Lali

12 juillet 2009

Les mots d’Alain 18

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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C’est la lectrice de l’artiste Charles Auffret qui s’est ce soir assise en compagnie des mots d’Alain St-Yves et de son recueil Transparole. Des mots qui l’ont touchée, particulièrement ceux-ci :

Laisser une page blanche
ou deux peut-être trois quatre mille s’il le faut
ou un arbre une forêt entière toutes les forêts debout
laisser une page blanche
parce qu’on ne sait pas toujours quand monte la poésie
parce qu’il y a une lettre en retard depuis si longtemps
une page blanche pour esquisser le cosmos
une page pour la marée avec des coquillages bavards sur une plage
une page chaude et très douce pour le temps qui remue l’âge
laisser une page blanche
parce qu’il y a des choses urgentes à noter qui font frémir la chair
parce que le cœur doit parfois faire le ballant
une page blanche pour emmitoufler la vieillesse
abandonnée à la pâleur des murs
une page pour les lourds silences qui déséquilibrent l’espace
une page très blanche pour la mémoire qui nous blessera peut-être
une pour noter des gestes trop longtemps retenus
une pour des baisers plein la bouteille bus au même verre
laisser une page blanche
parce que la vérité saigne sans se plaindre
parce qu’il faudrait bien cacher son mépris ses erreurs et son orgueil
une page blanche pour la lettre anonyme que tu écriras à Dieu
une pour déposer les brumes bleues d’un regard mouillé
une page pour la mort qui effleurera ce livre
et des centaines de milliers de milliards pour après elle
une pour la nuit quand se réveillent les fantômes
une page immense pour la terre pour la vie autographiée
une pour les pardons pris dans la gorge
une avec des potins qui remplissent le téléphone
une page avec des odeurs de bonne cuisine
et la saveur des murmures qui font le bonheur
une page sale et noire la seule pour les guerres
le pouvoir oppressif et toutes les ignobles imbécillités de ce monde
en sachant qu’il faudra brûler cette page immonde
laisser une page blanche
pour nos illusions qui règlent momentanément l’époque
page blanche pour écrire des graffiti
page volage pour certaines nuits buissonnières
page fidèle pour la solitude lumineuse
laisser une page blanche
ou deux peut-être trois quatre mille s’il le faut
ou un arbre la forêt entière toutes les forêts debout
laisser une page blanche une dernière et qui le restera
page étrange et fascinante pour nos rêves les plus secrets
les plus intimes divisés quatre milliards de fois
à la limite de nous fragiles et vulnérables
quand la vie vacille immensément
et semble à jamais vouloir basculer…

Un peu de romantisme 24

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La prairie s’allonge sous un bourrelet de collines basses pour se rattacher par derrière aux pâturages du pays de Bray, tandis que, du côté de l’est, la plaine, montant doucement, va s’élargissant et étale à perte de vue ses blondes pièces de blé. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

*toile signée Henri Baron

Un peu de romantisme 23

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:01

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La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l’illusion de cette vie luxueuse qu’il lui faudrait tout à l’heure abandonner. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

*toile de Fred Cress

Un peu de romantisme 22

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Emma tâtonnait en clignant des yeux, tandis que les gouttes de rosée suspendues à ses bandeaux faisaient comme une auréole de topazes tout autour de sa figure. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

*toile d’Amparo Cruz Herrera

Un peu de romantisme 21

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Elle se rappela les héroïnes des livres qu’elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire… (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

*toile de Diana Cummings

Un peu de romantisme 20

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Elle était triste, si triste, qu’à la voir sur le seuil de sa maison, elle vous faisait l’effet d’un drap d’enterrement tendu devant la porte. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

*toile de Gustave de Jonghe

Un peu de romantisme 19

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Quant à Emma, elle ne s’interrogea point pour savoir si elle l’aimait. L’amour, croyait-elle, devait arriver tout à coup, avec de grands éclats et des fulgurations, — ouragan des cieux qui tombe sur la vie, la bouleverse, arrache les volontés comme des feuilles et emporte à l’abîme le cœur entier. Elle ne savait pas que, sur la terrasse des maisons, la pluie fait des lacs quand les gouttières sont bouchées, et elle fût ainsi demeurée en sa sécurité, lorsqu’elle découvrit subitement une lézarde dans le mur. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

*toile de François Gall

Un peu de romantisme 18

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 17:01

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Un infini de passions peut tenir dans une minute. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

*toiles de Consuelo Gamboa

Un peu de romantisme 17

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 16:01

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La passion est un laminoir qui allonge toujours les sentiments. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

*toile de Mark Gingerich

Un peu de romantisme 16

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Souvent elle le priait de lui lire des vers; Léon les déclamait d’une voix traînante et qu’il faisait expirer soigneusement aux passages d’amour. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)

*toile de Jerry Grandon

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