Lali

10 avril 2012

Les vers de Juan 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

commentaire XXI

je ne sais pas ce que je fais
hors de ta douceur/si ce n’est
apprendre à revenir vers elle
pour n’être rien que toi/être toi

pour revenir de ce dehors de toi
avec les sucs du monde/et partir vers
ces sucs de toi/ce vol
de toi à toi où chaque

parole est un éclat de toi/
c’est-à-dire une ombre de toi
on m’y fortifie de douceurs
arrachées à toi/furie feu

où tu brûles comme toi/c’est-à-dire
aile que tu bats pour le mieux/douceur
toi qui me penses contre la mort/porte
par où j’entre comme vers toi

Juan Gelman, L’opération d’amour

*choix de la lectrice de Mélanie Delon

Nuages immobiles

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:09

Shan Sa, l’auteure de La joueuse de go, reconnue autant comme artiste peintre que comme écrivaine a choisi le temps d’un album de s’unir à l’auteur de Symboles et croyances populaires en Chine, Alexis Lavis. C’est ainsi qu’il a réuni des poèmes des seize dynasties chinoises et qu’il les a traduits, tandis que Shan Sa leur donnait une autre vie en peignant ce qu’ils lui inspiraient.

Nuages immobiles est le résultat de ce magnifique travail en duo qui met en scène une poésie méconnue et peu connue, qui est bien différente de la poésie occidentale. Une poésie où la nature est immensément présente, tout comme la spiritualité, la guerre, la mort, mais aussi la beauté et l’amour.

« Les poètes sont les papillons de l’éternel. Leur âme est forte et leur corps fragile. Ils traversent la vie terrestre en battant des ailes frêles et irisées, puis disparaissent dans l’air », écrit Shan Sa dans la préface. Puis aussi : « Pour moi, la peinture est un pèlerinage dans les nuages, une solitude qui voyage dans le ciel. Quand mes yeux sont fatigués ou quand ma main résiste à mon désir de peindre, je me mets à la fenêtre de mon atelier et je regarde les nuages. Je les aime depuis que j’étais petite fille. Ils se métamorphosent constamment et ne se répètent jamais. »

Pas plus que ne se répètent les tableaux de l’artiste. Ni les poèmes de ce recueil qui est de toute beauté. Il a légèreté d’un nuage, sa douceur. Et comme lui, il nous donne à rêver.

N’est-ce pas?

Filed under: Couleurs et textures,Images indélébiles — Lali @ 14:53

Il a suffi d’une image pour que tout me revienne en mémoire. La couverture rose, l’édredon lilas, la tente improvisée sous laquelle, assise, le livre d’une main, la lampe de poche de l’autre, je dévorais les aventures de la détective Alice, les biographies des reines et rois de France, les romans d’Agatha Christie.

Il a suffi d’une image pour que j’entende la voix de maman en bas de l’escalier. Ça voulait dire qu’elle allait monter, qu’il valait mieux qu’elle ne trouve pas sa fille en train de lire alors qu’elle était supposée dormir. Ni qu’elle remarque que la lampe de poche n’était pas dans le tiroir où elle devait être.

Puis j’ai souri à mes souvenirs. Je sais que je n’ai pas été la seule à lire en cachette. N’est-ce pas?

*illustration de Carme Solé Vendrell

Bleu, bleu, le mur est bleu

Filed under: Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 10:31

Vicky Leandros va-t-elle en faire une chanson?

Ce que mots vous inspirent 641

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

La conscience ne vous interdit pas de faire ce que vous ne devriez pas, elle vous empêche de vous en réjouir. (Cleveland Amory)

*toile d’Edward Portielje