Lali

19 septembre 2011

Les poèmes de Nérée 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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Fleurs d’aurore

Comme au printemps de l’autre année,
Au mois des fleurs, après les froids,
Par quelque belle matinée,
Nous irons encore sous bois.

Nous y verrons les mêmes choses,
Le même glorieux réveil,
Et les mêmes métamorphoses
De tout ce qui vit au soleil.

Nous y verrons les grands squelettes
Des arbres gris, ressusciter,
Et les yeux clos des violettes
À la lumière palpiter.

Sous le clair feuillage vert tendre,
Les tourterelles des buissons,
Ce jour-là, nous feront entendre
Leurs lentes et molles chansons.

Ensemble nous irons encore
Cueillir dans les prés, au matin,
De ces bouquets couleur d’aurore
Qui fleurent la rose et le thym.

Nous y boirons l’odeur subtile,
Les capiteux arômes blonds
Que, dans l’air tiède et pur, distille
La flore chaude des vallons.

Radieux, secouant le givre
Et les frimas de l’an dernier,
Nos chers espoirs pourront revivre
Au bon vieux soleil printanier.

En attendant que tout renaisse,
Que tout aime et revive un jour,
Laisse nos rêves, ô jeunesse,
S’envoler vers tes bois d’amour!

Chère idylle, tes primevères
Éclosent en toute saison;
Elles narguent les froids sévères
Et percent la neige à foison.

Éternel renouveau, tes sèves
Montent même aux cœurs refroidis,
Et tes capiteuses fleurs brèves
Nous grisent comme au temps jadis.

Oh ! oui, nous cueillerons encore,
Aussi frais qu’à l’autre matin,
Ces beaux bouquets couleur d’aurore
Qui fleurent la rose et le thym.

Nérée Beauchemin, Les floraisons matitunales

*choix de la lectrice signée H. Binford Harrell

Tous ces gens, Mariana…

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:23

Maria Judite de Carvalho est trop peu lue, malgré ses quelques livres traduits en français, notamment l’éblouissant recueil de nouvelles Chérie?, que j’ai beaucoup aimé et dont je vous ai parlé dans un billet que vous pourrez (re)lire ici.

C’est avec Tous ces gens, Mariana… que la peintre et écrivaine native de Lisbonne a fait son entrée en littérature en 1958. Elle avait alors 37 ans, soit à peu près l’âge de Mariana, le personnage de ce court récit qui met en scène une femme à qui on vient de détecter une maladie mortelle. Le temps d’une centaine de pages, Mariana fait le tour de sa vie, se remémore certains moments, se rappelle les trahisons, revoit des visages. Elle le fait sans s’apitoyer sur elle-même ni étaler ses défaites et ses regrets, mais en constatant les choses, tout bonnement.

D’une certaine manière, Mariana n’attendait plus rien de la vie. La nouvelle à laquelle elle fait face ne l’étonne pas. Comme si tout avait été écrit depuis longtemps. Depuis ce jour où son mari est parti avec une autre. Depuis cet accident où elle a perdu un enfant. Depuis toujours. Et c’est peut-être la raison pour laquelle Mariana accepte l’idée de la fin et voit dans l’échéance une forme de soulagement. Le combat est fini. La tristesse des jours ne sera plus. Le fardeau de la vie va enfin disparaître.

Il y a dans le récit de Maria Judite de Carvalho, non pas de la tristesse, ni même un renoncement, mais une espèce de sérénité face à la mort qui va bientôt prendre dans ses bras celle qui a, à ses yeux, suffisamment vécu et, de plus, vécu ce qu’elle avait à vivre. Un livre bouleversant, grave, avec des images indélébiles d’un Paris que l’auteure a connu, ayant fui le régime de Salazar et vécu quelques années en France et en Belgique. Un beau livre, un très beau livre, à l’écriture fluide et imagée, qui donne à réfléchir sur le sens de la vie.

Titre pour le Défi Premier Roman

Na calma dos teus olhos

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 15:35

Du groupe Atlantihda, je ne sais rien, sinon qu’il est portugais, et que son album éponyme paru en 2011 tourne en boucle sur mon lecteur de CD depuis quelques jours. D’où l’envie de vous offrir Na calma dos teus olhos.

La coquille du lundi

Filed under: Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 11:09

Des chatons qui sont encore à téter, d’où les deux T?

Ce que mots vous inspirent 495

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

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… il y a des nuits que la fatigue rend si longues que ceux que l’on y rencontre prennent racine en nous à jamais. (Jean Forton)

*toile de Théodore Lybaert

Un livre, des fleurs

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:10

Des fleurs, un livre. Mais pas n’importe quel livre. Un livre qui contient les textes inspirés par la toile du 11 septembre et que je vous invite à parcourir. Des fleurs, un livre. Pour bien commencer la semaine.

*toile de Lucia Sarto

Les promenades d’Armando 5

Filed under: Signé Armando,Vos traces — Lali @ 6:05

Pourquoi Armando se lève-t-il tôt même lorsqu’il est en vacances? À cause de la lumière, bien entendu…