Lali

19 juin 2015

Du côté de la Suisse 4

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

DE SAINT-AUBIN (Augustin)

Vie dangereuse

Aujourd’hui je suis peut-être l’homme le plus heureux du monde
Je possède tout ce que je ne désire pas
Et la seule chose à laquelle je tienne dans la vie
chaque tour de l’hélice m’en rapproche
Et j’aurai peut-être tout perdu en arrivant

Blaise Cendrars
(dans La poésie suisse romande, anthologie de Claude Beausoleil)

*choix de la lectrice d’Augustin de Saint-Aubin

Pour faire la paix avec sa mémoire

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:33

ouak

Alors que se tenait à Montréal entre le 4 et le 14 juin le Festival d’art public, Le tao du tagueur, le premier roman de Serge Ouaknine nous ouvre les portes d’un monde qui se fait en quelque sorte l’écho de cet événement, même s’il se déroule à Montpellier et autour, et même si les murs ne sont pas peints ici légalement.

Mettant en scène un graphiste publicitaire qui a choisi d’en finir avec la facilité en devenant tagueur et la fille d’un calligraphe chinois, passionnée par la langue française, Le tao du tagueur se déploie comme une murale, chaque scène répondant à une autre, dans une orgie de couleurs qui révèle la violence des sentiments.

Le hasard qui a mis en présence les deux protagonistes de cette histoire d’amour tout autant que de partage, d’apprentissage et d’initiation, ne cessera de se jouer d’eux d’un épisode à l’autre alors que se mêleront les souvenirs de l’un comme de l’autre, si différents à prime abord et pourtant presque frères ou, à tout le moins, parallèles.

Panda, fils d’un mineur du Nord et Leyli, rescapée des camps de rééducation des gardes de Mao, ont pourtant tout contre eux. Tout pour eux. Tout à apprendre. Tout à s’apprendre. Tout à inventer, à réinventer, et même à oublier. Pour faire la paix avec leur propre mémoire, avec celle des leurs, avec tout ce qu’ils ont acquis ensemble et séparément.

Des questions surgissement, plus importantes que tout. D’où vient-on? Où va-t-on? Les tags de l’un et les signes de calligraphie de l’autre proposeront des pistes, des indices, jamais de solutions. On ne va pas aux sources sans peine, sans larmes, sans déchirure. On n’entre pas au plus profond de soi sans bouleverser les bases de ce qu’on imaginait stable. On ne va pas au-delà des limites sans égratignures.

C’est cela que Panda et Leyli apprendront. Ou qu’ils tenteront de saisir à mesure que se profilera le tao du tagueur, ce chemin qui se tracera de lui-même comme une évidence, une raison, une règle à laquelle Panda ne pourra échapper.

Cela nous donne un magnifique roman.

Un roman envoûtant et poétique qui prolonge ces vers publiés en 1998 dans Poèmes transitoires :

Quand je t’ai rencontrée
je ne savais pas que je t’aimerais
j’ai cru que je serais sauf
que la fin viendrait par accident
simple efficacement par oubli
sans vainqueur ni victime
sans mémoire surtout
je ne savais pas
que tu resterais comme une asphalte
sur la grève en ressac de la marée

 

Texte publié dans

Matriochkas

Filed under: La carte postale du jour — Lali @ 12:00

Matriochkas

J’ai toujours été fascinée par les matriochkas, ces poupées-gigognes dont j’ai découvert l’existence grâce à une comptine bien avant d’en voir une pour vrai et d’en avoir.
C’est donc avec un sourire grand comme ça que j’ai accueilli cet envoi de Micha, en Sibérie.

Ce que mots vous inspirent 1468

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

BOTTING (Nick) - 4

L’accent du pays où l’on est né demeure dans l’esprit et le cœur, comme dans le langage. (François de La Rochefoucauld)

*toile de Nick Botting