Lali

26 juillet 2009

Le poème en face 4

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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La lectrice du peintre Aaron Coberly était si concentrée que pour aucune raison je ne l’aurais dérangée. Si bien que j’ai attendu son départ pour lire l’extrait qu’elle avait tiré du recueil de Michel Lucarelli Le poème en face :

PLÉNITUDE

Au moment d’écrire
ce serait comme un ciel
l’immense sérénité
avec le seul mouvement
d’un planeur
et d’une hirondelle
en train tous deux
de creuser un nuage

Pieds nus 48

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:01

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Le désespoir est assis sur un banc

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l’écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l’entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l’écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d’aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l’homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s’envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

(Jacques Prévert)

*toile de Zoe Hadley

Pieds nus 47

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:01

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QUARTIER LIBRE

J’ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l’oiseau sur la tête
Alors
on ne salue plus
a demandé le commandant
Non
a répondu l’oiseau
Ah bon
excusez-moi je croyais qu’on saluait
a dit le commandant
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper

(Jacques Prévert)

*toile de Daniel Gill

Pieds nus 46

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:01

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La vie est une cerise
La mort est un noyau
L’amour un cerisier.

(Jacques Prévert)

*toile de Diane Geoghegan

Pieds nus 45

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:01

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Le ruisseau

Beaucoup d’eau a passé sous le pont
et aussi énormément de sang
Mais aux pieds de l’amour
coule un grand ruisseau blanc
Et dans les jardins de la lune
où tous les jours c’est ta fête
ce ruisseau chante en dormant
Et cette lune c’est ma tête
où tourne un grand soleil bleu
Et ce soleil c’est tes yeux

(Jacques Prévert)

*toile de Dianne Gardner

Pieds nus 44

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:01

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Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche. (Jacques Prévert)

*toile de March Avery

Pieds nus 43

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 18:01

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Quand vous citez un texte con, n’oubliez pas le contexte. (Jacques Prévert)

*toile de John Beahm

Pieds nus 42

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 17:01

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Le progrès : trop robot pour être vrai. (Jacques Prévert)

*toile de Ruth Block

Pieds nus 41

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 16:01

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Sables mouvants

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Démons et merveilles
Vents et marées
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

(Jacques Prévert)

*toile de Vladimir Volegov

Pieds nus 40

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 15:01

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Chanson du geôlier

Où vas-tu beau geôlier
Avec cette clé tachée de sang
Je vais délivrer celle que j’aime
S’il en est encore temps
Et que j’ai enfermée
Tendrement cruellement
Au plus secret de mon désir
Au plus profond de mon tourment
Dans les mensonges de l’avenir
Dans les bêtises des serments
Je veux la délivrer
Je veux qu’elle soit libre
Et même de m’oublier
Et même de s’en aller
Et même de revenir
Et encore de m’aimer
Ou d’en aimer un autre
Si un autre lui plaît
Et si je reste seul
Et elle en allée
Je garderai seulement
Je garderai toujours
Dans mes deux mains en creux
Jusqu’à la fin des jours
La douceur de ses seins modelés par l’amour
.
(Jacques Prévert)

*toile signée Harald Veenstra

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