Lali

8 décembre 2010

Poèmes de la mer 6

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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Sur mon visage, un peu d’écume

Je songe aux ciels marins, à leurs couchants si doux,
À l’écumante horreur d’une mer démontée,
Au pêcheur dans sa barque, aux crabes dans leurs trous,
À Néère aux yeux bleus, à Glaucus, à Protée.

Je songe au vagabond supputant son chemin,
Au vieillard sur le seuil de la cabane ancienne
Au bûcheron courbé, sa cognée à la main,
À la ville, à ses bruits, à mon âme, à sa peine.

Quand je viendrai m’asseoir dans le vent, dans la nuit,
Au bout du rocher solitaire,
Que je n’entendrai plus, en t’écoutant, le bruit
Que fait mon cœur sur cette terre,

Ne te contente pas, Océan, de jeter
Sur mon visage un peu d’écume :
D’un coup de lame alors il te faut m’emporter
Pour dormir dans ton amertume.

Jean Moréas, Cent poèmes de la mer

*choix de la lectrice de Donald Macdonald

L’enquête de Modiano

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 20:22

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Quand Patrick Modiano met la main sur un avis de recherche datant de 1941, ce n’est plus juste sur Dora Bruder, jeune juive disparue, que porte son enquête, mais sur lui, sur les similitudes entre sa vie et la sienne, sur ces lieux qui ont été les leurs.

Et c’est cette enquête qu’il raconte dans ce récit paru en 1997 alors qu’il tente de marcher dans ses pas et de savoir où elle a pu se cacher entre le moment où est paru l’avis de disparition et son arrestation, son emprisonnement aux Tourelles et son départ pour Drancy.

Ce sont aussi toutes les difficultés administratives de toutes sortes auxquelles il est confronté qu’il relate alors qu’il marche dans Paris à la recherche des lieux où Dora a vécu ou qu’elle a fréquentés. Ces lieux dont la plupart n’existent plus. Ces lieux dont certains portent aussi ses propres traces.

On ne saura jamais quelle a été la vie de Dora Bruder pendant les quelques mois où elle a disparu, même si l’auteur s’est efforcé d’aller au bout de la moindre trace. Mais cela donne lieu à un récit où il nous parle de lui, de son père, de ses vingt ans, d’un Paris qui n’existe plus, avec la nostalgie qui est propre à ses livres, une nostalgie que j’aime.

Dépaysement garanti

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 14:07

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Parfois, on a juste besoin de dépaysement, de rythmes endiablés, de violon qui grince et de ce mélange tristesse/joie qui libère de soi les rêves contenus. Et quand cela m’arrive, j’aime me laisser prendre par la musique de Taraf de Haïdouks, un groupe musical rom venu de Roumanie né peu après la chute de la dictature.

Taraf de Haïdouks, qui pourrait se traduire par « bande de brigands », c’est la musique tsigane des Balkans, c’est un monde qui vous invite à danser. Je suis convaincue, si, si, que vous ne pourrez rester en place dès que vous entendrez les premières notes de The return of the magic horses (extrait de Band of Gypsies).

La suggestion du 8 décembre 2010

Filed under: Couleurs et textures,La suggestion du jour — Lali @ 12:00

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Peut-être que si la lectrice peinte par l’artiste Vincenzo Irolli prenait la route, elle trouverait cette porte au bout de son chemin?

Souvenirs d’automne

Filed under: Signé Chantal,Vos traces — Lali @ 10:40

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Quelques fleurs cueillies par Chantal lors de ses récentes vacances en Bretagne et qu’il fait bon contempler alors qu’il est encore loin le temps où nous verrons à nouveau des fleurs…

Ce que mots vous inspirent 292

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

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La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini. (Ernest Renan)

*toile signée Harald Friedrich

Tant de blanc

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 5:59

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Et dehors tout ce blanc. Tant de blanc. Et cette envie d’école buissonnière, de chemins de traverse où on se roule dans la neige. Du manteau couvert de flocons qu’on secoue dans l’entrée avant le bol de chocolat chaud de mon enfance.

J’y rêverai tandis que mes pas me mèneront là où je dois aller, loin des sentiers qui pourtant m’appellent.

*toile de Léon de Smet