Lali

9 décembre 2010

Poèmes de la mer 7

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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Sur la grève

Couche-toi sur la grève et prends en tes deux mains,
Pour le laisser couler ensuite, grain par grain,
De ce beau sable blond que le soleil fait d’or;
Puis, avant de fermer les yeux, contemple encor
La mer harmonieuse et le ciel transparent;
Et, quand tu sentiras, peu à peu, doucement,
Que rien ne pèse plus à tes mains plus légères,
Avant que de nouveau tu rouvres tes paupières,
Songe que notre vie à nous emprunte et mêle
Son sable fugitif à la grève éternelle.

Henri de Régnier, Cent poèmes de la mer

*choix de la lectrice d’Anita Malfatti

Dulce Maria Cardoso, une écriture qui étonne

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 20:47

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C’est la plume qui retient actuellement tous les regards. Et avec raison. Cœurs arrachés (Campo de Sangue, littéralement « Champ de sang »), son premier roman, publié en 2002 et depuis traduit en espagnol, en italien, en catalan et en français, lui a valu dès sa sortie le prestigieux Grande Prémio Acontece de Romance. Je ne tairai pas plus longtemps son nom. Elle s’appelle Dulce Maria Cardoso.

Née dans le Trás-os-Montes en 1965, Dulce Maria Cardoso a passé son enfance en Angola avant de rentrer au Portugal en 1975. Licenciée en droit, elle a écrit pour le cinéma avant de s’adonner à la littérature. Et pas de n’importe quelle manière. Pas en nous servant du réchauffé ou du déjà fait ni déjà dit. Mais avec une voix qui se démarque et qui étonne. Avec une écriture singulière qui ne ressemble à rien de ce que j’aie pu lire au fil de mes nombreuses années de lectrice.

L’histoire est celle d’un homme. D’un homme et de quatre femmes : son ex, sa mère, sa petite amie, sa logeuse. Quatre femmes qui n’ont rien en commun, rien à se dire, alors qu’elles se trouvent réunies dans une salle du commissariat afin d’être interrogées sur celui qui vient de commettre un meurtre immonde. Quatre femmes pour lesquelles il s’est inventé une vie (quatre fois plutôt qu’une) pour cacher le vide et l’inutilité de son quotidien.

C’est donc une histoire en deux temps, une histoire en alternance qui nous est proposée, alors que ce qui se passe dans la salle d’attente du commissariat est constamment interrompu par des retours en arrière nous relatant les mois qui ont précédé le tragique événement. Une manière habile et efficace de nous présenter celles qui furent les seules personnes qu’il y eut dans sa vie.

Outre l’histoire, déjà menée avec brio grâce à ces promenades entre le commissariat et le passé, il y a surtout et avant tout une écriture originale dont la facture peut être déroutante au début mais à laquelle on prend bien vite goût, à savoir des phrases très longues où se mêlent à la fois le moment présent, les réflexions des personnages et même les dialogues. Un véritable tour de force devant lequel je ne peux qu’être admirative.

Évidemment, je n’ai pas lu le livre en portugais, mais il m’est facile d’imaginer les difficultés et les pièges de traduire de telles phrases, puisque je pratique cette activité au quotidien. Or, aucune phrase ne m’a semblé lourde ou maladroite, mais plutôt chaque fois juste et dans le ton.

C’est à Cécile Lombard qu’on doit la traduction de Campo de Sangue, celle qui a aussi traduit Le marchand de passés de José Éduardo Agualusa, dont je vous ai parlé ici, Mémoires d’une jeune fille triste de Bernardim Ribeiro, dont Armando vous a entretenu il y a peu et dont je vous parlerai à mon tour puisqu’il fait partie de la pile tout à côté de mon lit.

Pour l’heure, je ne peux que vous conseiller de lire Cœurs arrachés. Sans aucune hésitation. Et surtout sans tout vous dire de ce roman troublant à bien des égards, lequel pose l’inévitable question du sens de la vie.

Pause gourmande à Pont-Aven

Filed under: Signé Chantal,Vos traces — Lali @ 14:10

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Le temps d’entrer avec Chantal chez Traou Mad et de faire quelques provisions… à moins que vous ne décidiez d’essayer cette recette

La suggestion du 9 décembre 2010

Filed under: Couleurs et textures,La suggestion du jour — Lali @ 12:01

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Puis-je vous suggérer, ainsi qu’à la lectrice peinte par Edmund Blair Leighton, d’envoyer vos coordonnées à Guess Who afin qu’il puisse vous faire parvenir ses carnets en PDF, comme il le propose à ses lecteurs dans ce billet?

Carlos de Carmo, une vie consacrée au fado

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 10:58

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Est-il besoin de présenter Carlos de Carmo, qui représente à lui seul plus de 45 années de fado? Est-il besoin de dire qu’il est le fils de Lucilia do Carmo et qu’il a une trentaine d’albums à son actif, dont un où il interprète des duos avec sa mère? Ou ne faut-il que l’entendre chanter Bairro Alto pour se convaincre qu’il a le fado au bout des lèvres comme au fond du cœur?

Ce que mots vous inspirent 293

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

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Il y a des choses qui s’expliquent seulement à qui veut les comprendre. [Germaine Guèvremont]

*toile de Bénigne Gagnereaux

Il a neigé sur Bruxelles

Filed under: Signé Armando,Vos traces — Lali @ 6:44

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Et même si Armando n’aime pas le froid, il n’a pu résister à la tentation d’aller voir cela de plus près et de nous offrir cette scène hivernale bien poétique.