Lali

26 août 2011

Les vers de Vitorino 2

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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Cette nostalgie est la marée que je suis;
cette tristesse est déjà mon océan qui déferle,
ce vent s’élevant dans ma voix,
ma contiguïté séparant
ses morceaux inertes sans surface,
son parcours semblable pour tous les navires,
son aire froide, mouvante et immobile
qui se chauffe aux règles de corail
et veut se briser sur les plages — mais que sont-elles
sinon mes froids renoncements
à l’inutile dessein de quelques pas?

Vitorino Nemésio, La voyelle promise et autres poèmes

*choix de la lectrice d’Ivan Petrovich Argunov

La fin de l’alphabet

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:36

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L’aventure que propose Charles Scott Richardson avec La fin de l’alphabet est loin d’être banale et c’est ce qui m’a d’abord attirée. Cette idée de faire le tour du monde au moyen des 26 lettres de l’alphabet en guise de chronique d’une mort annoncée dans 30 jours avait en effet tout pour séduire, d’autant plus que le narrateur et son épouse sont des personnages hors du commun.

Ambroise Zéphyr, graphiste passionnée par les abécédaires et les caractères d’imprimerie et son épouse Zappora Ashkenazi, alias Zip, chroniqueuse dans un magazine, sont mariés depuis longtemps, mais leur amour a conservé le goût des premières heures, l’effervescence des débuts. En ces mots, d’ailleurs, parle-t-il d’elle : « Quand nous allions nous promener. Le soir, le long du fleuve, elle portait le même parfum. Elle était très sage, très intelligente, ma femme. Je ne sais qu’une chose, me disait-elle : un homme peut remarquer cent femmes, en désirer mille autres, mais c’est une odeur qui lui ouvrira les yeux et le cœur. »

Et non pas pour conjurer le sort, car Ambroise sait que les dés sont jetés, que le diagnostic du médecin est juste, qu’il a un mois devant lui et pas plus, ils partiront. Ils iront faire le tour du monde. Un itinéraire qui ira du A au Z et qui débutera par Amsterdam, Berlin, puis Chartres. Un chemin qui les mènera inéluctablement vers le Z, le Z de la fin de l’alphabet, de la fin tout court, des Z dans leurs noms. Où le voyage finira-t-il? À Zagreb? À Zurich? À Zelazowa-Wola, la ville natale de Chopin? Rien de cela. Le voyage sera écourté dès les premières lettres de l’alphabet et prendra un autre sens. Ce à quoi le lecteur ne s’attend pas, vous l’aurez compris, ce qui n’est pas un mal en soi; l’auteur peut détourner son lecteur du chemin prévu.

Malgré le fait que l’histoire bifurque en presque totalité, La fin de l’histoire demeure un beau livre, où l’imagination prend une grande place, presque aussi grande que celle de l’amour, dans une excellente traduction de Sophie Voillot.

Titre pour le Défi Premier Roman

Pour Jérôme Minière un prix bien mérité

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 14:52

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Parce qu’il est né à Orléans, qu’il a fait ses études à Paris et qu’il vit à Montréal, on a envie de dire de Jérôme Minière, le cinéaste et chanteur, qu’il est un citoyen du monde. Or, c’est en tant que Québécois qu’on lui a remis récemment le prix Rapsat-Lelièvre, remis en alternance à un artiste belge et à un artiste de chez nous. Un prix bien mérité pour celui qui se démarque de tout ce qui se fait ici, de pire comme de meilleur, le pire étant plus courant que le meilleur, les artistes d’exception ne faisant guère légion à l’heure où la télévision fabrique sur mesure des vedettes interchangeables. Heureusement que nous avons des Dumas, Marco Calliari, Nicola Ciccone et une pléiade de musiciens classiques pour nous faire oublier la morosité ambiante. Et Minière, que je découvre avec retard, même si j’ai souvent croisé son nom sans m’attarder, avec cet album, Le vrai le faux, aux rythmes on ne peut plus actuels et aux paroles bien senties et loin de la mièvrerie. Comme vous le prouvera Dans ton oreille.

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détails ici

Les beautés de la rue des Sapins

Filed under: Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 10:15

Un petit détour qui valait le détour!

Ce que mots vous inspirent 479

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

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Tout tableau […] et surtout tout portrait, se situe au confluent d’un rêve et d’une réalité. (Georges Perec)

*toile d’Helene Terlien