son père une deuxième fois. Ting-Ting est donc inconsolable.

Mais de là-haut, un bel héron veille sur la petite. Est-ce la réincarnation de son père? Peut-être. Mais ce héron ne la perd jamais des yeux. Si bien qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour que Ting-Ting retrouve sa poupée. Même s’il n’est qu’un oiseau et que ses moyens d’agir sont limités.

Cela donne un merveilleux conte. Un magnifique album.

L’écriture toute en finesse de Ghislaine Roman y est pour beaucoup. Jamais le mot « mort » n’est écrit nulle part. À nous de le deviner. De plus, les illustrations signées Régis Lejonc sont empreintes de tendresse, ce qui ajoute à cet album à mettre entre toutes les mains.

24 avril 2019

Un bout de mer

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bout

Je ne vous résumerai pas Un bout de mer, le bel album écrit par Ingrid Chabbert et illustré par Guridi. Je veux vous laisser le bonheur de découvrir cette histoire et la poésie qui s’en dégage. J’imagine déjà le souvenir émerveillé que vous en conserverez.

Un bout de mer est en effet un album magnifique. Une histoire d’amour entre un enfant et son arrière-grand-mère. Un livre sur les rêves, un livre sur la vieillesse, un livre sur la sagesse. Un livre sur la vie. Un livre inoubliable.

Ne passez pas à côté de l’histoire d’Ali et de son arrière-grand-mère.
Je n’en dirai pas davantage.

23 avril 2019

Seule contre moi

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:42

seule

Les romans portant sur l’anorexie ne sont pas nombreux et pourtant nécessaires. C’est pourquoi le roman de Geneviève Piché intitulé Seule contre moi devrait compter parmi les livres essentiels des bibliothèques scolaires.

Le livre avait échappé à mon attention lors de sa parution en 2013. Mais heureusement, l’écrivaine Charlotte Gingras, avec qui j’ai longuement discuté à l’occasion du Salon du livre de Québec il y a une dizaine de jours, m’a parlé de Seule contre moi, lequel raconte la descente aux enfers de Pascale.

Il a suffi d’une petite remarque pour que la jeune fille de 14 ans s’examine et décrète qu’elle était vraiment, mais vraiment trop grosse avec ses 118 lb (53 kg). Oui, une remarque. Celle d’un garçon de son âge, affirmant (comme s’il possédait la vérité absolue) que Pascale a encore son gras de bébé et qu’elle devrait s’en débarrasser.

Et c’est à cela que la jeune fille s’applique. En notant le nombre de calories, en courant, en s’examinant, en se pesant trente fois par jour. Et jamais satisfaite. Au point de presque y laisser la vie et qu’il faille l’hospitaliser.

Si la remarque à propos de son poids a été le déclencheur, elle n’est pas que la seule raison de l’anorexie de Pascale, comme nous le fait comprendre à celle-ci et au lecteur la psy qui tente d’aider la jeune fille, presque malgré elle. Le mal-être est plus profond et il lui faudra elle-même en découvrir la source afin de se rebâtir après s’être si bien détruite qu’elle n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Geneviève Piché aborde le sujet avec une langue simple, mais un regard qui m’a paru toujours juste. Pas question de faire les coins ronds et de laisser croire qu’on vient à bout de l’anorexie facilement.

Un roman qui n’est pas sans rappeler le récit de Valérie Valère, Le pavillon des enfants fous, que j’avais lu au moment de sa parution alors que je tentais d’aider une amie aux prises avec le démon qu’est cette maladie.

Je ne connais pas la maladie de l’intérieur, mais je sais de quels ravages elle est responsable pour avoir vu une amie fondre, pas juste en matière de poids, mais fondre au point de se fondre au décor afin que plus personne ne la remarque et ne la blesse. Je sais le combat qui a duré des années, je connais le bonheur de la savoir en vie aujourd’hui.

Lisez Seule contre moi. Même si vous n’êtes plus un ou une ado. Pour tenter de comprendre et peut-être d’aider un peu, même si seuls des spécialistes peuvent réussir là où les amis et la famille ont dû se résoudre à accepter leur incapacité à changer les choses.

22 avril 2019

Le magicien ensorcelé

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:28

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Je me promets depuis des semaines de rattraper le retard accumulé depuis le début de l’année. Vais-je réussir grâce à ces quelques jours de congé à partager avec vous mes impressions sur mes récentes lectures et à lire un livre par jour? C’est ce que nous verrons!

Commençons donc par Le magicien ensorcelé, un roman paru en 2001 et destiné aux jeunes lecteurs, signé Christine Bonenfant, qui m’a plu dès la première page. Et mieux encore : le plaisir s’est prolongé jusqu’à la dernière page. Je ne peux donc que vous suggérer la lecture des aventures du magicien Rapappine, lequel est en mesure de faire apparaître mille beautés et de tout fabriquer (ou presque) grâce à a baguette magique qu’il utilise avec brio.

Mais Rapapine s’ennuie. Il rêve d’avoir de la compagnie et souhaite ardemment faire apparaître une princesse toute douce aux longs cheveux blonds. Mais ce n’est pas du tout ce qui va arriver à Rapapine. Élise n’est pas une princesse, et ses cheveux sont foncés et courts. Et elle n’a pas la langue dans sa poche, en plus d’être très mécontente de se retrouver loin de chez elle en raison d’un coup de baguette.

Mais celle-ci n’est plus fonctionnelle, car elle est demeurée au bord de la fenêtre pendant la nuit et a pris froid. Rapapine et Élise n’ont donc que le choix d’apprendre à se connaître malgré tout ce qui les sépare pendant que le baguette prend du mieux. Et pour résumer un peu les choses : disons que la magie opère!

