Lali

18 novembre 2013

Les poèmes de Djamal 7

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Tu es là visage radiant
au creux du givre
dans le clair de l’errance
et de la traversée

dans la somnolence
que la mort bannit
Tu es étoile des eaux profondes
lampe d’éternelle radiation
dans le sillage interstellaire
Corps céleste à la peau
de pêche
Notre amour qui fait loi
Les hauts volets de notre
fable battant le rappel
des moissons.

Djamal Amrani, La nuit du dedans

*choix de la lectrice de Janet Hill

Au-dessus du vide

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:57

Il y a chez les personnages de Sur le fil des sentiments contradictoires, l’idée du jamais plus, alors qu’au-dessus de la tête de la plupart d’entre eux pend une épée de Damoclès. Il y a aussi chez d’autres abnégation ou besoin de fuir, et chez tous ce terrain miné qu’il faut quitter d’une manière ou d’une autre.

Avec maîtrise et sens du détail, Maude Déry signe un premier recueil des plus efficaces qui trouve sa force dans le regard qu’elle pose sur le moindre événement et sur tous les gestes de notre quotidien qui peuvent sembler anodins alors qu’ils sont souvent lourds de sens, porteurs de rêves ou générateurs de malentendus. Pour cela, la jeune nouvellière ne multiplie pas les détails, mais déploie des scènes dans lesquelles intervient l’inéluctable issue, parfois souhaitée, pas toujours prévisible, jamais gratuite.

Ses personnages sont tous mal dans leur peau, souvent incapables de franchir la distance qui leur permettra d’apporter des modifications à une situation dans lesquelles ils sont emprisonnés, souvent par leur faute, par paresse, par habitude ou par peur, ou pour toutes ces raisons confondues, le confort étant tellement plus rassurant.

Et pourtant, marcher sur un fil n’est pas une situation enviable. Un simple coup de vent ou un faux mouvement, et vous basculez dans le vide. Il suffit de si peu. D’un peu de démaquillant pour révéler au grand jour les cicatrices d’un visage, de sortir du mutisme, de regarder la vérité en pleine face, de laisser le flot intarissable de mots franchir le seuil des lèvres.

Maude Déry a choisi de nous raconter, le temps de quinze nouvelles de six à huit pages chacune, ces petits et grands drames d’êtres brisés à l’heure du choix qu’ils n’aborderont pas tous de la même manière. Et elle réussit là où d’autres auraient voulu trop dire, dépassant toujours la surface des choses, malgré des phrases courtes, et limitant l’utilisation d’adjectifs dont il est si tentant de truffer un texte quand il est question d’émotions.

Avec un recueil à ce point réussi, c’est avec enthousiasme que nous attendons le roman sur lequel Maude Déry travaille en ce moment dans le cadre de son doctorat à l’Université Laval. Elle possède déjà ce regard et cette plume que d’autres mettent des années à acquérir.

Texte publié dans

Au pays de Shishi

Filed under: Couleurs et textures,Signé Lali — Lali @ 12:03

Il y a dans l’univers de l’artiste vietnamienne Shishi Nguyen beaucoup de douceur. N’hésitez pas à faire le tour de son univers. Vous tomberez sous le charme de ses aquarelles.

Ce que mots vous inspirent 1058

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:02

La chance aide parfois, le travail toujours. (Proverbe brahman)

*toile de Fernando Botero