Lali

24 octobre 2011

Les vers de Roland 1

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

J’aime Roland Giguère, le poète comme le peintre, celui que Jean Royer avait appelé « le poète du paysage intérieur » alors qu’il lui avait rendu hommage au moment de son décès en 2003, un poète qui est un de ceux qui m’émeuvent et auxquels je reviens toujours. C’est pourquoi mon cœur a vibré au départ de la lectrice peinte par Thomas Wilmer Dewing. Elle avait choisi pour les lectrices du soir le recueil Cœur par cœur de Roland Giguère, et laissé le livre ouvert sur ces mots :

Par cœur

À Marthe

Je sais par cœur mille chansons vieillottes
et des vers sublimes de poètes inconnus
je sais par cœur des noms de villes perdues
des noms de femmes aimées des noms peu communs
des noms propres avec de grandes initiales brodées
je sais par cœur de vieux airs de danse
et des chants d’amour qui mouillent les yeux

je sais par cœur des mots rares oubliés
dans les pages jaunies d’un dictionnaire
des mots qui souffrent de solitude et d’abandon
je sais par cœur des choses qui ne servent à rien
des phrases inutiles laissées à la porte
comme des feuilles mortes que le vent emporte

je sais par cœur des heures de joie pure
et des moments de détresse que l’on efface
quand vient le muguet du mois de mai
je sais par cœur mes absences et mes douleurs
je sais tout ce qui me hante et me ruine

je sais par cœur aussi de lumineux parcours
des chemins enchantés qui mènent à l’extase

je sais parc cœur toutes les courbes de ton corps
ses failles ses clartés ses ombres et ses doux lavis
je te connais par cœur et même sans mémoire
je t’aime encore et toujours
pour finir en beauté cette dernière rengaine

Falaises

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:59

« Ce qui s’efface de nos cerveaux s’efface aussi de nos corps, de notre sang, de notre vie, ne nous laisse aucune trace, ne creuse aucune empreinte, sinon celle d’un vide absolu, vertigineux et froid. »

Cette phrase, à la toute fin de Falaises, le roman d’Olivier Adam inspiré par sa propre vie, pourrait à lui seul le résumer tant elle exprime clairement la boucle bouclée après la longue introspection d’un homme au début de la trentaine vingt ans jour pour jour après le suicide de sa mère.

Quels souvenirs lui restent-ils de celle qui s’est jetée d’une falaise? Quelles traces conserve-il de sa vie avant et après ce geste irréparable qui brisera les vies de trois personnes? Quelles conséquences ce geste aura-t-il sur son mal de vivre, son errance, sa quête éperdue? C’est cela qu’Olivier Adam relate ici, sans fausse pudeur. Dans l’ordre et dans le désordre, à mesure que lui revient son passé. En pièces détachées, pas intactes, imbibées d’alcool. C’est cela que livre ici le romancier et cinéaste, alors qu’il regarde sa fille dormir et que lui vient cette assurance qu’il sera toujours là pour elle, lui l’enfant sans mère, l’enfant au père désintéressé ou absent, l’adolescent brisé, révolté, qui avait tout pour devenir un délinquant, mais qui un jour a croisé celle qui sera son étoile.

C’est cela, tout cela, qu’Olivier Adam nous donne avec ce livre, un peu de lui, de sa vie, de ce qui lui reste d’une mère dont l’image s’est effritée, de sa vie sans elle. Avec des énumérations à la tonne, qui peuvent parfois agacer, mais qui ont quelque chose de nécessaire. La paix ne peut venir qu’après avoir tout dit, alors qu’une petite fille dort sans savoir ce que son père porte en lui de chagrin qu’il a choisi cette nuit-là de jeter de la falaise. Une fois pour toutes.

Les vacances de Denise

Filed under: Ailleurs,Vos traces — Lali @ 14:23

Isle sur la Sorgue

Le Colorado provençal de Rustrel

Roussillon

Le sentier des ocres à Roussillon

Le Mont-Ventoux

Ménerbes

Voilà en quelques images les lieux où s’est attardée Denise lors de ses récentes vacances, des lieux que vous devriez être en mesure de découvrir dans des albums en ligne très bientôt. Je vous tiendrai au courant.

Parla italiano?

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 10:40

Si! a répondu le Brésilien Daniel Boaventura, le temps d’un album intitulé Italiano, tout simplement, paru en 2010. Ce touche-à-tout natif de Bahia, à la fois acteur, chanteur et saxophoniste, est bien connu du public brésilien grâce à sa participation à nombre de séries télévisées. Mais la télé n’est qu’une des cordes à son arc. C’est sur scène qu’il excelle grâce à sa voix puissante et chaude, et plus particulièrement dans des comédies musicales où il a souvent des rôles importants (le professeur Higgins dans My Fair Lady, Juan Peron dans Evita, notamment).

Après Songs 4 U, paru en 2009, Italiano est son deuxième enregistrement seulement, malgré une carrière éclectique débutée en 1998. Et c’est là un bien bel album, agréable, sans prétention, juste, et tout à fait italiano. Ce qui ravira nombre d’entre vous, je le sens. Et pour ne pas vous faire languir plus longtemps, voici Quando.

challenge-des-notes-et-des-mots-4.jpg
détails ici

Ce que mots vous inspirent 520

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

Ne savoir pas dissimuler, c’est ne savoir pas vivre. (Christine de Suède)

*toile d’Enslin du Plessis

Les avez-vous lus?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:46

Leurs mots. Ceux qui ont été déposés sur la toile du 16 octobre. Leurs mots. Ceux d’Armando, de Chris, de Denise, de Flairjoy, de Joye. Les avez-vous lus?

*toile de Sarah Franklyn Jayne