Voilà là un joli roman, bien ficelé et plein de surprises, pour Rapapine, pour Élise, et pour les lecteurs et lectrices. Un roman qui m’a donné l’occasion de sourire, de sourire, et de sourire encore.

20 février 2019

Les lettres de Gladys

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:34

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Quel joli livre que Les lettres de Gladys! J’ai eu un sourire grand comme ça du début à la fin de cet album d’Ingrid Chabbert, dont j’ai aimé tous les livres que j’ai lus. Et le sujet y est sûrement pour beaucoup, autant que la façon de l’exploiter, car Mademoiselle Gladys écrit. Des lettres de toutes sortes, des poèmes d’amour, et même des factures.

Écrire est ce qu’elle fait le mieux. C’est aussi sa façon de créer des liens et d’apporter joie, douceur, imagination et réconfort autour d’elle. Et si grâce à sa passion pour les mots et à son talent pour les utiliser, une amitié se développait?

Je n’en dirai pas plus. Laissez-vous séduire par Les lettres de Gladys, un album joliment illustré par Stéphanie Augusseau, dont j’avais apprécié les illustrations réalisées pour un autre album d’Ingrid Chabbert, Un jour, mes parents viendront.

18 février 2019

Entre ciel et mer

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:45

entre ciel

Vous arrive-t-il de choisir un livre simplement à cause de la beauté de la page couverture sans connaître le sujet ou avoir entendu parler de l’auteur ou de l’illustrateur? C’est ce qui m’est arrivé tout récemment avec Entre ciel et mer des frères Fan, Terry et Eric, auteurs et illustrateurs de cet album parmi les plus beaux que j’ai eus entre les mains ces deniers mois.

Je me suis laissée guider par les bateaux et montgolfières de la couverture, lesquels m’ont incitée à voguer et à m’envoler avant même que je ne commence à lire l’histoire de Félix, qui a perdu son grand-père, lequel est tout de même présent, car son petit-fils pense souvent à lui. Et aussi à cet endroit lointain où la mer et le ciel se rencontrent, dont il parlait si souvent… D’où l’idée pour l’enfant de construire un bateau pour lui rendre hommage et afin de se rendre dans cet endroit mythique. Ce qui donne lieu à des images magnifiques. Poisson doré géant, pieuvre, hibou, montagne de livres, coquillages énormes qu’il faut escalader, mer de méduses, bateaux volants, baleine et château, autant de détails finement dessinés que croise Félix avant d’atteindre ce lieu dont il a tant entendu parler et où vit son grand-père qui n’est plus.

Un autre album sur la mort, direz-cous. Un autre album sur la vie, dirai-je. Parce que mon grand-père est toujours avec moi, au-delà de la mort, dans ma vie de tous les jours, depuis plus de 47 ans.
Les héros ne meurent jamais.

12 février 2019

Quand le rire a disparu

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:15

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Quand j’ai commencé à travailler en librairie, au début des années 1980, les livres portant sur le deuil étaient une denrée rare alors que la demande était tout autre. Mais les choses ont changé au fil des ans. Il n’est plus seulement question du décès de grands-parents dans les albums jeunesse. Les raisons ne sont plus floues. Les albums d’aujourd’hui n’hésitent pas à parler de cancer, à aborder la mort d’un parent, d’un enfant, d’un ami, d’un frère ou d’une sœur.

La peine de Sophie-Fourire traite de la mort accidentelle, du vide laissé dans la vie de Sophie et de son père, du rire qui a disparu de leur vie, des grimaces devenues impossibles, alors qu’elles étaient source de joie et rires pour la mère et la fille, et pour le père qui les prenait en photo.

Les photos sont rangées. Bien loin. Tout comme le rire qui est maintenant coincé dans la gorge, sans possibilité de s’exprimer, de prendre toute la place, comme il le faisait avant. Avant la mort. Avant que le père ne soit plus en mesure de parler. Avant que rien ne soit plus comme avant.

Mais la vie est pourtant là, qui attend son heure. Prête à jaillir. Cascades de rires et grimaces sont là, tout près. Et Sophie saura trouver comment les susciter à nouveau. Parce que a vie est plus forte que la mort.

L’album écrit par Nadine Poirier s’avère une belle façon de montrer aux enfants ce que peut vivre un autre enfant lorsqu’il perd un parent autant qu’un album pour accompagner l’enfant qui vit un deuil, surtout que les illustrations signées Amélie Dubois sont des merveilles de douceur.

5 février 2019

Le loup tombé du livre

loup

Ce qu’il est agréable de dénicher au hasard des rayons un livre dont le résumé vous fait sourire et dont la lecture continue de vous faire sourire. C’est le cas de ce sympathique album écrit par Thierry Robberecht et illustré par Grégoire Mabire, Le loup tombé du livre.

Il y avait tant de livres dans la bibliothèque de Zoé qu’un jour un livre est tombé par terre et qu’un loup en fut éjecté. C’est ainsi que débute ce bel album destiné aux jeunes lecteurs qui fera autant le bonheur des petits que des grands tant l’imagination de l’auteur nous emmène dans toutes les directions dans le but d’aider au loup à retrouver son chemin… ou plutôt le livre dont il est l’un des héros.

Mais pour cela, il lui faut d’abord échapper au chat qui a bien l’intention de lui faire la peau. Mais aussi entrer dans des livres où il n’est pas le bienvenu. Pas simple de trouver le bon livre et d’affronter tous les personnages qui ne veulent pas de lui dans leurs différentes histoires! Mais quel bonheur pour le lecteur!

Le loup tombé du livre est un pur moment de plaisir, peu importe l’âge du lecteur ou de la lectrice. Si, si. Je vous l’assure.

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