Lali

6 janvier 2020

Une fugue qui ne finit pas

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:57

L’illustration de la couverture, signée Benoit Tardif, un artiste que je connais depuis quelque temps grâce aux cartes postales, avait quelque chose d’irrésistiblement attirant. Et cela a suffi pour que Marie-Francine m’offre Partir de rien de Maude Nepveu-Villeneuve, paru une première fois en 2011 et dans sa facture actuelle il y a quelques mois. Sans trop savoir dans quelle aventure j’allais m’embarquer en suivant Chloé et Almée.

Et quelle aventure! Je me suis laissée emporter dans cette fugue qui devait durer quelques jours et qui n’en finit pas. Pour la bonne raison que lorsque les adolescentes rentrent finalement chez elles, elle trouve le village vide, totalement déserté. En quelque sorte la preuve qu’il sera bien rasé, comme annoncé, pour faire place à un aéroport.

Le temps de ramasser quelques livres laissés derrière eux par les adultes, car il n’y a plus rien à faire ici, les voilà prêtes à partir à nouveau avec un seul but en tête : voir la mer.

Une ville portuaire les attend bien au bout d’une longue route qu’elles parcourent à bicyclette avant de poser leurs besaces dans une chambre d’hôtel avant de déménager dans un appartement qu’elles partagent avec un poseur d’affiches rencontré au hasard de leurs promenades.

Si elles se laissent d’abord vivre, sans trop se demander de quoi demain sera fait et si leurs parents sont peut-être à leur recherche, leur quotidien prend une autre tournure quand Almée commence à chanter dans un bar, délaissant Chloé par la force des choses alors qu’elle avaient toujours été les meilleures amies du monde depuis l’enfance.

Il est donc ici question de l’amitié, du passage de l’adolescence à la vie adulte, de ce qu’on laisse derrière soi, des rêves qu’on avait, de ceux qui se sont ajoutés, du fait que tout ce qu’on croyait immuable ne l’était peut-être pas.

Un beau roman qui se lit sans envie de le poser. Dont on goûte chaque phrase. Pour le simple plaisir de ne pas avoir les pieds dans la réalité. Car c’est aussi de cela dont il s’agit ici. De cet imaginaire de l’auteure qui nous propose un lieu hors du temps, hors des normes habituelles, hors du cadre rigide de nos points de repère.

Laissez donc vos questions, votre besoin de savoir où cela se passe et de vérifier ce qui n’est pas vérifiable, voire logique, au vestiaire. Vous n’en aurez pas besoin, et de plus, elles seront tout à fait inutiles.

Partez de rien, vous aussi. Et laissez-vous emporter par cette histoire d’amitié. Tout simplement.


Enfants joyeux près de leur village

Filed under: Couleurs et textures,La carte postale du jour — Lali @ 12:00

Je suis une fan de l’illustrateur alsacien Hansi depuis un bon moment. Lilas, qui m’a envoyé cette carte, ne le savait peut-être pas. Pas plus, probablement, que je rêve de voir un jour le musée qui lui est consacré.

Ce que mots vous inspirent 2643

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

Les adultes se persuadent facilement que leur solution est géniale quand ils n’ont pas à en subir les conséquences.  (Jean-Marie Firdion)

*illustration de Jacqui Taylor