Lali

17 février 2014

L’amande 4

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

GRUBB (Joyce) - 2

poésie, ce qu’elle me requiert
l’illusion peut-être de me tenir aux mots
l’écoute en moi d’une voix
la mienne et autre
tissée de mémoire et filant l’avenir

dans l’espace où se tient le poème
tel qu’il n’est pas encore écrit
j’attends qu’une parole survienne
et je suis à peine l’ombre de mon ombre

et si j’arrive à n’être plus que cette absence
peut-être serai-je l’espace
où parfois nous est donnée la légèreté
de quelques plumes prises à l’oiseau
qui nous observe

oui, cela sur la langue
quelque chose qui parle un peu

Gilles Plazy, L’amande intérieure

*choix de la lectrice de Joyce Grubb

Suivez les traces, le tueur n’est pas loin

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:27

traces

Il faudra désormais compter avec Anna Raymonde Gazaille quand on parlera de romans policiers québécois. Celle qui signe Traces n’est pourtant pas une amatrice du genre, malgré l’entrée réussie qu’elle fait sur la scène du crime montréalais.

Minutieuse, à l’affût du moindre détail, avec un sens aigu de l’observation et un talent sûr pour dresser des portraits, Anna Raymonde Gazaille nous présente petit à petit tous les protagonistes sans qu’on ne devine comment et quand leurs différents parcours s’entremêleront afin d’élucider le crime de départ, soit celui de Cécile Fournier, quinquagénaire à l’aise fréquentant les sites de rencontres, trouvée morte dans son appartement où toute trace de l’assassin semble avoir été effacée.

Mais il y a encore des traces des nombreuses rencontres de Cécile dans son ordinateur et dans son téléphone cellulaire, ce qui va donner passablement de travail à la jeune équipe du SPVM chargé de mener l’enquête et d’épingler le meurtrier.

Roman de mœurs autant que polar, Traces porte bien son titre. En effet, nous suivons pas à pas les traces laissées par Cécile sans savoir si elles mèneront quelque part, sans même avoir une idée si elles sont importantes ou s’il faut d’emblée en écarter certaines, et jusqu’où il faudra fouiller pour trouver la clé de l’énigme.

Et c’est là une des forces de ce roman : cette espèce d’éparpillement, d’accumulation de preuves, cette addition de personnages à certains égards bien ordinaires ou qui portent en eux quelque chose de louche si on s’attarde un peu à examiner certains détails pas toujours nets.

C’est donc avec un réel plaisir que la lectrice de romans policiers que j’ai été a dévoré le premier roman d’Anna Raymonde Gazaille. À tel point que j’ai envie de le recommander à nombre de lecteurs qui ont envie de lire un roman dont l’action se déroule à Montréal. La métropole culturelle y est bien dépeinte avec tout ce qu’elle recèle de beauté ou de laideur.

Texte publié dans

Ce que mots vous inspirent 1121

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

J920158

Jamais les mots ne manquent aux idées; ce sont les idées qui manquent aux mots. (Joseph Joubert)

*toile de Philip (ou Philippe Mercier)