Lali

6 décembre 2009

Les vers d’Éluard 7

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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La lectrice du peintre allemand Gunter Wenzel a elle aussi envie de prendre son temps. Elle s’est donc installée avec le recueil de Paul Éluard afin de profiter de chacun des poèmes. De les goûter. Elle en aurait bien sélectionné plusieurs à votre intention mais entre tous elle a choisi celui-ci :

Amoureuse au secret derrière ton sourire
Toute nue les mots d’amour
Découvrent tes seins et ton cou
Et tes paupières
Découvrent toutes les caresses
Pour que les baisers dans tes yeux
Ne montrent que toi toute entière.

Un dimanche avec Emily Dickinson 24

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:01

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Un visiteur de marne
Influence les fleurs,
Les arrange ainsi que des bustes
Élégants comme du verre.

C’est la nuit qu’il rend visite,
Juste avant le soleil :
Il conclut son luisant rendez-vous –
Une caresse – et puis s’en va.

Mais tout ce qu’il toucha,
Tout ce que ses pieds parcoururent,
La bouche qu’il baisa –
Cela – n’existe plus.

(Emily Dickinson)

*toile de Robert Cronin

Un dimanche avec Emily Dickinson 23

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Il porte sur sa tête
Une coiffe d’éther –
Coquetterie subtile
Du bon dieu perspicace.

Et puis, cela s’envole,
Un rien à chaque fois –
Drame du pissenlit
Expiré sur sa tige.

(Emily Dickinson)

*toile de Leonid Pasternak

Un dimanche avec Emily Dickinson 22

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:01

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Si tu venais en automne,
J’écarterais l’été comme une mouche
Balayée par la ménagère,
Avec un sourire mêlé de dédain.

Si je pouvais te revoir dans un an,
J’enroulerais les mois en pelotes
Avec un tiroir pour chacune,
Pour ne pas mélanger les chiffres.

S’il n’était question que de siècles,
Je les soustrairais de mes doigts
Jusqu’à les voir tomber
Dans la Terre de Van Dieman.

Si je savais qu’après cette vie
Nous existions encore, toi et moi,
Je la jetterais, ainsi qu’une écorce,
Et choisirais l’Éternité.

Mais comme je ne sais guère
Combien durera l’intervalle,
Il me harcèle, spectrale abeille,
Sans préciser son aiguillon.

(Emily Dickinson)

*sérigraphie de Rita Orr

Un dimanche avec Emily Dickinson 21

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:01

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Que je t’ai toujours aimé,
La preuve – la voici :
Jusqu’à ce que je t’aime
Jamais je n’ai vécu assez.

Que je t’aimerai toujours,
En voici la raison :
L’amour, c’est la vie –
Vie suppose Immortalité.

En douterais-tu, mon amour,
Alors je n’aurais
Plus rien à t’offrir
Que mon Calvaire.

(Emily Dickinson)

*toile d’Olga Ludevig

Un dimanche avec Emily Dickinson 20

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:01

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L’expérience est la voix coudée
Préférée, contre notre esprit,
Paradoxe! par notre esprit
Qui prétend l’entraîner

Dans l’autre sens; qu’elle est complexe,
La discipline de l’homme,
L’obligeant à choisir lui-même
Une douleur fixée d’avance.

(Emily Dickinson)

*illustration d’Inge Look

Un dimanche avec Emily Dickinson 19

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 18:01

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Le Beau n’a pas de cause : il est.
Qu’on le pourchasse – il s’éclipse;
Mais qu’on s’abstienne : il demeure.

Va dans un pré poursuivre

Les sillons que le vent creuse,
En y passant les doigts –
Dieu veille, et jamais
Tu n’y parviendras.

(Emily Dickinson)

*toile de Julie Lawrence

Un dimanche avec Emily Dickinson 18

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 17:01

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Trois heure trente – un seul oiseau
Dans le ciel silencieux
Propose une unique mesure
De mélodie, prudemment.

Quatre heures trente – l’expérience
A subjugué l’essai – voilà
Que son principe d’argent
A supplanté le reste.

Set heures trente – élément
Ni instrument ne sont là;
Un vide où la présence était,
En pleine circonférence.

(Emily Dickinson)

*toile de Carl Larsson

Un dimanche avec Emily Dickinson 17

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 16:01

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Dans mon jardin va un oiseau
Sur une rose dont les rayons
Font une musique entêtante
Ainsi qu’un moulin vagabond,

Jamais d’arrêt : il ralentit
Sur la plus mûre des roses,
Se sert, mais sans se poser,
Et complimente en repartant.

Quand tous les sucs sont goûtés,
Son féérique cabriolet
Va tournoyer dans les lointains.
Alors je rejoins mon chien

Et nous nous demandons tous deux
Si la vision était réelle
Ou si nous avons rêvé le jardin
Et cette curiosité.

Mais lui, meilleur logicien,
Renvoie mes yeux incertains
Aux fleurs et à leur vibration :
Réponse délicieuse!

(Emily Dickinson)

*toile de Susan Gerardette Kramer

Un dimanche avec Emily Dickinson 16

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 15:01

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Me bannir de moi –
Si j’avais ce don –
Invincible ma place
À tout autre cœur.

Mais si je m’assaille,
Quelle paix avoir,
Sauf à réduire
Ma conscience?

Et puisque nous sommes deux rois,
Comment faire
Sauf en abdiquant
De moi-même?

(Emily Dickinson)

*toile de Georg Friedrich Kersting

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