Lali

21 octobre 2013

Paroles perdues 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Comme un vaisseau
qui sombre dans la mer,
je m’abîme dans la vie.
Aucune branche
pour s’agripper
que le ciel.

Alexandre Romanès, Paroles perdues

*choix de la lectrice de Craig Mooney

Nul n’est tout blanc ou tout noir

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:13

Avec Sans antécédents, Sophie Bérubé avait réussi à tenir en haleine ses lecteurs de la première à la dernière ligne, ce qui était déjà un véritable pari. La barre était donc haute pour La sorcière du palais, son deuxième roman. Pas trop haute, car Sophie Bérubé a tenu son pari.

Avocate de formation, journaliste, et reporter spécialisée dans les enquêtes judiciaires, l’auteure pouvait compter sur sa propre expérience pour installer la toile de fond et les personnages de La sorcière du palais. En effet, le roman met en scène la disparition de Julie De Granpré, une jeune avocate loin d’être parfaite. Procureure de la couronne pendant un certain temps, elle a changé son fusil d’épaule il y a deux ans afin de prendre la défense des criminels.

Sa disparition constitue donc l’occasion pour tous ceux qui l’ont côtoyée de près et même d’un peu plus loin, anciens amants, clients, confrères, patrons et journalistes, d’émettre une opinion pas toujours des plus flatteuses sur celle qu’on surnomme « la sorcière du palais ». Mathieu Langlois, l’inspecteur du SPVM chargé de l’enquête, prend les choses en main… et à cœur, se refusant à admettre que Me De Grandpré est aussi monstrueuse que certaines langues se plaisent à la décrire, faisant notamment d’elle une femme sans morale et sans scrupules, une droguée, une dévergondée et une provocatrice.

Et si Julie De Grandpré n’était pas le sosie de Cruella, mais une jeune femme qui a souffert et qui s’est vue forcée de s’adapter pour se protéger des rapaces autour d’elle? Et si sa disparition était une fugue? Et si on avait toutes les chances de la retrouver vivante quand on sera en mesure de voir en clair dans la plupart de ces gestes qui, pris séparément, donnent une idée du personnage sans fournir un portrait clair? C’est à cela que Mathieu Langlois, de pair avec deux journalistes du Montréal Express, va s’appliquer.

Or il est bien connu qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Mathieu Langlois n’échappera pas à l’adage. Juges, avocats, policiers et ministre verront leur réputation mise en jeu alors que l’enquête dévoilera des manœuvres pas toujours des plus honnêtes de la part de certains hommes de pouvoir. Des manigances dont n’était pas dupe Julie De Grandpré et auxquelles elle s’est parfois opposée. Mais sont-ce là des raisons de la faire disparaître?

Captivant, La sorcière du palais révèle une fois de plus le talent de Sophie Bérubé, laquelle sait donner à ses personnages suffisamment d’étoffe pour les rendre crédibles tout en imposant au lecteur un rythme soutenu qui donne envie de ne pas déposer le livre une minute. Histoire d’en découvrir l’issue à mesure que l’étau semble se resserrer autour de certaines personnes pourtant bien sous tous les rapports avant la disparition de l’avocate et l’enquête à laquelle celle-ci a mené.

Tout aussi enlevant que le premier et savamment dosé en matière d’indices, ce deuxième roman de Sophie Bérubé nous pousse à croire qu’elle est en train de se tailler une place de choix dans le monde très prisé des thrillers.

Texte publié dans

Les derniers jours des hibiscus

Filed under: Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 12:04

Il fera bientôt trop froid pour eux. Mais, il y a quelques jours encore, ils n’avaient rien perdu de leur superbe!

Ce que mots vous inspirent 1038

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

La seule vérité, en fin de compte, c’est de mener un vie passionnée, même si elle se rebelle et vous frappe au visage. (Boris Vian)

*toile de Joseph Supina