Lali

15 mai 2014

La totalité du paysage 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

HARRISON (Blake) - 5

Notre show

Nous roulons les épaules
pédalons dans les rues, marchons à reculons
dormons sur nos deux oreilles
faisons notre show, nous habillons l’âme
pour que l’on voie ses formes sous le tissu
imagine sa vitalité, car elle est collée
à la vie, s’en nourrit, la parasite
la fait rêver d’éternité, puis un jour comme un autre
elles mourront ensemble.

Martin Thibault, La totalité du paysage

*choix de la lectrice de Blake Harrison

Cette part indiscernable de soi

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 20:33

incede

C’est dans le cadre du programme d’études littéraires de l’Université Laval en vue de l’obtention d’une maîtrise que Sarah Bernier a écrit L’incédé, paru au Lézard amoureux, qu’elle résume ainsi dans son mémoire : « L’incédé déroule l’aventure de cette part indiscernable de soi où l’on invente et renouvelle les formes de notre existence. »

En faisant appel à des thèmes (presque) incontournables des poètes de chez nous, comme la création, la langue et l’imaginaire, pour n’en nommer que quelques-uns, Sarah Bernier s’inscrit dans la prolongation de ceux qui l’ont inspirée sans aller au-delà des chemins connus des poètes ou des lecteurs, mais avec sensibilité, intelligence et un regard de biais qui nous offre un angle et une prise sur un réel qui ne nous est pas étranger.

En utilisant une forme éclatée dans la disposition, où les phrases s’éparpillent ou s’agglutinent pour créer une suite d’images et d’impressions, elle emprunte à d’autres une forme qui se fait de plus en plus rare.

le pacte entre les jours
auvent qu’on oublie de fixer

                                                                       passent éclisses de
                                                   lumière
                                                             que raflent les      étourneaux

 
 
                idée fixe
                                 galet
           tombé sur un
                galet
                                  pour quelle gravité nous sommes
                                  nous tus

Cette mise en page est plus dérangeante que justifiée pour le lecteur et n’apporte pas grand-chose au texte, lequel ne devrait pas avoir besoin d’être « décoratif » pour porter sa voix au-delà des mots. Ceci  dit, la jeune poète, dans sa démarche impressionniste de dire et de se dire, réussit à insuffler aux mots et aux gestes du quotidien assez de souffle pour qu’on sente toute l’énergie que la création lui apporte.

qu’étais-tu avant la lumière

                                            désir de
                                     la lumière       contre le tambourinement de
                                                      la nuit

L’incédé marque les premiers pas de Sarah Bernier dans le monde des poètes publiés. En restera-t-elle là ou continuera-t-elle son exploration? Souhaitons qu’elle opte pour cette deuxième proposition, car elle a, à mon avis, une voie toute tracée.

Texte publié dans

Vous prendrez bien des coquelicots?

Filed under: La carte postale du jour — Lali @ 12:00

Poppies - Photo de Felinda
(photo de Felinda)

En voici une brassée, une carte postale envoyée de Russie par Marina.

Ce que mots vous inspirent 1184

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

BORGONI (Mario)

Aller sur la lune, ce n’est pas si loin. Le voyage le plus lointain, c’est à l’intérieur de soi-même. (Anaïs Nin)

*toile de Mario Borgoni